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Broche à motifs de fleurs. Attribué à Fortunato Pio Castellani (Rome, 6 mai 1794 - 1er février 1865), vers 1835-1837. photo Kohn 

Or , argent et saphirs. H. 9 cm, L. 5 cm. Lot 104. Estimation : 30 000 / 40 000 €

PROVENANCECollection Prince Marc Antoine Borghèse
Par primogéniture, collection des Princes Borghèse jusqu'au Prince Scipion Borghèse (1871−1927)
Collection Théodora Martini, seconde épouse du Prince Scipion Borghèse
Collection de Loredana Chilesotti, fi lle de Théodora Martini et de son époux Felice Valletti Borgnini (1909-1995)
A la mort de celui-ci, par héritage, collection de Giovanna Ruffi ni Borgnini Valletti

Cette broche à très riches motifs floraux est selon la tradition familiale une réalisation de Fortunato Pio Castellani, célèbre orfèvre romain de la première moitié du XIXe siècle, suite à une commande effectuée par le Prince Marc Antoine Borghèse (1814-1886).
Selon les documents d'archives Borghèse conservés dans les Archives secrètes du Vatican (réf. 8626, n°499, enveloppe 15), le Prince Marc Antoine aurait apporté dès 1834 à Castellani quelques bijoux de famille de style Empire qu'il jugea passés de mode pour faire remonter les
pierres précieuses sur des montures modernes, qui mettraient en valeur leur splendeur dans un dessin de style romantique floral, comme c'est le cas pour cette broche.
Après son mariage avec Guendaline Talbot, Comtesse de Shewsbury en 1835, le Prince confia au fameux orfèvre d'autres pièces anciennes, parmi lesquels des bijoux qui avaient été portés par Pauline Bonaparte, Princesse Borghèse, épouse du Prince Camille Borghèse dont une tiare de diamants et de saphirs, qu'il fit remonter pour obtenir de petites créations d'orfèvrerie aux pierres précieuses. Sur cette tiare se trouvait le célèbre saphir de 87 carats que Castellani remonta sur une broche en y associant d'autres éléments du diadème. Ce dernier servit aussi à la création d'autres petits bijoux comme des broches, des bracelets ou des peignes.
Ce ne fut pas un cas isolé car d'après les archives, les dessins et les factures conservés dans l'atelier Castellani, plusieurs tiares et autres bijoux de la famille Borghèse pavés de saphirs, diamants, émeraudes et perles trouvèrent de nouvelles formes et acquirent une nouvelle splendeur dans le laboratoire de ce joaillier.

RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUESAnna Maria Sgubini Moretti, Castellani e l'orefi ceria archeologica italiano, catalogue d'exposition, Museo Nazionale Etrusco di Villa Giulia, du 11 novembre 2005 au 26 février 2006, éd. Erma di Bretschneider, Rome, 2005

La broche en forme de feuillage épanoui est pavée de saphirs sur une monture mêlant l'argent à l'or selon les usages du milieu du XIXe siècle. Les nombreuses pierres ont été taillées selon la technique de l'époque et devaient provenir, compte tenu de la quantité, d'une pièce plus importante, peut être une tiare, de grande dimension.

Fortunato Pio Castellani apprit son art dans l'atelier paternel. Dès les années 1820, il abandonne la création de bijoux classiques pour la restauration de pièces anciennes, ce qui lui fi t rencontrer le marquis Giampietro Campana et Michelangelo Caetani avec qui il s'associe pour fonder son propre magasin en 1826. Lors de la mise au jour des tombes Regolini-Glassi, il fut invité par les autorités papales à étudier les bijoux. Il accéda également aux collections acquises par le marquis Campana et entreprit d'en analyser les détails. Cela lui permit de mettre au point des techniques proches des savoir-faire étrusques et notamment la technique de granulation de l'or. 
L'atelier était ainsi coutumier de pastiches de cette période pour le marché romain de la bijouterie. Parallèlement, il répondait aux commandes des riches familles romaines pour créer des bijoux selon le goût en vogue à partir de pierres démontées de pièces devenues démodées pour leurs propriétaires.
L'atelier ouvrit des succursales à Paris et Londres à partir de 1853 lorsque Fortunato Pio Castellani confi a sa direction à son fils aîné Alessandro (1824- 1883) puis à son fils cadet Augusto (1829-1914). Alfredo, le fi ls d'Augusto, qui prit la suite, mourut en 1930.

Kohn - Paris. Vendredi 13 avril 2012. Drouot Richelieu - Salle 1. Tel. +33 (0) 1 44 18 73 00.