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Meuble d'appui à portes. Par Jacques Dubois (1694-1763). Paris, époque Louis XV. photo courtesy Kohn - Paris

Bâti de chêne, placage de bois violet, satiné, merisier, bois de corail, bronzes dorés, marbre vert Campan. H. 88 cm, L. 118 cm, P. 35 cm - Estimation : 300 000 / 350 000 €

PROVENANCE: Collection Me B., Paris

Meuble d'appui à deux portes, galbé en façade et sur les côtés, reposant sur deux pieds en console et en appui sur le mur sur sa partie arrière. Le placage en bois violet est souligné d'un filet en bois de satiné en contre-fil, avec un encadrement extérieur en satiné à motifs alternés. L'importante serrure fixée sur le vantail de gauche s'encastre dans le vantail droit rogné en conséquence pour éviter tout chevauchement. Les portes sont plaquées à l'intérieur de merisier selon un motif de losanges et un encadrement en bois de corail.

Riche ornementation de bronzes finement ciselés et dorés de rocailles feuillagées déchiquetées et asymétriques sur la serrure centrale devenue prétexte à l'épanouissement du motif, sur les montants des pieds et les sabots ainsi que sur la partie inférieure du meuble soulignée en façade et latéralement.

Il a conservé en grande partie sa visserie et ses clous d'origine.

Si l'on connaît quelques exemplaires de commodes à portes à quatre pieds ou des consoles à deux pieds et un tiroir, on ne connaît aucun meuble d'appui en console à portes, ce qui laisse à penser que ce meuble est une commande probablement destinée à être placé entre deux fenêtres, sous un trumeau de glace.

L'attribution de ce meuble à Jacques Dubois repose sur divers éléments:

Le répertoire de bronzes rocaille, chutes, sabots et bronzes latéraux, reprend celui présent sur le bureau plat estampillé Dubois conservé au Musée de Cleveland (USA). L'ébéniste veillait à l'exclusivité de ses modèles de bronzes.
La découpe de la ceinture est caractéristique de Jacques Dubois. On la retrouve sur la plupart des bureaux plats réalisés par le maître ébéniste.

L'usage du bois de satiné à motifs alternés clair et foncé était également très employé par celui-ci. On reconnaît également le travail sur les bronzes de Dubois qui« adoptent un rythme syncopé, très mouvementé, fait de courbes assez courtes, qui se répondent, se heurtent, se chevauchent comme des vagues. »

COMPARATIFS: - Console d'une paire à deux pieds à large tiroir en ceinture signée de Jacques Dubois, ancienne collection Wrightsman, New York.
- Commode à deux portes et quatre pieds livrée par Gilles Joubert pour Madame Adélaïde à Versailles en 1755, présentant un système d'ouverture similaire à notre commode d'appui. Versailles, collection du Musée du Château.
- Bureau plat signé de Dubois, musée de Cleveland (USA) dont les bronzes sont comparables à notre modèle.

RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES: Pierre Kjellberg, Le Mobilier Français du XVIIIe siècle, Dictionnaire des Ebénistes et des Menuisiers, éd. de l'Amateur, Paris, 2002, p.307.
Stéphane Boiron, Jacques Dubois, Mémoire de Recherche pour l'Ecole du Louvre, 1989.

Kohn - Paris. Vente du Mercredi 17 novembre 2010. Drouot Richelieu - Salle 5 - 9, rue Drouot - 75009 Paris. Pour tous renseignements, veuillez contacter la maison de ventes au +33 (0) 1 44 18 73 00