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Alonso Sanchez Coello (vers 1531-1588/1590). Attribué à. « Portrait de l'infante Catalina Micaela (1567-1597) ». Photo Audap & Mirabaud - Paris via Internechères

Miniature sur carton ovale. 7 x 5 cm (Restaurations) - Estimation : 8000/10000€

Note: Inédit, notre portrait en miniature est à rapprocher du genre des naipes (carte à jouer) connu à la cour d'Espagne dans la deuxième moitié du XVIème siècle. Comme l'explique Véronique Gérard-Powell, ces naipes sont « ces portraits de petit format peints à l'huile à l'origine sur une carte à jouer ou sur un carton de même type sur lequel était collé un velin » (voir Véronique Gérard-Powell et Claudie Ressort, Département des Peintures, Louvre, Écoles espagnole et portugaise, Paris, 2002, p. 137). Cette technique d'huile apposée la plupart du temps directement sur la carte est caractéristique de la peinture espagnole.

Probablement destinée à être ensuite insérée dans un médaillon par un joaillier, la miniature, comme l'illustre notre portrait de forme ovale, était parfois découpée et perdait son format originel de carte à jouer.

D'origine anglaise, la pratique de ces miniatures en Espagne est encore peu étudiée (voir l'unique ouvrage de référence en la matière : cat. exp., Suzanne L. Stratton, sous la direction de, The Spanish Golden Age in Miniature, Portraits from the Rosenbach Museum & Library, The Spanish Institute, New-York, 1988), mais l'on sait que Antonio Moro (1520-1576) comme Sofonisba Anguissola (1532-1625) s'y sont exercés à la cour.

D'un point de vue stylistique, notre portrait doit être rapproché du groupe de quatre miniatures (deux portraits de femme et deux portraits d'homme) attribuées à Sanchez Coello conservées au musée du Louvre et provenant de la collection Charles Sauvageot. Exceptés le support sur carton (cette fois, dans le format rectangulaire et originel de la carte à jouer), la proximité des dimensions (chaque miniature mesure 6  x  4,2 cm) et le même fond chocolat foncé, ce sont le rendu de la fraise, le cerne du dessin tout comme la justesse des ombres qui nous invitent à y voir la même main.

De plus, signalons un autre portrait, qui présente ces mêmes caractéristiques stylistiques, à ajouter à ce corpus, aujourd'hui non localisé mais ayant figuré à la vente anonyme à New-York, 7 octobre 1995 (Sotheby's), n° 163, et décrit comme Portrait de dame noble, attribué à Alonso Sanchez Coello, parchemin ou papier, 5,7 x 4,4 cm.

L'identification avec l'infante Catalina Micaela s'appuie notamment sur deux comparaisons : une première avec son portrait vers l'âge de 8 ans dans le double portrait par Alonso Sanchez Coello la représentant avec sa soeur Isabel Clara Eugenia (toile, 135 x 149 cm, Museo del Prado, vers 1575), une seconde avec son portrait vers 1585 à l'âge de 18 ans, par un artiste anonyme conservé au Monastère de l'Escorial (repr. in cat. exp., Alfonso E. Perez Sanchez, sous la direction de, Alonso Sanchez Coello y el retrato en la corte de Felipe II, Madrid, 1990, fig. 62, p. 98). Dans ces deux portraits, nous retrouvons, comme dans notre miniature, les caractéristiques physiques de l'infante, son nez légèrement fort, ses yeux un peu lourds, sa bouche pulpeuse, traits qui sont davantage idéalisés dans son somptueux portrait de Sanchez Coello conservé au Museo del Prado (toile, 111 x 91 cm, vers 1584). Représentant une adolescente, entre l'enfant du double portrait et celui de la jeune femme de l'Escorial, notre miniature peut être datée des années 1580 et témoigne ainsi de la complexion de l'infante vers l'âge de 13 ans.

Nous remercions Mme Véronique Gérard-Powel qui nous a aidés dans la description et l'attribution de ce tableau.

Audap & Mirabaud - Paris. Mercredi 22 juin 2011. DROUOT RICHELIEU - salle 3, 75009 PARIS  Tél. : 01.53.30.90.30 - Fax : 01.53.30.90.31 - Email :  contact@audap-mirabaud.com