402

402_1

402_2

Mercure de Bavay. Art Gallo-romain, Bavay (Nord-Pas-de-Calais), Ier-IIe siècle. Photo Pierre Bergé & associés

Exceptionnelle statuette représentant le dieu Mercure.
Il est nu, debout, déhanché, en appui sur la jambe droite, la gauche légèrement fléchie.
Il tient de la main droite la bourse, et portait probablement de la gauche le caducée. La musculature volontairement exacerbée par l'artiste, renforce la puissance de la divinité. La tête, reposant sur un puissant cou, et tournée vers la gauche, présente une coiffure formée de courtes mèches bouclées. La calotte crânienne était fondue séparément.
Bronze doré. H_21 cm. Estimation : 200 000 - 300 000 €

Outstanding Gallo Roman gilded bronze figure of the god Mercury. Bavay (Nord-Pas-de-Calais, France), 1st-2nd century A.D. 8,3 in. high.

Ancienne collection Charles Delaporte (1878-1974), acquis en 1912 ; resté depuis dans la descendance familiale.
Cette œuvre a été examinée par Edmond Haraucourt, conservateur au musée de Cluny, entre 1912 et 1925, qui la datait du Ier siècle de notre ère.
Fils de Jupiter et de la nymphe Maïa, Mercure, assimilé à l'Hermès grec, est le dieu du commerce, des voyageurs, des marchands et des médecins ; il est également le messager des dieux et accompagne aussi les âmes aux enfers.
Il a pour principaux attributs le caducée et la bourse, symbole des gains que procure le commerce. à Rome, un temple a été construit en 495 av. J.-C. au sein du Circus Maximus, lieu adapté pour un dieu du commerce du fait de la présence d'un centre d'échange et d'un hippodrome. Des célébrations avaient lieu le 15 mai où se déroulaient les Mercuralia, fête au cours de laquelle les marchands s'arrosaient ainsi que leurs marchandises d'eau puisée du puits sacré près de la Porte Capena.
Son culte se répandit dans tout l'Empire et plus particulièrement en Gaule. Dans le Bellum Gallicum (Livre VI), César écrit : “Le dieu qu'ils (les Gaulois) honorent le plus est Mercure.
Il a un grand nombre de statues ; ils le regardent comme l'inventeur de tous les arts, comme le guide des voyageurs, et comme présidant à toutes sortes de gains et de commerce”.
Bavay, Bagacum dans l'antiquité, est une fondation romaine implantée vers 20 av. J.-C. Située au centre d'un réseau routier, la ville était le passage obligé entre la Germanie et le port de Boulogne ; sept voies la reliaient aux capitales des cités des peuples voisins, dédiées à Jupiter, Mars, Vénus, Saturne, Mercure, le Soleil et la Lune. De vastes monuments furent édifiés : un forum, des thermes, des temples et d'autres bâtiments à caractère officiel.
L'importance du rôle économique est attestée par les ruines du plus imposant forum de la Gaule. Depuis le début du XIXe siècle, une quantité impressionnante de bronzes a été recueillie. Selon Isidore Lebeau (1844), “il y avait autant de bronzes à Bavay que de feuilles sur les arbres de la forêt voisine”. Le douanier Derbigny écrivait en 1833  : “il n'est pas un habitant de Bavay qui n'ait son petit cabinet d'antiques”.
L'œuvre présentée, inédite, dont l'artiste s'est directement inspiré de la statuaire grecque classique et en particulier de Lysippe, figure parmi les plus belles découvertes dans la citée nervienne.

Pierre Bergé & associés. Jeudi 01 décembre à 14h00. Drouot Montaigne - Paris. EMail : contact@pba-auctions.com - Tél. : Paris +33 (0)1 49 49 90 00. Bruxelles + 32 (0)2 504 80 30