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Courtesy Loïc Madec

La suite espagnole, ce sont des tentures, des capes de parade ou de "pénitents", des toiles et des dessins qui glorifient deux héros espagnols: le matador et le toro et un évènement: la corrida. Seule compte içi la nécessité de transcrire l'exubérance des émotions éprouvées aux faenas de Séville, lorsque le matador Espectaco affrontait les toros Miura. Il n'y a dans La Suite espagnole ni lyrisme, ni effet poétique outrancier, ni exotisme, ni reportage anecdotique: dans la corrida, l'intérêt est la geste héroïque, dans le matador , c'est l'humilité et la fragilité cachée sous l'impassibilité du visage, sous la rigidité de l'habit. C'est parfois une certaine désinvolture dans les pauses et devant le danger, une constante rigueur des attitudes. C'est la piété dans chaque acte...
Dans le toro, c'est le Minotaure, La majesté et la puissance sauvage dans les ganaderias andalouses, puis, dans le toril et l'arène. C'est la virginité de l'animal, sa peur et son combat offert en holocauste...
Dans les matières, c'est la rigidité de l'habit et la fluidité des capes. C'est la violence des couleurs et le baroque des broderies que portent les héros solaires, c'est le cuir noir des cuatrenos, leur sang, et l'ocre du sable brûlant de l'arène. C'est l'ombre et le soleil...
Dans les gestes, c'est la communion chorégraphique entre l'homme et la bête, c'est la beauté athlétique des corps ceints, des cambrures extrêmes, l'immobilité et les charges, la force et la justesse des attitudes nées de l'expérience et de la bravoure.
C'est une peinture de l'élan et du mouvement où la force de chaque trait devait témoigner de l'ampleur du risque à peindre et d'un combat violent, vital et acharné; "Instinct ravageur et confrontation exigeante, le mouvement se poursuit et la peinture s'affirme dans cette présence musculaire ou gestuelle instinctive; ainsi, on peut parler d'une victoire sur tout ce qui retient, empêche; ainsi le corps existe et l'acte est posé". Loïc Madec http://loicmadec.blogspot.com/

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Courtesy Loïc Madec