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Dans le cadre de sa politique d’ouverture à l’art contemporain engagée en 2007, avec Gilles Peress lors de l’organisation de l’exposition 1937 / Guernica / 2007, le musée national Picasso donne aujourd’hui « carte blanche » à Daniel Buren.

Avant de devenir en 1985 le plus important musée au monde consacré à l’œuvre de Picasso (la collection compte plus de 5000 œuvres entrées principalement par dation dans les collections nationales), l’hôtel Salé abritait l’École des Métiers d’Arts où Daniel Buren poursuivit ses études (section peinture) à la fin des années 50. Quelques temps auparavant, à peine âgé de 17 ans, il rencontrait Pablo Picasso qui l’invita sur le tournage du Mystère Picasso (1955).

50 ans plus tard, Daniel Buren investit les espaces du musée national Picasso. Dans ce travail programmé en plusieurs phases dont la durée s’étendra sur près d’une année, Daniel Buren accompagnera l’évolution en cours au musée :

- nouvel accrochage de la collection permanente initiée au printemps 2008 sur le thème du « Laboratoire Central » et mettant en avant le processus de création de Picasso ;

- maîtrise d’œuvre de l’exposition Picasso et les maîtresaux Galeries nationales du Grand Palais, musée du Louvre, musée d’Orsay ;

- politique internationale du musée national Picasso axée sur l’itinérance d’une grande exposition rétrospective consacrée à Picasso (Barcelone, Madrid, Abu Dhabi, Brisbane, Tokyo en 2008) ;

- achèvement des deux premières phases de restauration des façades et des décors baroques de l’hôtel Salé (classés Monuments Historiques) engagées en janvier 2007 ;

- préparation du programme de rénovation et d’extension du musée national Picasso dont le démarrage est prévu à l’automne 2009 ; décrochage et déménagement des collections permanentes ; mise à nu du bâtiment avant sa transformation dont Daniel Buren redonnera à voir l’histoire et la structure dans un état des lieux à la veille de la fermeture pour travaux à l’automne-hiver 2009.

Avec La Coupure, Daniel Buren réalise un premier « travail in situ » qui propose une relecture du bâtiment. La Coupure est constituée d’un mur bâti dans l’axe de la cour d’honneur et coupant le bâtiment à angle droit sur une hauteur de 16 mètres. Ce mur est maintenu par un échafaudage et une structure en bardeaux et panneaux de bois qui en fait partie intégrante. La surface du mur-écran est à son tour coupée par une diagonale sur toute sa longueur (plus de 35 mètres) délimitant deux grands triangles, l’un recouvert de miroirs et l’autre de panneaux noirs. Les deux matériaux utilisés sont des polycarbonates réfléchissants la lumière.

Cette « lame » réfléchissante débute dans la cour sur 11 mètres de long, traverse tout le corps central du bâtiment sur ses trois étages et ressort par les fenêtres dans le jardin pour s’interrompre 11 mètres plus loin dans le jardin.
Ce travail plastique de Daniel Buren comprend aussi la transformation visuelle des principaux espaces publics intérieurs de l’hôtel Salé : hall d’entrée, grand escalier, salon Jupiter. Le miroir est également utilisé dans ces espaces comme le moyen et le support du travail. Il permet une modulation sensible, optique et physique des espaces en occultant certaines ouvertures et passages ou en ouvrant des circulations et parcours inédits dans l’espace du musée.
À ce jeu des miroirs, Daniel Buren ajoute la couleur pour traiter les hautes fenêtres en hémicycle sur la façade et la cour d’honneur ainsi qu’un marquage des contremarches du grand escalier.

Enfin, au cœur du nouvel accrochage de la collection permanente, deux salles sont consacrées à la présentation du grand tableau Portrait de Madame Rosenberg et sa fille, 1918, entré en dation en septembre 2008 dans les collections du musée (dation Micheline Sinclair-Rosenberg, 2008) comme à la relation de Picasso avec son marchand Paul Rosenberg.

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Anne Baldassari, conservateur général du Patrimoine, directrice du musée national Picasso
Daniel Buren - Réalisation de La Coupure, travail in situ : Art Project, Patrick Ferragne © M.Chalandon / RF

Je suis allé hier soir avec Geneviève et Philippe au pré-vernissage presse. Ce fut un réel plaisir de déambuler dans le musée preque vide avec les conservateurs et les ouvriers en train de procéder à l'accrochage du futur musée sans parler bien entendu du travail de Buren, absolument fabuleurx! Il a magnifié les lieux déjà sublimes.  Je posterai les photos ce soir