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Exceptionnelle coupe aux lions ailés. Région de la mer Caspienne, Marlik, XIVe-XIIe siècle av. J.-C. photo Pierre Bergé & associés

Électrum (88% à 89% d'or). H_9,7 cm Diam_10,1 cm Poids_118,2 gr - Estimation : 500 000 - 600 000 €

Réalisée en électrum (alliage natif d'or et d'argent) elle est travaillée au repoussé puis gravée à la pointe. Le pourtour de la paroi, légèrement concave, présente trois scènes identiques montrant un lion ailé piétinant un taureau. L'animal hybride fabuleux est à corps léonin, du dos duquel naît une grande aile, le plumage finement gravé à la pointe. Sa crinière est également plumée. Il chevauche de ses pattes un taureau s'effondrant, la tête sur le sol, la langue pendante ; son pelage est rendu par des lignes ondulées. La lèvre est ornée d'une torsade. Sous la base débordante, est gravée à la pointe, une rosace à six branches réunies, dans une bordure concentrique torsadée. L'espace entre chaque branche est pointé.

Outstanding Marlik gold cup adorned with three winged lions trampling bulls. Last half of 2nd millennium B.C. 3,82 in. high - 4 in. diameter - 118,5 grams . (4,18 onces).

Ancienne collection Yegotiel Saidnian, années 1930. Celui-ci quitta l'Iran dans les années 1940 pour Jérusalem puis vécu par la suite à Londres. Une partie de sa collection fut acquise par un collectionneur américain qui en fit don au Royal Ontario Museum en 1996.

Contrairement à de nombreuses et puissantes civilisations qui ont vu le jour en Iran, les peuples nomades de la région de Marlik, ne nous ont laissé que peu de témoignages en dehors de leur mobilier funéraire inventé au nord, dans la nécropole de Cheragh-Ali Tepe. L'abondance, la qualité artistique et technique, ainsi que la richesse des objets et figurines découverts, laissent penser qu'il s'agissait d'une nécropole réservée à des personnages du plus haut rang, des rois ou des princes.

Parmi les pièces les plus somptueuses, figurent des coupes d'argent, d'or ou d'électrum, travaillées au repoussé et finement décorées d'animaux et de créatures mythiques. L'une d'elle, découverte dans la tombe 35 (Réf. 10, catalogue de Negahban, 1984), se rattache parfaitement à notre coupe, par sa forme, sa base débordante ainsi que par sa décoration guillochée. La vaisselle d'or de Marlik peut être classifiée en quatre groupes principaux. Le premier se caractérise par l'absence d'ornementation. Le deuxième par des décors pointés ; les deux derniers par un travail au repoussé en relief et en gravure, parfois faiblement levé, comme dans le cas de notre coupe dont le riche décor est rendu par une abondance de détails. Elle est, aujourd'hui, l'un des plus somptueux témoignages de cette civilisation. Un rapport d'analyse métallographique et une étude stylistique de l'oeuvre, effectués par le Dr Peter Nothover (Université d'Oxford) sera remis à l'acquéreur.

Bibliographie comparative : E. O. Negahban, A preliminary report on Marlik excavation, Gohar Rud expedition, Rudbar, 1961-2, 1964, esp. 28-30, pl. XII, XVI, fig. 103-143. E. O. Negahban, Metal vessels from Marlik, Münich, 1983. E Porada, The Hasanlu bowl, 1959. C. Wilkinson, Art of the Marlik culture, Metropolitan Museum of Art Bulletin, 24, New-York, 1965, pp. 107-112.

Pierre Bergé & associés. Dimanche 05 décembre à 14h30. Drouot Montaigne 15, avenue Montaigne 75008 Paris. Archéologie. EMail : contact@pba-auctions.com