aQui dit soie naturelle, dit Van Phúc. Ce village situé aux portes de Hanoi doit sa réputation au métier de tissage de la soie, transmis de mère en fille depuis mille ans. À découvrir.
Aux abords du village de Van Phúc, à une dizaine de kilomètres de Hanoi, se ressent déjà l'atmosphère d'un village de métier. Sous un soleil ardent, des bandes de soies multicolores s'étendent parallèlement sur de vastes aires aux alentours du village. Le long des sentiers, les maisons d'habitation alternent avec les ateliers desquels retentissent des bruits réguliers que seuls les métiers de tissage artisanaux produisent.

"L'habit fait l'homme"
La tradition veut que le tissage de la soie se soit enraciné dans ce village au 9e siècle, lorsqu'une grande Dame de la Cour, séduite par cette région riveraine au sol fertile, vint apprendre à la population locale la culture de mûriers, la sériciculture et le tissage de la soie.
La soie naturelle de Van Phúc a été qualifiée dès cette époque de tissu haut de gamme, introuvable ailleurs. Très diversifiée en genres, elle était consacrée à l'usage exclusif de l'aristocratie. À savoir notamment 4 genres de noblesse : Gâm (brocart), Vân (soie à motifs de flocon de nuage), Sa (gaze à couleur unique) et Quê (gaze multicolore). Chacun revenait à son propre utilisateur, selon la loi de l'époque. On pouvait ainsi distinguer la classe sociale d'une personne à travers son habit, du genre au motif décoratif du tissu.
Seuls l'Empereur, la famille royale et les grands mandarins avaient droit aux robes en brocart. Alors que les genres Vân, Sa et Quê n'étaient réservés qu'aux dignitaires, bourgeois, fonctionnaires ou aux familles aisées.
Jusqu'à maintenant, aucune localité au Vietnam n'est comparable à ce village en ce qui concerne la qualité des soies naturelles.
Le processus de fabrication de la soie à Van Phúc s'est mécanisé au fil du temps, à l'exception de quelques maillons artisanaux, dont le coconnage par exemple, qui permettent de conserver l'originalité du produit local. Méthode que l'on garde jalousement.
Le village de la soie de Van Phúc compte plus de 600 familles tisseuses, sans compter 200 autres foyers travaillant autour de ce métier. Chaque année, le village produit quelque 2,5 millions de mètres de différentes catégories. Une production conséquente qui lui rapporte plus de 40 milliards de dôngs par an.
Aujourd'hui encore, la soie naturelle de Van Phúc est vivement appréciée. Le village est devenu une destination bien fréquentée, d'autant plus que les produits proposés s'avèrent de plus en plus diversifiés, face à une clientèle moderne. Ici, nombreuses sont les boutiques arborant l'enseigne "Soies de Hà Dông", marque commerciale délivrée par le Département de la propriété intellectuelle.
Dans ce coin parmi les plus achalandés, les filles viennent chercher une pièce de soie légère pour en faire une charmante áo dài (robe traditionnelle). Les dames y trouvent des vestes ouatées en brocart. Les visiteurs étrangers, eux, se contentent d'y choisir, entre autres, quelques jolis souvenirs en soie, tels sacs, trousses de beauté, foulards, objets d'art... Les visiteurs peuvent également faire un tour dans les ateliers familiaux et découvrir un métier millénaire qui a, de nos jours, le vent en poupe. Chose évidente, personne ne quitte ce coin affairé les mains vides, qu'ils soient accommodants ou exigeants.

(Source : Nghia Dàn/CVN)