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Rare pendule cage à oiseaux chanteurs et automates. Attribuée à la maison Jaquet-Droz, La Chaux-de-Fonds (Suisse). Dernier quart du XVIIIe. Photos Rouillac

Elle est en laiton et bronze finement ciselé et doré en or, mat et brillant. Elle est constituée d'une base carrée à pans coupés renfermant son mécanisme, surmontée par un corps et un dôme grillagés renfermant deux oiseaux automates. La base octogonale de la cage est ornée de pilastres soulignant chacun de ses angles. Chaque côté présente un médaillon ovale en émail peint à la main : la même scène bucolique y est répétée, un jeune homme jouant de la cornemuse à une jeune fille, tour à tour blonde ou brune. L'un des médaillons dissimule une ouverture pour remonter le mécanisme.

Au sein de la cage, deux oiseaux en automates reposent sur des perchoirs soutenus par une fontaine centrale, stylisée et à double étage, en verre de Venise soufflé torsadé. La base à frise d'entrelacs, ornée de quatre plaques émaillées à décor de joueurs de musique, renferme une serinette orgue.

La cage peut être suspendue et dévoile le cadran de la pendule. Celle-ci indique les heures en chiffres romains et les minutes en chiffres arabes : les aiguilles des heures et des minutes sont simples et portent uniquement un décor de flammèches ; la trotteuse se termine, quant-à-elle, par un quartier de lune.

Le mécanisme de l'horloge, renfermé dans la base de la cage, se déclenche chaque heure et à la demande : l'orgue se met en marche laissant s'échapper le chant des oiseaux. La pendule joue cinq morceaux différents. Les oiseaux ouvrent leur bec et agitent leurs ailes tout en tournant sur eux-mêmes. Les jets d'eau de la fontaine sont simulés par la rotation de chaque tube de verre filé.

Le chant des oiseaux est produit par une serinette placée dans le coffret, dont les notes sont produites par un cylindre à picots actionné par un ressort (jeu d'orgue à onze flûtes).

La cage repose sur quatre pieds représentant des pattes d'oiseau agrippées à des boules.

Haut. 54, Larg. 30, Long. 30 cm. (cadran restauré, cage nettoyée, horlogerie en état de fonctionnement, serinnette et automates à revoir). Estimation: 20 000 / 30 000 €

Provenance : ancienne collection de la comtesse de Noailles.

Note: Anne Claude Louise d'Arpajon (1729-1794) est l'épouse du comte Philippe de Noailles, duc de Mouchy, prince de Poix, Grand d'Espagne et Maréchal de France (1714-1794). La comtesse Anne de Noailles est nommé dame d'honneur de la Dauphine Marie-Antoinette en 1770, puis première dame d'honneur de la Reine en 1774. La jeune reine surnomme " Madame Étiquette " celle qu'elle voit comme une " gouvernante " trop rigide. La comtesse de Noailles quitte Versailles pour Mouchy en 1775, après que la Princesse de Lamballe eut été nommée surintendante de la maison de la Reine. Marie-Antoinette fut l'une des plus célèbres clientes des Jaquet-Droz, dont la présentation d'un automate dessinant le couple royal à Versailles en 1775 avait frappé les esprits. La provenance de la pendule a été précisée par Yvonne de Brémond d'Ars, auprès de qui cet objet fut acquis par une importante famille de Touraine, en 1967.

La famille Jaquet-Droz : Un savoir-faire sans frontière

Pierre Jaquet-Droz (1721-1790) naît à la Chaux-de-Fonds (Suisse) dans une famille d’horlogers-paysans. Ce n’est pourtant qu’après des études de philosophie et de théologie qu’il se consacre à l’horlogerie, domaine dans lequel il excelle. Son talent pour la mécanique de précision le conduit à la réalisation d’automates, notamment des androïdes qui le feront connaître à travers le monde. Il fut secondé par son fils, Henri Louis (1752-1791).

Leurs automates, oiseaux chanteurs ou androïdes, sont particulièrement appréciés au sein des cours européennes, notamment celle d’Espagne, mais aussi par les cours d’Orient, à Constantinople et à Pékin. Chacune de leur production répond à une commande particulière et est parfaitement exécutée. La complexité de leur réalisation, ainsi que les commandes de plus en plus nombreuses nécessitent la multiplication des intervenants. C’est pourquoi le terme de « famille Jaquet-Droz est à prendre au sens large, puisqu’ils accordent leur confiance et leur respect tant à leur ami Leschot qu’à leur associé Maillardet et à d’autres mains habiles.

Le prestige des oeuvres est tel qu’une succursale est ouverte à Londres en 1773, ville réputée pour son savoir-faire.

 De plus, grâce au concours de James Cox, des relations commerciales sont établies avec le Moyen Orient et également la Chine. La maison Jaquet-Droz devient ainsi une entreprise internationale.

Les pièces produites par Jaquet-Droz sont nombreuses, notamment les pendules-cages. Elles ne sont pas systématiquement signées mais présentent des caractéristiques communes qui permettent de les attribuer à cet atelier.

Les pendules cages : Du British Museum à la Cité Interdite

Certaines ont également en commun ce médaillon d’émail peint où figurent des scènes bucoliques. Nous pouvons d’ailleurs constater la similitude entre des gerbes de fleurs qui encadrent le médaillon avec celles de deux autres pendules cages – appartenant à des collectionneurs particuliers – cela semble témoigner de l’utilisation d’un même moule pour ce détail.

Huit pendules cages seulement sont conservées dans des collections publiques à travers le monde : au musée des Arts et Métiers de Paris, au musée des Arts Décoratifs de Lyon, au British Museum (Londres, Royaume-Uni), au Musée du Château des Monts (Le Locle, Suisse), dans la collection Reuge (La Chauds-de-Fond, Suisse), au Palais Royal de San Lorenze de El Escorial (Madrid, Espagne) et au Pavillon des Montres et Horloges de la Cité Interdite (Pékin, Chine).

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Chine, Pavillon des Montres et des Horloges de la Cité Interdite

Nos remerciements vont à Emmanuelle Buteau, Gilberte Chouffot et Violaine Monmarché, étudiantes en master à l'Université François Rabelais de Tours.

Rouillac. Lundi 27 juin à 14h. Orangerie de Cheverny,  Château de Cheverny, 41700 CHEVERNY. Tél. : 02.54.80.24.24 - Fax : 02.54.77.61.10 - Email :  rouillac@rouillac.com