Pas très original, à mon avis...

171013

Photo: Marcio Madeira

Que dire de la notoriété de Paul Smith ces dernières années ? Qu'elle a accru son bénéfice sympathie auprès d'une clientèle de plus en plus large, elle est devenue la caution « créateur » d'une frange de consommateurs non issus uniquement du milieu de la mode. Autour des cous des garçons de Paris et de Province, une écharpe de rayures bayadères, étendard de la maison s'est enroulée depuis plusieurs saisons. La marque Paul Smith a acquis une  valeur « fantaisie » pour les jeunes hommes soucieux d'une attitude appliquée ; la panoplie Paul Smith se porte en touche, sculpte un peu plus que d'autres marques un corps   encore rétif à se faire approcher de trop près. Ce succès n'a été possible que par l'entêtement du créateur à défendre un territoire, un style, un pays et une histoire précis. Cette saison, l'invitation du défilé nous emmenait près des colonies anglaises, un thé chez l'habitant à Darjeeling. Mais guère besoin de prendre le train poiur l'Inde, Paul Smith nous amène à bord de son univers en mélangeant les couleurs et accentuant les contrastes sans pour autant perdre cette ligne de flotaison anglaise au-delà de laquelle plus rien n'est permis. La collection propose de mélanger des sweats de cycliste, ancienne passion de Paul Smith à des costumes bien sous tout rapport. Plus loin, les mélanges de matières accentuent cette relation ville et campagne qu'entretient le maître : des pantalons écossais s'associent à des vestes d'autres carreaux, le tout décoré d'écharpes à pois, par exemple. Le compost très anglais réalisé par Smith détient-là tout son charme et facilite la compréhension d'une collection compacte en idées comme en style. Fabrice Paineau www.men.fr

The inspiration for Paul Smith's latest collection was right there, on his invitation. It was a photo of what could have been a tearoom on the English coast, though it was actually taken in Darjeeling. Same went for the equally English-looking images he used as a backdrop. Aside from a couple of madraslike pieces, that was all we saw of India, but the idea of transplanted Englishness—which has been the essence of Sir Paul's international success—informed the show. As usual, he dipped into his own past. The opening group of gray suits was accessorized with fluoro cycling shirts (Smith might have been an Olympic cyclist if a near-fatal accident hadn't kiboshed his chances). And the frock coats paired with multi-buttoned waistcoats had an Edwardian flair that connected to the sartorial snappiness of the mods, who were an early education in style for Smith. In fact, "sartorial" says it all. The collection emphasized tailoring (and there were ties with everything).

But Smith is too much of a fashion polyglot to stick to one story. So he mixed up different tartans in the same outfit, or combined city and country by showing jackets in a hearty twill. The lining of a brown corduroy jacket popped with hunting red. After the show, Smith acknowledged the current climate by emphasizing the importance of accessories in the collection, offering passports for people with the will but not the wherewithal to enter the world of Sir Paul. Sure enough—the shoes were standouts, particularly a pair of dusty pink Chelsea boots.— Tim Blanks www.men.com