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Mohamed Camara, Certains matins, je commence ma journée à la fenêtre, 2004. Tirages jet d'encre, 37,3 x 28 cm. © Mohamed Camar

Mohamed Camara est né au Mali en 1985, il est représenté par la Galerie Pierre Brullé à Paris. Comme le raconte Véronique Bouruet (Mohamed Camara), le jour où il se voit confier un appareil photo numérique pour la première fois par un écrivain de passage à Bamako (Antonin Potoski), il n’a pas 18 ans et une seule passion, le foot.

« Devant les problèmes qu’il rencontre à vouloir faire des photos dans les rues de Bamako, Camara décide de rester chez lui et pointe son viseur vers la lumière, vers le seuil de sa porte ou vers les fenêtres.

Sans rien connaître de la longue généalogie de peintres, photographes et artistes qui de Bellini à Matisse, de Rodtchenko à Sudek ou Moholy-Nagy, se penchèrent par la fenêtre, il pointe son viseur vers la lumière, vers le seuil de sa porte. Un rideau, un voile qui bat au vent. La lumière, intense, filtre de l’extérieur. Une chaleur étouffante cloue les gens et les objets sur place. Un souffle d’air soulève le tissu. On aperçoit un chien qui passe. Des jambes d’enfant qui courent. Une main qui salue. Les minutes ou les heures s’écoulent, équivalentes.

Le temps n’a pas d’importance. Le soleil aveuglant de l’Afrique. Le velouté mat de la terre rouge dont sont pétries les maisons, les rues, la ville. Un monde où chacun appartient à une communauté, une famille, un quartier. Où l’on se salue. Où la parole n’est pas un vain mot. Où il y a du rire et de l’humour. Avec un regard de poète, Mohammed collectionne ces petits instants depuis sa chambre ou celles de proches, famille, amis. Rapidement il passe à la « mise en scène », arrangeant un tissu, disposant un objet. Ainsi naissent les Chambres maliennes. »

Cette exposition a lieu dans les quartiers d'été de La Chambre claire: 625, Route des Curtils 74230 Dingy St Clair. galerie@chambreclaire.com - http://www.chambreclaire.fr/