A.lain R. T.ruong

02 août 2014

Roman emperor Claudius was born on this day in 10 BC

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Roman emperor Claudius was born on this day in 10 BC. This bronze head was found in Suffolk

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Wallace Chan at Biennale des Antiquaires 2014 (part 2)

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Wallace Chan Emerald Castle ring. Biennale des Antiquaires 2014.

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Wallace Chan Graceful Blossom ring. Biennale des Antiquaires 2014.

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Wallace Chan Vermillion Veil earrings set with two rubellites weighing 20.96ct and 20.03ct, diamonds, emeralds, rubies and yellow diamonds. Biennale des Antiquaires 2014.

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Wallace Chan Fleur de la Dynastie Tang brooch with rubies, yellow diamonds, pink sapphires, tsavorites, garnets, emeralds and diamonds. Biennale des Antiquaires 2014.

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Wallace Chan Entrancing Love brooch featuring a horse compromised of two diamonds, a 52.58ct peridot, fancy coloured diamonds, yellow diamonds, diamonds, tsavorites and garnets. Biennale des Antiquaires 2014.

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01 août 2014

Circular Bowl with Flaring Lip and Dragon Decor, Jiajing period, 1522-1566

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Circular Bowl with Flaring Lip and Dragon Decor, Jiajing period, 1522-1566, Ming dynasty, 1368-1644, Jingdezhen, Jiangxi province, China. Harvard Art Museums/Arthur M. Sackler Museum, Bequest of Samuel C. Davis, 1940.209 © 2013 President and Fellows of Harvard College.

Monochrome ware: porcelain with cobalt blue glaze over incised decoration; with underglaze cobalt blue mark reading 'Da Ming Jiajingnian zhi' within a double circle on the base. H. 6.5 x Diam. 15.2 cm (2 9/16 x 6 in.)

Exhibition: Plum, Orchid, Chrysanthemum, and Bamboo: Botanical Motifs and Symbols in East Asian Painting, Harvard University Art Museums, Arthur M. Sackler Museum, Cambridge, 07/06/2002 - 01/05/2003
Downtime, Harvard University Art Museums, Arthur M. Sackler Museum, Cambridge, 04/28/2007 - 04/20/2008
Re-View: S228-230 Arts of Asia, Harvard Art Museums/Arthur M. Sackler Museum, Cambridge, 05/31/2008 - 11/23/2008

Large, Broad-Shouldered Jar with Decoration of Fish and Aquatic Plants, Jiajing period, 1522-1566

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Large, Broad-Shouldered Jar with Decoration of Fish and Aquatic Plants, Jiajing period, 1522-1566, Ming dynasty, 1368-1644. Harvard Art Museums/Arthur M. Sackler Museum, Bequest of Samuel C. Davis, 1940.205 © 2013 President and Fellows of Harvard College.

Enameled blue-and-white ware, "wucai" type: porcelain with decoration painted in underglaze cobalt blue and overglaze polychrome enamels; with underglaze cobalt-blue mark reading "Da Ming Jiajing nian zhi" on the base. H. 23.5 x Diam. 24 cm (9 1/4 x 9 7/16 in.)

Small Bowl with Decoration of a Dragon on the Interior and Human Figures and Fantastic Animals on the Exterior, Wanli period, 15

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Small Bowl with Decoration of a Dragon on the Interior and Human Figures and Fantastic Animals on the Exterior, Wanli period, 1573-1620,Ming dynasty, 1368-1644, Jingdezhen, Jiangxi province, China. Harvard Art Museums/Arthur M. Sackler Museum, Bequest of Samuel C. Davis, 1940.201 © 2013 President and Fellows of Harvard College.

Enameled blue-and-white ware, "wucai" type: porcelain with decoration painted in underglaze cobalt blue and overglaze polychrome enamels; with underglaze cobalt-blue mark reading "Da Ming Wanli nian zhi" within a double circle on the base?H. 3.1 x Diam. 9.1 cm (1 1/4 x 3 9/16 in.).



Jar with Decoration of Two Dragons, Jiajing period, 1522-1566

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Short, Broad-shouldered Jar with Decoration of Two Dragons, Each Striding amid Clouds over Mountains and Rolling Waves, Jiajing period, 1522-1566, Ming dynasty, 1368-1644, Jingdezhen, Jiangxi province, China. Harvard Art Museums/Arthur M. Sackler Museum, Bequest of Samuel C. Davis, 1940.185 © 2013 President and Fellows of Harvard College.

Enameled porcelain: porcelain with decoration painted in black enamel over an overglaze yellow ground; with underglaze cobalt-blue mark reading "Da Ming Jiajing nian zhi" on the base. H. 13.3 cm (5 1/4 in.)

Circular Dish with Decoration of Flowering and Fruiting Branches, Zhengde period, 1506-1521

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Circular Dish with Decoration of Flowering and Fruiting Branches, Zhengde period, 1506-1521, Ming dynasty, 1368-1644, Jingdezhen, Jiangxi province, China. Harvard Art Museums/Arthur M. Sackler Museum, Bequest of Samuel C. Davis, 1940.189 © 2013 President and Fellows of Harvard College.

Enameled blue-and-white ware: porcelain with decoration painted in underglaze cobalt blue, the background areas embellished with overglaze yellow enamel; underglaze cobalt blue mark reading "Da Ming Zhengde nian zhi" within a double circle on the base. H. 4.8 x Diam. 21.3 cm (1 7/8 x 8 3/8 in.)

Pièces de jeu d’échecs, Turquie, XVIe – XVIIe siècle

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Pièces de jeu d’échecs, Turquie, XVIe – XVIIe siècle. Cristal de roche taillé, or, émeraudes, rubis. H. max : 40 cm (roi) ; D. max : 23 cm (roi). Numéro d'inventaire : 1372 – 1373. Topkapi Sarayi Müzesi Kütüphanesi, Istanbul © Jacqueline Hyde - Pierre Travinsky

Alors que les jeux de plateau remontent au moins au IIIemillénaire av. J.-C., et se retrouvent dans nombre de cultures, les échecs semblent avoir été inventés assez tardivement. Ils seraient apparus en Inde entre 455 et 543, et auraient rapidement été connus en Perse (avant 578) sous le nom deshatrang. Découvert par les Arabes lors de la conquête, au VIIe siècle, ce jeu fut rapidement adopté dans tout le monde islamique. Selon une légende, le calife Hârûn al-Rashîd en aurait lui-même offert un à Charlemagne ; toutefois le jeu dit « de Charlemagne », actuellement conservé au cabinet des médailles de la Bibliothèque nationale de France est en fait attribuable à des ateliers italiens du XIe siècle et le « pion de Charlemagne », également à la Bibliothèque nationale de France, a été probablement fabriqué en Inde après le Xe siècle. Il est plus probable que les échecs soient arrivés en Occident vers l’an 1000, et que leur diffusion ait été favorisée par les Croisades. Quoiqu’il en soit, une peinture espagnole représentant un chrétien et un musulman disputant une partie sous une tente[1] témoigne que quelques siècles plus tard, le jeu est connu sur les deux rives de la Méditerranée.

Les pions islamiques, contrairement à ceux des jeux européens, ne sont jamais figuratifs. C’est principalement à leur taille que l’on reconnaît le roi, le ministre (à peu près équivalent de la dame en Occident), l’éléphant (le fou), le chariot (la tour), le cheval (le cavalier) et le fantassin (le pion). Le jeu du Topkapi Sarayi n’échappe pas à cette règle. Ses trente-deux pièces en cristal de roche présentent des formes géométriques : cylindres légèrement concaves au sommet bombé, simples (roi et dame) ou ornés de deux gouttières (pion), forme balustre (cavalier et tour). Seul le fou (?), qui prend l’aspect d’une palmette, est plus complexe. Ces formes se retrouvent dans un autre jeu d’échec en agate et turquoise également conservé au palais de Topkapi, de fabrication iranienne ou ottomane.

Le cristal de roche est particulièrement apprécié des Ottomans, comme les pierres dures en général. Le trésor du palais de Topkapi conserve ainsi plusieurs pichets réalisés dans ce matériau et incrustés de pierres précieuses. Néanmoins, ce goût n’est pas nouveau en terre d’Islam : dès la période fatimide, des jeux d’échec, ainsi que des aiguières et de petits flacons, sont réalisés dans ce matériau[2]. Le cristal de roche est également utilisé dans le monde chrétien, depuis la période carolingienne[3] jusqu’au XIXe siècle au moins.

Deux types de pierres précieuses rehaussent les pions, permettant de distinguer les deux joueurs. Les rubis proviennent sans doute de Birmanie ou d’Afghanistan ; au contraire, les émeraudes d’Asie étaient souvent, à partir de la fin du XVIesiècle, délaissées pour des pierres plus belles rapportées de Colombie par les Portugais. Les gemmes sont taillées en table[4], selon des techniques d’orfèvrerie maîtrisées à Byzance et en Occident dès le haut Moyen Âge et qui se perpétuent ; les orfèvres les ont ensuite serties dans des bâtes à base polylobée pour les assujettir au cristal. Le début de l’incrustation de métaux précieux dans des pierres dures remonterait au XIIe siècle en Iran oriental. Mais ce n’est probablement que sous les Timurides (1370 – 1506) que les artisans auraient commencé à y ajouter des pierres précieuses. Cette pratique se poursuit en Iran au XVIe siècle et se répand, à la fois en Inde et chez les Ottomans, ces derniers ayant capturé nombre d’œuvres et d’artistes iraniens après le sac de Tabriz en 1514.

[1] « Chrétien et Arabe jouant aux échecs », Le livre des jeux, traité réalisé pour Alphonse X le Sage, XIIIe siècle, Madrid, Bibliothèque de l’Escurial.
[2] Jeu d’échecs en cristal de roche, Llerida, musée dioscésain, 1473.
[3] Intaille de Suzanne, France ou Allemagne, 855 – 869, cristal de roche, Londres, British Museum, 1855.12-1.5.
[4] C’est à dire avec une surface plane.

BIBLIOGRAPHIE DE L'OBJET

Soliman le magnifique, (cat. exp., Paris, Galeries nationale du Grand Palais, 1990), Paris, Association française d’action artistique, 1990, n° 238, p. 224 – 225.

Rogers, J.M. (dir.), Topkapi Sarayi. Objets d’art, Paris, Éditions du Jaguar, 1987, n° 120, p. 217.

BIBLIOGRAHIE DE REFERENCE

Le trésor du monde, joyaux indiens au temps des Grands Moghols, (cat. exp., Paris, musée du Louvre, 2006). France, Thames et Hudson, 2006. 

Roos, M., Histoire des échecs, Paris, Presses Universitaires de France, coll. « Que sais-je », 1990.

Dossiers pédagogiques. Le jeu d’échecs. [en ligne], Paris : Bibliothèque nationale de France, [s.d.]. Disponible sur : <http://classes.bnf.fr/echecs.index.htm> (consulté le 22 novembre 2007)

(source: Qantara)

Coffret-reliquaire. Trésor de la cathédrale de Moûtiers en Tarentaise (Savoie). Vers 1200

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Coffret-reliquaire. Egypte pour le coffret en cristal de roche. Allemagne pour la monture en orfèvrerie. Trésor de la cathédrale de Moûtiers en Tarentaise (Savoie). Vers 1200. Cristal de roche. Monture en argent doré, filigrane, gemmes et perles, ivoire. L. 14,8 ; H. 11,3 ; prof. 9,7 cm. Numéro d'inventaire : MR 11661. Paris, Musée de Cluny © RMN Droits Réservés.

Ce coffret-reliquaire réunit quatre plaques en cristal de roche sculptées en Egypte fatimide et une monture orfévrée d'origine allemande. Chaque plaque a reçu un décor animalier. Côté fermoir, deux bouquetins couchés s’affrontent de part et d’autres d’un fleuron central ; sur la face opposée, deux gazelles. Les côtés latéraux sont ornés, à droite, d’un cervidé à la queue enroulée et à gauche d’un quadrupède dont la tête a été coupée au moment de la retaille. 

La monture - une feuille en argent doré posée sur âme de bois - forme un encadrement ostentatoire et luxueux. Elle est garnie de rinceaux filigranés à terminaisons perlées et renferme de nombreuses pierres semi-précieuses. Deux cabochons en ivoire sont gravés de figures d’ange. Sur le couvercle, un cristal de roche ovoïde forme un dôme. Des colonnettes, placées aux angles, accentuent l’aspect architectural de l’orfèvrerie. 

Avant de rejoindre les collections du musée de Cluny, à Paris, l’œuvre appartenait au trésor de la cathédrale Saint-Pierre du Moûtiers, en Tarentaise, une vallée de la Savoie. Moûtiers, siège d'un évêché sur les bords de l’Isère, était, au Moyen Age, une étape importante sur les routes de pèlerinage et de commerce qui reliaient Milan aux villes françaises de la vallée du Rhône. La Tarentaise, qui faisait partie de la Lotharingie, sera rattachée au Saint-Empire romain germanique en1033. Par la suite, elle reviendra aux comtes, puis aux ducs de Savoie. Il ne faut donc pas s'étonner que la cathédrale de Moûtiers ait eu en sa possession un cristal de roche enchâssé dans une orfèvrerie allemande[1]. Quant au cristal de roche, il a pu gagner l'Occident latin dès le début du XIe siècle. On connaît les liens qu’avaient entretenus les empereurs ottoniens avec les califes fatimides. C’est dans le domaine germanique, plutôt que dans le domaine français, que ces objets en quartz arriveront le plus souvent. 

On ne s’attardera pas sur le décor sculpté ; il doit beaucoup au répertoire de la Mésopotamie et de la Perse préislamiques. L'Egypte fatimide l’a souvent exploité. En revanche, la  christianisation de l’objet est intéressante. Elle tient à sa monture. Riche en gemmes, elle est caractéristique d’un travail allemand exécuté vers 1200. De nombreuses pièces germaniques offrent ce type d’incrustation sur rinceaux perlés[2]. Par cette parure, les orfèvres expriment quelque chose qui a trait au nouveau culte des Rois Mages. Ces Rois venus d’Orient sont les premiers, après les bergers de Bethléem, à rendre hommage à l'Enfant Jésus (Evangile selon saint Matthieu 2, 11), en déposant à ses pieds de l’or, de la myrrhe et de l'encens. Selon la tradition, l'or symboliserait la royauté, l’encens, le sacerdoce, la myrrhe, le sacrifice. Autrefois, les récipients qui contenaient ces offrandes étaient figurés sous forme de simples coupes (mosaïque de Ravenne). A partir du XIIIe siècle, probablement en raison d’une nouvelle dévotion, ils prennent l’aspect des vases participant au rituel de la messe ou des somptueux reliquaires versés dans le Trésor des églises. Ainsi les pyxides, ou les boîtes en forme de tourelle signalent l'offrande de la myrrhe et de l'encens, tandis que les coffrets sont associés à la présentation de l'or. On sait la fortune de ce thème dans l’art occidental. C’est probablement ce que cherche à signifier cette petite boîte enchâssée dans une monture sans grand rapport avec sa taille mais qui, ainsi, évoque les Rois Mages, leur splendeur et qui, peut être, contenait quelque chose en relation avec l'Epiphanie. 

[1] Pendant le haut Moyen Age, l'archevêque de la Tarentaise était également comte et prince du Saint Empire.
[2] Par exemple, la croix reliquaire de l’église Saint-Paul à Münster, qui date de la fin du XIIe siècle.

BIBLIOGRAPHIE DE L'OBJET

Lamm, C. J., Mittelalterliche Gläser und Steinschnittarbeitein aus dem Nahen Osten, Berlin, 1929-1930, v. I, pl. 67, n°10

Shalem, A., Islam Christianized, Frankfurt, « Ars Faciendi », 1998, p. 136, 224, n° 74

Taburet-Delahaye, E., L’Orfèvrerie gothique au musée de Cluny (XIIIe–début XVe siècle), Paris, 1989, p. 35-37

Arts de l’Islam des origines à 1700, (cat. exp. Paris, 1971), n° 270

Europa und der Orient, 800-1900, (cat. exp. Berlin 1989), n° 4/9 E

Le Musée national du Moyen Age, Paris, 1996, p.77, n° 95

Trésors fatimides du Caire, (cat. exp. Paris, Institut du monde arabe, 1998), Paris, 1998, p. 230, n° 206

(source: Qantara)

Aiguière de Saint-Denis

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Aiguière de Saint-Denis. Cristal de roche : Egypte ; Monture : Italie méridionale. Cristal de roche : Xe-XIe siècle ; Monture : XIe siècle. Cristal de roche taillé et or filigrané. H. 24 ; D. 13,5 cm.  Trésor de Saint-Denis, où l'objet est mentionné en 1505 ; versé au Muséum en 1793 (futur musée du Louvre). Numéro d'inventaire : MR 333. Musée du Louvre, Département des objets d'art, Paris © RMN/Peter Willi

Inscription : "Bénédiction, satisfaction et [...] à son possesseur"

L’aiguière, taillée dans un seul bloc, est une des plus belles pièces en cristal de roche de l’Egypte fâtimide qui ait subsisté à ce jour. Autrefois conservée, dans le Trésor de l'Abbaye de Saint-Denis qui fut enrichi par l’abbé Suger au début du XIIesiècle. Avec d’autres pièces du Trésor, comme « le vase d’Aliénor » arrivé en France par l’entremise d’un roi musulman de Saragosse, ou la coupe du roi Khosrô, dite « coupe de Salomon », offerte par un roi carolingien, elle appartient aux objets à caractère mythique qui reliaient l’Orient à l’Occident dès le haut Moyen Age.

Le récipient adopte une panse piriforme assez étroite reposant sur une petite base annulaire. L’anse droite était autrefois couronnée d’un poucier en forme de bouquetin. Sur sa panse figure un motif végétal composé de deux tiges torsadées donnant naissance à divers éléments ; de chaque côté sont accostés deux rapaces dont le plumage est rendu par de petits disques et des « pointes de diamants ». Ils sont suivis de deux autres motifs végétaux, construits en losange et qui laissent échapper des demi-palmettes symétriques. En dessous, un large bandeau de branches sinueuses, développées horizontalement, entoure la base de l’aiguière. Tous ces thèmes ont été sculptés en bas-relief. Près du col, apparaît une inscription votive en kufique.

Cet ouvrage issu des ateliers musulmans du Caire, au tournant du Xe et XIe siècle, est venu s’adjoindre un élégant couvercle en or, exécuté en Italie méridionale, à la fin du XIe siècle. Orné de filigranes torsadés, de rosettes et de minuscules entrelacs de type « vermicelli », ce couvercle épouse l’ouverture en amande du bec verseur et « christianise » l’objet qui a pu être associé, comme l’aiguière en cristal de roche de l’église du Milhaguet, à la liturgie de la messe, lors de cérémonies particulièrement solennelles.  

Bien que produite en Egypte, l’aiguière nous entraîne plus à l’Est encore, car elle se rattache par bien des traits aux arts somptuaires de l’Iran et au cérémoniel de ses cours. Sa forme s’inspire de l’orfèvrerie de l’Iran sassanide. Le poucier en bouquetin se retrouve, par exemple, sur une aiguière en argent du musée du Louvre[1] ; à l’époque islamique la forme se retrouve tant sur des aiguières en métal qu’en verre, certaines pièces iraniennes du IXe siècle la reprennent dans la technique du verre camée[2].

Le décor d’animaux affrontés de part et d’autre d’un motif végétal, fait de torsades et de demi-palmettes, rappelle les anciennes traditions iconographiques de la Mésopotamie et de l’Asie antérieure. Ce thème, déjà présent dans les sceaux-cylindre mésopotamiens, se retrouve dans « l’Arbre de vie » de la Perse mazdéenne dont les branches entrecroisées et montantes unifiaient le Ciel et la Terre et ordonnaient autour d'elles, à la manière d’un caducée, des énergies antagonistes, souvent symbolisées par des fauves ou des rapaces. Il s’agit par excellence d’un vocabulaire noble, qui exalte la fonction royale, et qui s’est diffusé d’un bout à l’autre du territoire islamique[3].

Cinq autres aiguières de grand format reprennent cette construction décorative, tantôt avec des quadrupèdes, tantôt avec des oiseaux, et constituent avec l’aiguière de Saint- Denis un groupe cohérent[4]. Hors de ce groupe, un croissant de lune en cristal de roche[5], mentionne le nom du calife fâtimide al-Zâhir (1021-1036) et confirme les liens entre cette production de luxe et les souverains de  cette dynastie.

[1] Paris, musée du Louvre, département des Antiquités Orientales.
[2] Un spécimen fabriqué selon ce procédé, exhumé à Fustat, montre bien les ressemblances que présentaient entre eux ces récipients destinés à la table des princes, que ce soit en Iran ou en Iraq, ou en Égypte, chez les Fatimides.
[3] Ainsi, une pyxide en ivoire de Madînat al-Zahrâ’ aux aigles disposés de part et d’autre d’un axe végétal monté en candélabre (New York, the Cloisters, Metropolitan Museum, inv 1970-324-5).
[4] Aiguière de la cathédrale de Fermo (Italie), du Victoria and Albert museum de Londres, du Palais Pitti à Florence, et deux autre dans le trésor de la Basilique Saint-Marc à Venise.
[5] Conservé jadis dans le trésor ecclésiastique de Vienne, aujourd’hui à Nuremberg, au Germanisches Nationalmuseum (L.75/21).

BIBLIOGRAPHIE DE L'OBJET:

Lamm, C.J., Mittelalterliche Gläser und Steinschnittarbeitein aus dem Nahen Osten, Berlin,1929-1930, I, p.193-194, pl. 67-3.

Erdmann, K.,  « Fatimid Rock Crystals », in Oriental Art,1950-51, vol. III.

Rice, D.S., « A datable Islamic Rock Crystal » in Oriental Art, 1956, vol. II, n° 3.

Davy, M.M., Initiation à la symbolique romane, XIIe siècle, Paris, 1964.

Les Trésors des Eglises de France, Paris 1965, (cf. Introduction de Jean Taralon, p. XVI). 

Montesquiou-Fezensac, B., Le Trésor de Saint-Denis, Paris 1973-1977, 3 vol. I et II, n°33, III, p.44, pl. 26-27.

Suger, éd. Panofsky, 1979 : Abbot Suger. On the Abbey Church of Saint-Denis, éd., trad. et notes de E. Panofsky, Princeton, 1979

Le trésor de Saint-Marc de Venise, cat. expo. Paris, 1984, p.220, fig. 30 b. 

Le trésor de Saint-Denis, cat. expo. musée du Louvre, juin 199I, Paris.

Makariou, S., «Le cristal de roche dans l'Islam, La documentation Française du musée du Louvre », Paris 1999. Actes du colloque, musée du Louvre/1995 «Cornaline et pierres précieuses ».

La France romane, cat. Expo. Paris, musée du Louvre-2005, Paris, Musée du Louvre, Hazan, n° 114, p. 167.

(source: Qantara)



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