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Manufacture royale de Sèvres, 1787. Pot à lait en porcelaine dure « à anse teste de chèvre», provenant du service de la laiterie de Rambouillet, d'après des dessins de Jean-Jacques Lagrenée. Courtesy Aguttes - Paris

L'anse en relief représentant une tête de chèvre avec le torse et les pattes avant terminées par des sabots, les deux cornes sur la tête rejoignent le col de la verseuse et réapparaissent à l'intérieur, en effet trompe l'œil, semblant percer le col.
Le décor selon son appellation d'origine « en peinture étrusque » se compose sur la panse de deux personnages à l'antique, traités en polychromie: le jeune homme vêtu d'une tunique bleue donne à boire à une chèvre dans un récipient tripode tandis que la jeune fille vêtue d'une robe rose tend des pampres de vignes à une chèvre dressée sur ses pattes arrières.
Cette scène circulaire sur fond blanc est encadrée de deux bandeaux « brique antique », appelés également fonds étrusques, ornés de palmes et de motifs floraux stylisés. Au bec verseur, palmettes et rinceaux traités en enroulement.

H 24.5 cm. Deux petits éclats aux bouts de deux sabots de la chèvre et petites sautes de peinture visibles à la base. Estimation : 200 000 / 300 000 €

Marque de Sèvres, deux «L» entrelacés surmontés de la couronne royale (pour la pate dure) avec les initiales «KK» pour 1787, initiales de peintre, peut-être un J ou un L, le tout de couleur violine. Deux lettres en creux (modeleur), P et U

Bibliographie : Archives de la Manufacture Nationale de Sèvres et catalogue de l'exposition «Marie-Antoinette» au Grand Palais en 2008 (RMN), article de Selma Schwartz « Un air d'antiquité, le service de Sèvres réalisé pour la laiterie de Marie-Antoinette à Rambouillet »- 2007

Hubert Robert fût nommé par le Comte d'Angiviller, responsable de l'intégralité du projet de la laiterie.
La conception des formes fût l'œuvre de Louis Simon Boizot, chef de l'atelier de sculpture.
Jean-Jacques Lagrenée, nommé en 1785 directeur artistique associé principal, fût responsable de la conception du décor. Il avait pour tâche à Sèvres de «réformé le goût» en s'éloignant radicalement du répertoire traditionnel.
Les animaux les plus courants sont ceux associés au lait (vaches, brebis, chèvres).
Le bâtiment de la laiterie sera achevé en 1787, le dessin des meubles par Hubert Robert, et leur exécution par Georges Jacob.
La porcelaine fût livrée sur deux ans en 1787 et 1788. Le service comptait 65 pièces, service fabriqué dans le plus grand secret.
On ne connait de nos jours que 17 pièces, lors des ventes révolutionnaires en 1793, on décidé de préserver le contenu de la laiterie, mais à cette date, toutes les pièces de porcelaine avaient disparu.
Les pièces restantes furent envoyées au Musée spécial de Versailles puis Joséphine Bonaparte demande en aout 1803 qu'elles soient envoyées à la Malmaison.
On perd leur trace après cette date, bien que trois des pièces conservées aujourd'hui (les deux grands seaux à lait et la grande terrine basse) aient fait partie de ce groupe. (Schwartz 2007 p 154-181)

- «Note et profile des pièces de la Laiterie du Roy à Rambouillet...» Document original (ANMS)
Les formes de ce document sont dessinées avec une grande précision à l'échelle exacte des objets.
Dans le cas des objets dont on a perdu la trace, c'est souvent le seul document pour connaître leur taille et leur apparence, bien que les pièces soient représentées avec une couleur «étrusque» alors que plus de la moitié des objets sont décorés de couleur pâle. © ANMS R2- D4
- Plan de la laiterie de Rambouillet reprenant la disposition des différents éléments de porcelaine dans le vestibule de la laiterie de Marie-Antoinette. ©ANMS R2- D4
- Modèle de pot à lait à « anse teste de chèvre» en plâtre, conservé dans les archives de la Manufacture Nationale de Sèvres. © ANMS

Aguttes - Paris. Vente du Vendredi 11 février 2011. Drouot Richelieu - Salle 1 - 9, rue Drouot - 75009 Paris. Expert : Vincent L'Herrou - 06 07 11 42 84.