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Alberto Hernandez, Sans titre, 1998. Photomontage. Courtesy, CCC Tours, © Alberto Hernandez

Monstre hybride, tour à tour terrifiant et enchanteur, la Chimère incarne l'ambivalence et les troubles visionnaires de l'esprit. Formes privilégiées du rêve, devenues l'étendard de toute une génération, ces «chimères de l'espace, des eaux, de l'ombre et du rêve» (Gustave Moreau) accompagnent le spectateur dans une rêverie hallucinatoire, où l' «inquiétante étrangeté» et le merveilleux font bon ménage.

L'obscurité de l'auditorium du CCC accueille, le temps d'un voyage poétique et onirique, les créatures tout droit sorties de l'univers mental des six artistes réunis pour l'occasion.

La multiplicité des supports répond au caractère hybride et disparate de la Chimère. Le dialogue entre les oeuvres crée une atmosphère fantasmagorique, oscillant entre délire et réalité.

Le triptyque vidéo de Janaina Tschäpe ouvre la voie à un monde peuplé de visions fascinantes et hypnotiques dans lequel surgissent les femmes séduisantes et dangereuses photographiées par Joël Peter Witkin, les espaces et les personnages cauchemardesques des frères Quistrebert, les visages intrigants sculptés par Aurélien Porte et la réinterprétation subtile du célèbre Dr Jekyll et Mr Hyde d'Alberto Hernández.

Les oeuvres ainsi rassemblées rappellent que les chimères, jamais terrassées, sommeillent en chacun de nous...

Alberto Hernandez, Aurélien Porte, Florian Quistrebert, Michael Quistrebert, Janaina Tschäpe, Joël-Peter Witkin, "De l'ombre et du rêve". CCC. Centre de création contemporaine, Tours. 20 mai-30 mai 2010