3

Table à jeux à toutes faces, en placage d’érable moucheté et amarante, à décor de rosaces et griffons dans des encadrements à rinceaux, avec ses jetons pour échiquier, trictrac et ses dés. 77 x 79,5 x 40 cm. Estimation : 12 000/18 000 €.

Un couple de collectionneurs s’est passionné pour l’art de vivre de l’époque Charles X, réunissant en une trentaine d’années un ensemble rare par sa diversité. De la tabatière à la table à transformations, des souvenirs historiques légitimistes aux opalines, d’une boîte à jeux d’extérieur à une pendule Cathédrale de Reims... Plus de trois cents pièces ! Bref, une "collection complète", comme on n’en a pas vue en salles des ventes depuis la dispersion, en 1993, d’opalines et de mobilier de cette époque, à Drouot-Montaigne par Jean-Louis Picard. Comme on le sait, l’appellation "Charles X" ne se réfère pas à la seule époque d’un règne - six ans, une durée un peu courte pour l’affirmation d’un style. Auparavant, la duchesse de Berry affichait déjà une prédilection pour les meubles de bois clair, et l’on trouve l’estampille "Iacob", utilisée par Georges-Alphonse Jacob, entre 1831 et 1847, c’est-à-dire durant le règne de Louis-Philippe. La marqueterie, pratiquement abandonnée sous l’Empire, connaît alors un retour en grâce, offrant tout un répertoire de palmettes, rinceaux, filets et rosaces. Comme on le constate avec notre table à jeux, les élégants motifs ressortent parfaitement sur le fond clair. Un même soin est apporté aux jeux que renferme cette table. Le plateau à double abattant découvre ainsi une table à jeux recouverte de cuir vert reposant sur quatre taquets escamotables ; au centre, deux autres abattants présentant un damier, également sur quatre taquets. Le plateau principal dissimule quant à lui un damier et deux volets coulissants latéraux, découvrant des casiers et des jetons, tandis que la gâche latérale libère un jeu de trictrac ! Cette table, ainsi que la profusion de verre taillé en diamant, les objets en nacre et en bronze doré évoquent la société aristocratique de la Restauration, sa luxueuse volupté, ses loisirs aux jeux de société (et d’argent), comme à l’époque - qu’elle regrettait tant - de Louis XV et Louis XVI.

Vendredi 15 mai, salle 7 - Drouot-Richelieu. Piasa SVV. Cabinet Dillée.