Ziem2

Paul Delvaux (1897-1994), Les Vestales, 1972, huile sur toile, signée et datée, 140 x 190 cm. Estimation : 1 000 000/1 200 000 €.

Si le goût du XIXe marquera la première vente, c’est la peinture du XXe qui conclura ces trois jours ; entre les deux, le dimanche à 20 h 30, place sera faite aux bijoux. "L’émeraude ne perd pas de sa valeur faute de louanges", disait l’empereur Marc-Aurèle. Tant mieux, car une superbe paire de pendants d’oreilles Repossi composés de deux émeraudes taille coussin, de 61,48 ct et 54,45 ct, mérite bien des superlatifs et affiche une estimation de 700 000/900 000 €. Mais reprenons dès le début, avec le mobilier. Une tendance s’inscrit de plus en plus sur le marché : un abandon du XVIIIe en faveur des modèles XIXe. Plus exubérants et riches, ces meubles attirent de nouveaux collectionneurs désireux d’acheter des objets originaux, propices à toutes les folies. Un cabinet de Robert Hume, estimé 2/2,5 M€ rassemble toutes ces qualités et bien plus encore... Outre des matériaux luxueux, sa provenance et le nom de son créateur évoquent les plus riches collections et les plus beaux salons anglais ! Son premier propriétaire s’appelle en effet Georges Watson Taylor (1771-1841). Héritier d’une grande fortune, il occupait de hautes fonctions politiques. Parmi ses riches demeures figurait Erlstoke Manor, dans le Wiltshire, qu’il meubla au mieux pour accueillir ses illustres invités. Destiné à la grande salle de dessin du nord, notre cabinet, qui contient par ailleurs un service à thé et à café de sept pièces en porcelaine, devait s’insérer à un décor composé de meubles inspirés des arts français et d’originaux. Comptez tout de même au moins deux millions d'euros. Aux côtés de ce meuble, des créations de toute l’Europe seront présentes, notamment une table d’apparat russe en argent et malachite, travail de la maison Gratchev à Saint-Pétersbourg (500 000/600 000 €). Pour la peinture, bienvenue dans le monde imaginaire de Paul Delvaux (voir photo). Ce sont les prêtresses romaines, Les Vestales, qui nous y accueillent. Détentrices de la tradition romaine, elles doivent conserver le feu sacré allumé. Mais la lampe posée à terre semble éteinte et le temple à l’arrière-plan vide... Finalement proche du réalisme magique, le peintre belge propose une oevre où la manière académique et une atmosphère fantastique influencée par le surréalisme d’un De Chirico ou d’un Magritte se mêlent pour créer un univers étrange qui tend à l’intemporalité et invite à la réflexion. Rêverie et surréalisme encore, avec Francis Picabia et Lotruli, l’une de ses fameuses "Transparences", réalisée vers 1930 et évaluée à 300 000/400 000 €. (www.gazette-drouot.com)

Cannes, samedi 2, dimanche 3 et lundi 4 août. Marc-Arthur Kohn SVV. Mme Larochas, MM. Kalfon, Latreille, Roudillon, Slitine