b_portrait_dhomme_deboutUn lieu consacré aux hauts plateaux du Centre se trouve au cœur de la mégapole du Sud. Il s'agit d'une collection d'objets de Nguyên Van Hai, directeur de projet de la Compagnie de matériaux de construction et d’édification à Hô Chi Minh-Ville.

Nguyên Van Hai collectionne près de 1.000 objets familiers propres aux ethnies vivant dans le Tây Nguyên : des vêtements aux outils de chasse et de cueillette en passant par des instruments de musique ou des objets de culte… Cette collection spéciale est le fruit de 10 ans de recherche, effectuées lors de ses missions sur les hauts plateaux du Centre, de la province de Kon Tum à celle de Lâm Dông en passant par Dak Lak. "Là-bas, j'ai découvert et aimé la vie des ethnies en harmonie parfaite avec la nature. J'ai également constaté les bouleversements de leur vie quotidienne, avec l'électricité, les nouvelles voies de communication, les écoles… Ce qui aboutit au changement de leurs mœurs et coutumes attachés à la nature et datés de milliers d'années", dit le collectionneur. Et de citer un exemple : "La politique de protection de l'environnement leur interdit de tuer un éléphant, qui servait à la fabrication d'un grand tambour ou d'abattre un arbre pour construire une pirogue monoxyle". Ainsi, les objets d'usage courant des habitants du Tây Nguyên deviennent de plus en plus rares, conclut-il. Ce citadin s'est donc consacré à la recherche de ces objets rudimentaires et simples mais qui risquent de disparaître dans un avenir très proche.

Si leur quête n'est pas évidente, leur transport vers Hô Chi Minh-Ville s'avère encore plus compliqué. Le collectionneur se souvient du "factage" d'une pirogue monoxyle de 7 m de la province de Kon Tum jusqu'à la mégapole du Sud, un trajet de centaines de kilomètres. La pirogue a été tirée tout d'abord de la forêt par un buffle. Ensuite, elle a été posée sur 3 camions de 2,5 tonnes pour arriver enfin dans le Sud.

Ses plus belles pièces sont 5 tambours en peau d'éléphant, 7 ensembles de gongs, 100 statues érigées à côté de cabanes funèbres... Ces statues originales sont une des plus grandes passions du collectionneur. "La beauté de ces ouvrages vient de l'inspiration de ces sculpteurs amateurs. Les statues sont divisées en différents thèmes exprimant l'affection pour les morts, les scènes de vie ou reflétant l'image des hommes ou des animaux... ", dit-il.

Pour bien les conserver, le collectionneur suit les mêmes procédés que les habitants des ethnies des hauts plateaux. Par exemple, les statues sont exposées en plein air tandis que les hottes sont laissées en suspens et enfumées dans la salle de cuisine "traditionnelle" où l'on utilise le feu pour la cuisine. Cette salle de cuisine a été construite spécialement pour les restituer dans leur cadre original et aussi permettre leur conservation.

Le collectionneur souhaite ouvrir un centre d'exposition de ses objets, accompagné d'un café de style Tây Nguyên, de l'architecture à la décoration en passant par des concerts avec des instruments de musique des hauts plateaux du Centre. (Hoàng Mai/CVN)