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Le Beau Sancy, diamant taille poire double rose pesant 34,98 carats (est. $2-4 millions). Photo Sotheby's

Genève, le 28 février 2012 – SOTHEBY’S GENÈVE a l’honneur d’annoncer que le Beau Sancy, l’un des diamants historiques les plus importants jamais mis aux enchères sera présenté lors de sa prochaine vente de haute joaillerie et de bijoux de provenance aristocratique, le 15 mai 2012. Témoin privilégié de plus de quatre siècles d’histoire européenne, le célèbre joyau a appartenu à la Couronne de France, avant d’être transmis à la Maison d’Orange ainsi qu’aux familles royales d’Angleterre et de Prusse. Pesant 34,98 carats, ce diamant taille poire double rose est estimé entre 2 et 4 millions de dollars*.

S’exprimant à propos de la vente prochaine du Beau Sancy, David Bennett, Président du Département de Haute Joaillerie de Sotheby’s en Europe et au Moyen-Orient et Co-Président de Sotheby’s Suisse a déclaré: « Le Beau Sancy est l’un des diamants les plus fascinants et les plus chargés d’histoire jamais mis aux enchères. C’est un immense privilège pour Sotheby’s de se voir confier cette vente ».

Acquis par Nicolas de Harlay, Seigneur de Sancy (1546-1629) à Constantinople au cours de la seconde moitié du XVIème siècle, le Beau Sancy provient très certainement des mines situées autour de la cité de Golconde, au centre de l’Inde dont sont issus les diamants les plus célèbres de l’histoire comme le Hope, le Koh-i-Noor et le Regent. En 1604, de Sancy vendit le diamant pour 75 000 livres (25 000 écus) à Henri IV qui l’offrit à son épouse, Marie de Médicis. Passionnée de pierres précieuses, la reine avait longtemps convoité le joyau mais Henri IV s’était jusqu’alors refusé à une telle dépense. Le roi n’eut cependant d’autre choix que de se plier à la volonté de son épouse une fois que cette dernière eut appris que de Sancy avait vendu un autre de ses diamants, aujourd’hui connu comme le « Sancy » et conservé au Louvre, au roi d’Angleterre, Jacques I Stuart1. L’inventaire des joyaux de la reine révèle que le Beau Sancy était le plus gros diamant de sa collection. Il n’est dès lors pas surprenant que le joyau ait orné la couronne de Marie de Médicis lors de son sacre, le 13 mai 1610, comme le montre le magnifique portrait de Frans II Pourbus, Le Jeune.

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Marie de Médicis en costume de sacre, Frans II Pourbus Le Jeune, 1610 © RMN-GP (Musée du Louvre) / Thierry Le Mage

Après l’assassinat d’Henri IV par Ravaillac, Marie de Médicis s’exila aux Pays-Bas. Criblée de dettes, elle dut se séparer de ses biens et le Beau Sancy fut vendu au Prince Frédéric-Henri d’Orange-Nassau (1584-1647) pour 80 000 florins, la dépense la plus importante des Province-Unies en 1641. La même année, soucieuxde renforcer ses alliances avec les grandes puissances européennes, le Prince Frédéric-Henri se servit du Beau Sancy pour sceller le mariage de son fils Guillaume (1626-1650), futur Guillaume II d’Orange-Nassau, avec Marie Stuart (1631-1660), fille de Charles I d’Angleterre et de Henriette-Marie de France et, par conséquent, petite-fille de Marie de Médicis.

A la mort de son époux, Marie Stuart embarqua pour l’Angleterre avec ses bijoux dans le but de soutenir le combat de son frère Charles II pour le trône d’Angleterre. En 1662, le Beau Sancy fut mis en gage pour payer les dettes de cette dernière et ne réintégra le trésor de la Maison d’Orange-Nassau qu’en 1677, à l’occasion du mariage de Guillaume III d’Orange-Nassau (1650-1702) avec Marie II Stuart, fille du roi d’Angleterre Jacques II. En 1689, le couple fut appelé à monter sur le trône d’Angleterre et le diamant entra ainsi dans la collection de la reine d’Angleterre. Cependant, à la mort des monarques et en l’absence d’héritiers, le Beau Sancy rejoignit la Maison d’Orange-Nassau.

En 1702, suite à la résolution d’un long différend entre les héritiers de la Maison d’Orange, Frédéric I, tout juste couronné premier roi de Prusse, accepta de renoncer à l’ensemble des bijoux de l’héritage pour obtenir le Beau Sancy. Conscient de la valeur symbolique et du prestige du diamant, il en fit l’ornement principal de la nouvelle couronne de Prusse et l’associa au premier ordre du royaume: l’Ordre de l’Aigle Noir. 

Répertorié comme la plus grande pierre précieuse de la Maison royale de Prusse, le Beau Sancy fut ensuite transmis de génération en génération jusqu’à aujourd’hui, porté lors d’importants événements royaux, notamment par les mariées de la famille. Après l’exil aux Pays-Bas du dernier Empereur d’Allemagne et roi de Prusse en novembre 1918, les joyaux de la couronne demeurèrent au Palais du Kaiser à Berlin. A la fin de la Seconde Guerre mondiale, ils furent dissimulés derrière un mur de brique dans une crypte à Bückeburg, avant d’être retrouvés par les troupes britanniques et rendus à la Maison de Prusse.

Après la guerre, le fils ainé du Kaiser, le Kronprinz Guillaume (1882-1951), puis le fils de ce dernier, le Prince Louis-Ferdinand (1907-1994) héritèrent du Beau Sancy. A la mort du Prince Louis-Ferdinand, le diamant fut transmis dans le cadre de la succession de la Maison de Prusse à son petit-fils, Georges-Frédéric, né en 1976 et aujourd’hui à la tête de la Maison royale de Prusse.

Au cours des cinquante dernières années, le Beau Sancy n’a été exposé que quatre fois en public: en 1972, à Helsinki, aux côtés du Grand Sancy; en 1985, à Hambourg, lors de l’exposition Schmuck aus dem Hause Hohenzollern exhibition; en 2001, une nouvelle fois avec le Grand Sancy, au Musée National d’Histoire Naturelle de Paris et enfin, en 2004, à Munich, dans le cadre de l’exposition Schatzhäuser Deutschands.

Notes: Le Beau Sancy sera exposé à travers le monde avant d’être mis aux enchères à Genève le 15 mai 2012.

Expositions publiques: 
Hong Kong 30 mars - 2 avril 2012
New York 14-16 avril 2012
Rome 19 avril 2012
Paris 24-25 avril 2012
London 27-30 avril 2012
Zurich 2-3 mai 2012
Genève 11-15 mai 2012