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Yves Saint Laurent et Pierre Bergé, en 1982, rue de Babylone, à Paris. Sichov/SIPA

Paris -  Quatre jours de ventes aux enchères se sont succédés au Théâtre Marigny, où près de 1200 lots ont été adjugés sous le marteau des commissaires priseurs de Christie’s et de Pierre Bergé et Associés. La plupart des 1200 œuvres d’art et objets de décoration qui étaient présentées sous le feu des enchères - provenant en grande partie de Château Gabriel à Bénerville et des demeures parisiennes des deux collectionneurs - ont été adjugées bien au -delà de leur estimation pour atteindre un total de €8.990.088 avec 98% vendu par lot et 98.5% en valeur.

Dix sept spécialités étaient représentées: Dessins et Tableaux Anciens et du XIXème siècle, Art Impressionniste et Moderne, Estampes, Art Contemporain, Arts Décoratifs du XXème siècle, Mobilier et Objets d’art, Sculptures, Céramique, Orfèvrerie, Art d’Asie et Islamique, Antiquités, Art Africain et Océanien ainsi que des pièces d’Histoire Naturelle, des Livres, des Bijoux et du Textile. 

Cette vente a attiré de nombreux enchérisseurs internationaux dont 85% d’européens, 9% d’américains, 5% d’asiatiques et 1.5% d’acheteurs du Moyen Orient. 450 amateurs au téléphone et 150 acheteurs sur le net avec Christie’s live se sont également enregistrés.

« Je salue la générosité de Pierre Bergé qui une fois de plus apporte son soutient à une œuvre caritative, la recherche médicale et la lutte contre le virus HIV. Nous sommes tous heureux chez Christie’s d’avoir contribué à ce succès » déclare François de Ricqlès, vice président de Christie’s France.

« Neuf mois après la vente au grand Palais, la magie Saint Laurent a encore opéré, des cuisines au grenier. Bien que la vente du mobilier du château Gabriel ait été un véritable succès, les fonds de la rue de Babylone furent un triomphe, sans doute du à l’attente de nombreux enchérisseurs qui n’avaient pu acquérir un des chefs d’œuvre de la première vente et ne souhaitaient pas quitter Marigny  sans un souvenir du couturier mythique» ajoute Lionel Gosset, directeur du département des inventaires et spécialistes en charge de la vente.

Parmi les lots phares provenant de la rue de Babylone, retenons une paire de fauteuils de bal d’époque Empire (lot 1034) , qui avait été commandée en 1812 par la reine Hortense pour le bal des Incas aux Tuileries, avant de faire partie des collections Rothschild. Ces deux fauteuils se trouvaient dans le grand salon de l’appartement d’Yves Saint Laurent, estimés €7.000-9.000, ils ont trouvé preneur à €241.000 et feront désormais partie d’une collection asiatique.

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Paire de fauteuils de bal d’époque Empire, premier quart du XIXème siècle. Image 2009 Christie's Ltd

En bois repeint polychrome, les côtés à motif sculpté d'une tête coiffée de plumes et agrémentés de cabochons en plastique, reposant sur quatre roulettes ; garnis de velours violet et ocre à palmettes. Hauteur : 62 cm. (24 3/8 in.) ; Largeur : 63 cm. (24¾ in.) ; Profondeur : 54 cm. (21¼ in.) (2) - Est. €7,000 - €9,000 - Prix réalisé €241,000

Provenance: Ces tabourets proviendraient par tradition d'un bal de la reine Hortense

Literature: Connaissance des Arts, novembre 1956.

Notes: Ces fauteuils furent commandés par tradition pour l'entrée du cortège de la reine Hortense au bal des Incas aux Tuileries le 11 février 1812. Celle-ci apparut "en grande prêtresse péruvienne, vêtue d'argent, de diamants, de plumes blanches, entourées de huit dames habillées de même, mais parées de turquoises".
Ce bal eut un tel succès auprès de Napoléon qu'il fut à nouveau donné le 2 mars 1813.

Un fauteuil similaire aux nôtre mais lui aussi garni de panthère était conservé en 1971 dans les collections du décorateur Henri Samuel rue du Faubourg Saint Honoré à Paris.
Celui-ci est illustré dans Anne Bony, Meubles et décors des années 70, Editions du regard, Paris, 2005, p. 150.

Une petite table basse au piétement d’épis de blé doré (lot 1096) qui se trouvait dans la chambre du couturier et sur laquelle reposaient ses objets précieux (vendus en février dernier), semblables à ceux figurant sur la célèbre photo de Willy Maywald représentant la vicomtesse de Noailles dans son salon, a été adjugée avec les frais €73.000, soit plus de 90 fois son estimation.

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Table basse. Image 2009 Christie's Ltd

Le plateau circulaire en verre, reposant sur un piétement central en métal doré à l'imitation d'une gerbe de blé. Hauteur : 44 cm. (17 3/8 in.) ; Diamètre : 74 cm. (29 1/8 in.) - Est. €800 - €1,200 - Prix réalisé €73,000

Une petite colombe en plâtre patiné qui surplombait l’un des deux vases de Dunand dans le grand salon de la rue de Babylone, estimée €100-200 a été l’enjeu de bataille d’enchères et s’est envolée à €5.625. Retenons également le prix réalisé par la batterie de cuisine moderne adjugée  avec les frais €15.000 (estimation : €700-1.000) ainsi qu’un porte parapluies en céramique émaillé vert (lot 967) qui se trouvait dans l’entrée de l’appartement et contenait une très belle collection de cannes, qui a atteint le prix exceptionnel de €109.000, pour une estimation de €300 à €500.

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Porte parapluies. Image 2009 Christie's Ltd

De forme cylindrique, en céramique émaillée vert, souligné d'un bandeau blanc incrusté d'éclats de miroir doré à la partie supérieure. Hauteur : 54 cm. (21¼ in.) Portant le cachet MUSTEN GESETZL GESCHUTZL au revers. Est. €300 - €500 - Prix réalisé €109 000

Parmi les objets d’art provenant de l’appartement de Pierre Bergé,  rue Bonaparte, retenons un bas relief italien, représentant une danse macabre, daté du milieu du 17ème siècle, en terre cuite (lot 867) estimé €10.000-15.000 et adjugé €193.000.

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Bas relief représentant une danse macabre. Travail probablement Rome, milieu du XVIIème siècle. Image 2009 Christie's Ltd

En terre cuite - 41,5 x 45 cm. (16 x 17¾ in.) - Est. €10,000 - €15,000 - Prix réalisé €193,000

Les objets d’art qui garnissaient  Château Gabriel ont également remporté un franc succès, l’univers proustien d’A la Recherche du Temps Perdu, a su toucher le cœur des collectionneurs  et faire monter les enchères bien au delà de leur estimation. Citons par exemple un ensemble de mobilier de salon, du 20ème siècle en bois de cervidé (lot 381) estimé €6.000-8.000 qui s’est vendu  €169.000 et deux lustres japonisant formant paire (lot 181), de la seconde moitié du 19ème siècle, peut être par Ferdinand Barbedienne (estimation: €10.000-15.000) qui ont trouvé preneurs à €82.600.

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Mobilier de salon, XXème siècle. Image 2009 Christie's Ltd

En bois de cervidé comprenant un canapé et deux paire de fauteuils, garniture de flanelle coq de roche. Dimensions du canapé: Hauteur: 121 cm. (47¾ in.), Largeur: 147 cm. (58 in.) Dimensions des paires de fauteuils: Hauteur: 102 cm. (40¼ in.), Largeur: 67 cm. (25½ in.) et Hauteur: 74 cm. (29¼ in.), Largeur: 68 cm. (26¾ in.) (5) - Est. €6,000 - €8,000 - Prix réalisé €169.000

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Deux lustres formant une paire d'époque Napoléon III, peut être par Ferdinand Barbedienne. Image 2009 Christie's Ltd

En bronze ciselé et doré à motif de bambou, fut orné au centre d'un vase en émail cloisonné polychrome, à douze lumières. Hauteur: 107 cm. (42 in.), Diamètre: 80 cm. (31½ in.) (2) - Est. €10.000-15.000 - Prix réalisé €82.600

Paris – The four-day sale of the Collection of Yves Saint Laurent and Pierre Bergé, part II, at Theatre Marigny offered by Christie’s in association with Pierre Bergé & Associates auctioneers, realized in total € 8,990,213 / £ 7,978,814 / $ 13,449,358. A remarkable 98% of lots sold, and the sale was 98% sold by value. The buyer activity at the auction was (by lot) 85% Europe, 9% America, 5% Asia and 1.5% Middle East.

“I commend Pierre Berge's generosity for once again supporting medical research and the fight against the AIDS virus.  Christie's is extremely honored to have contributed to the success of this sale,” stated François de Ricqlès, Vice President of Christie’s France.

“Nine months after the sale at the Grand Palais, the magic of Saint Laurent was felt everywhere, from the kitchen lots to the objects in the attic. The sale of the contents of château Gabriel was an astounding success, in the same way the works from rue de Babylone triumphed.  This success was undoubtedly due to the great number of buyers who were unable to win lots in the first sale and were determined to not leave Marigny without a souvenir of the mythical designer.” commented Lionel Gosset, Head of Valuations Department and Specialist in charge of the Sale.

Almost 1200 works of art from Château Gabriel at Bénerville as well as from the Parisian residences of the two collectors were presented for sale. Seventeen specialist departments were involved: Old Masters and 19th Century Drawings and Paintings, Impressionist and Modern Art, Prints, Contemporary Art, Decorative Art, Furniture, Sculpture, Ceramics, Silver, Asian and Islamic Art, Antiquities, African and Australian Art, as well as pieces from Natural History, Books, Jewellery and Textiles.

The top lot was a pair of ball armchairs, consigned in 1812, by Queen Hortense for the Incas ball given at Tuileries, before being part of the Rothschild collection. They were in Yves Saint Laurent’s grand salon in rue de Babylone and sold for €241,000 to an Asian collector.

In his bedroom, another table with a gilt ear-of-wheat base (estimate: €800-1,200) served as the support for some of his most precious possessions (sold in the February sale), such as those that appear in Willy Maywald’s famous photograph of Marie-Laure de Noailles in her salon, by a pedestal table covered with objects worked in bronze, silver and silver-gilt, which fetched €73,000 – against a pre-sale estimate of €800-1,200.

After a fierce bidding battle, a patinated plaster dove (lot 1033) which was standing on the top of one of 2 monumental vases by Jean Dunand (sold in February) – achieved €5,625 (estimate: €100-200). Elsewhere in the sale a modern suite of 8 pots and 4 pans sold for €15,000 with a pre-sale estimate of €700-1,000, an enameled earthware umbrella stand (lot 967) that once graced the hall of rue Babylone filled with numerous walking sticks, realized  €109,000 (estimate : €300-500).

Highlights from Pierre Bergé’s residence included a carved terracotta bas-relief depicting a dance of death, Italian, mid-17th century (lot 867), which sold for €193,000 (estimate: €10,000-15,000).

The auction presented multitude of objects from Château Gabriel whose decoration was inspired by the world of À la Recherche du Temps Perdu.  Thanks to robust international interest the sale  achieved remarkable prices such as an antler suite comprising a sofa and 2 pairs of armchairs, 20th century, which sold for €169,000 (estimate: €6,000-8,000) and 2 twelve-light chandeliers, second half 19th century, probably by Ferdinand Barbedienne (lot 181), which sold for  €82,600 (estimate: €10,000-15,000).