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Frédéric Mitterrand, ministre de la Culture : « On ne construit pas une culture sur le trafic. On construit une culture sur le respect et sur l'échange ». AP Photo/Michel Euler

PARIS (AP) — Les députés ont voté mardi à la quasi-unanimité une proposition de loi qui prévoit la restitution à la Nouvelle-Zélande des têtes maories des collections publiques des musées de France, permettant l'adoption définitive de ce texte déposé par la sénatrice centriste Catherine Morin-Desailly.

La proposition de loi, qui avait fait l'unanimité au Sénat en juillet 2009, à cette fois été adoptée par 457 voix pour et huit contre.

Avec cette loi, les 16 têtes détenues par les musées français, dont le Muséum d'histoire naturelle de Rouen, le musée du Quai Branly, les musées et centres de recherche universitaire spécialisés dans l'art africain et océanien de plusieurs villes françaises seront restituées aux autorités néo-zélandaises. La France suit ainsi la quarantaine de musées américains, australiens et européens qui ont déjà répondu à la demande des Maoris.

Le ministre néo-zélandais des Arts, de la Culture et du Patrimoine, Christopher Finlayson, s'est immédiatement félicité de la décision des parlementaires français, qui constitue, selon lui, "la reconnaissance de l'importance culturelle et spirituelle pour la Nouvelle-Zélande, et en particulier pour le peuple maori, de faire revenir les 'toi moko' (têtes maories momifiées, NDLR) chez elles, sur leurs terres ancestrales".

Le texte, qui n'a pas été modifié par les députés, répond aux difficultés juridiques qui ont suivi la décision prise en octobre 2007 par la ville de Rouen de remettre aux autorités néo-zélandaises une tête humaine tatouée et momifiée conservée en dépôt depuis 1875 dans les collections du Muséum municipal d'Histoire naturelle.

Cette décision a suscité un débat sur le régime juridique applicable à ces biens, en des termes quasi-identiques à celui soulevé en 2002 au moment de la demande de restitution par l'Afrique du Sud de la Vénus Hottentote conservée au Musée de l'Homme. Le Parlement avait alors voté une loi permettant de rendre ces restes humains à l'Afrique du Sud.

Le texte fait également évoluer le rôle de la commission scientifique compétente en matière de déclassement des oeuvres conservées dans les musées. Renommée "commission scientifique nationale des collections", ses attributions seront étendues aux collections publiques, voire privées, au-delà des seules collections des musées de France. AP

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Dessin de la tête maorie de la ville de Rouen

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La tête maorie du muséum d'histoire naturelle de Nantes a rejoint les réserves depuis les années 1990. Photo : SP

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Tête maorie détenue depuis 1875 par le muséum municipal d'histoire naturelle de la Moselle.

PARIS (AP).- French lawmakers decided Tuesday to return 16 tattooed and mummified Maori heads to New Zealand, ending years of debate on what to do with the human remains acquired long ago by French museums seeking exotic curiosities.

For years New Zealand has sought the return of Maori heads kept in collections abroad, many of which were obtained by Westerners in exchange for weapons and other goods.

Dozens of museums worldwide, though not all, have agreed to return them. Maori, the island nation's indigenous people, believe their ancestors' remains should be respected in their home area without being disturbed.

France's National Assembly voted 437-8 on Tuesday to give back the 16 heads counted in France, including seven kept in storage at Paris' Quai Branly museum for the primitive arts. The Senate has already OKed the move.

It was unclear when the heads might be sent home, but authorities can now begin negotiating the move.

The heads' repatriation is " matter of great significance for Maori," New Zealand's culture and Maori affairs minister Pita Sharples said. "Maori believe that, through their ancestors' return to their original homeland, their dignity is restored, and they can be put to rest in peace among their families."

Some in France had worried the case could set a precedent for similar action against other museums — a big concern given the Louvre's many Egyptian mummies — and lawmakers had debated New Zealand's request since 2007 when the Normandy city of Rouen offered to return its Maori head.

Lawmaker Catherine Morin-Desailly, who authored the bill to return the heads, downplayed that fear and said this was a special case because some Maoris were killed to satisfy collectors' demands.

Some Maori heads, with intricate tattoos, were traditionally kept as trophies from tribal warfare. But once Westerners began offering prized goods in exchange for them, men were in danger of being killed simply for their tattoos, French museum officials have said.

Tuesday's vote "confirms France's moral responsibility as a country of human rights," Morin-Desailly told Associated Press Television News. "There are some things which are above art and which should remain sacred." Associated Press Writer Christina Okello contributed to this report. Copyright 2010 The Associated Press.

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France's Culture minister Frederic Mitterrand, reacts during a session of the Parliament prior to the vote on the return of mummified Maori heads to New Zealand in Paris, Tuesday, May 4, 2010. France's parliament approved today May 4, 2010, the return of 16 tattooed, mummified Maori heads to New Zealand, wrapping up a years-long debate on what to do with the human remains acquired long ago by French museums seeking exotic curiosities. AP Photo/Michel Euler.