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Antoine Monnoyer,  (Paris 1670 - Saint-Germain-en-Laye 1747) Bouquet de fleurs sur un entablement.

Toile. 88 x 69 cm. Estimation : 6 000 / 8 000 €

Vente du Mercredi 17 juin 2009. Tableaux, Bijoux, Argenterie, Extrème Orient, Mobilier & Objets d'Art. Kapandji Morhange - Paris

Fils de Jean-Baptiste Monnoyer, grand peintre de fleurs de la fin du XVIIe siècle, qui travailla à Versailles avec Le Brun, Antoine fut essentiellement formé par son père. Il le suivit en Angleterre, où l''ambassadeur de France, Lord Montague, l''appelait. En effet, à cette époque, les tableaux de fleurs avaient un grand succès et Monnoyer en était un des meilleurs interprètes. L''apprentissage d''Antoine eut donc lieu en Angleterre, dans les ateliers de Burlington House et de Kensington Palace.
Après la mort de son père en 1699, Antoine fit un premier séjour à Rome ; puis, il rentra en France, travailla à Trianon et fut reçu à l''Académie en 1704. Dans les années 1708-10, il travailla au décor de la chapelle de Versailles avec son beau-frère, Jean-Baptiste Blin de Fontenay; à la même période, il peignit deux grands tableaux pour le château de Meudon. Après un nouveau séjour en Italie, il retourna en Angleterre en 1714 et y resta jusqu''en 1729, où il est documenté de nouveau à Rome. Les années suivantes, il voyagea en Europe, au Danemark et en Suède. Antoine Monnoyer fait ainsi déjà figure, par ses nombreux voyages dans les grandes capitales européennes, d''artiste international comme le XVIIIe siècle en connaîtra tant.
L''apport artistique d''Antoine Monnoyer est souvent mal connu, voire même tout simplement ignoré. En effet, trop souvent confondu avec son père, on oublie que le succès du « style Monnoyer » est plus dû à Antoine qu''à Jean-Baptiste. En effet, c''est grâce aux nombreuses aeuvres réalisées lors de son séjour en Angleterre que cette manière, qu''il tenait de son père, séduisit plusieurs artistes étrangers comme Jean-Baptiste Jaspers et Jan Frans Van Son.
D''autre part, si l''art d''Antoine est fortement influencé par celui de son père et de son élève le plus doué, Jean-Baptiste Blin de Fontenay, il ne faut pas oublier qu''il s''en écarta aussi et créa ses propres caractéristiques.
Tout d''abord, l''art d''Antoine diffère par la méthode qu''il emploie. En effet, si Jean-Baptiste peignait directement ses compositions florales d''après des modèles naturels, Antoine suivait la technique utilisée par Jacob Bogdani, également présent en Angleterre. Il étudiait ses compositions en taillant des formes grossières de fleurs qu''il collait sur une toile verte, et c''est seulement à ce moment, une fois qu''il avait fixé sa composition, qu''il peignait les fleurs en utilisant des spécimens naturels comme modèles. De plus, au lieu de s''attacher véritablement aux couleurs des fleurs, sa palette était plus définie par les besoins décoratifs du tableau.
Par ailleurs, s''il reprend la plupart du temps des modèles établis par son père, il innove également en utilisant des nouvelles variétés de fleurs, notamment des roses aux couleurs et aux formes plus recherchées ; il use aussi d''une couleur bleu lavande très pâle, qu''on ne trouve ni chez son père, ni chez Blin de Fontenay. On peut également identifier ses aeuvres par des motifs caractéristiques, comme celui de la grenade ouverte, souvent placée au premier plan.
Cette nature morte s''inscrit parfaitement dans son époque. En effet depuis Jean-Baptiste Monnoyer, la nature morte est entrée dans une nouvelle phase. Nous sommes bien loin des aeuvres moralisatrices, véritables supports de méditations de Linard ou de Stoskopff, ou même de la simplicité et la poésie des réalisations de Moillon ou Baugin. Avec Monnoyer commence le règne de la nature morte extrêmement décorative, où l''intention allégorique n''est plus ce qui est réellement important dans le tableau et où l''extravagance ne laisse plus de place à la simplicité. Antoine Monnoyer fut donc l''un des plus importants représentants de ce type de peinture au début du XVIIIè siècle, tout en réussissant à se distinguer de son père grâce à son talent et à sa virtuosité.