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Miroir " Aux Fleurs". France, époque Louis XIVphoto Kohn

Loupe de noyer, ébène, cuivre doré et glace. H. 117,5 cm, L. 83 cm, P. 8 cm - Lot 60. Estimation : 18 000 / 25 000 €

Ce miroir de forme rectangulaire à fronton se compose de matériaux les plus luxueux et d'une ornementation propre au grand style Louis XIV, riche et exubérante.

L'encadrement mouluré en placage de loupe de noyer s'agrémente aux écoinçons et sur les quatre côtés d'un très fin décor ajouré en cuivre doré. Une multitude de fleurs et de branchages s'enchevêtrent à profusion créant un sentiment d'abondance végétale.

Cette qualité de ciselure et de dorure se retrouve sur les frises de rinceaux qui ornent les deux baguettes d'ébène qui cernent le cadre en loupe de noyer. Le fronton de forme cintrée est constitué lui aussi d'une végétation luxuriante en bronze doré et ajouré. Le sommet est ponctué d'une rose d'où semblent s'échapper des feuilles d'acanthe et des fleurettes dans un tourbillon sinueux, ne laissant aucune place au vide.

Le miroir est, sous Louis XIV, l'objet aristocratique par excellence. D'abord posé sur la table pour le cérémonial de la toilette, le miroir va acquérir une place de plus en plus importante et s'exposer au mur.

On pouvait le retrouver notamment parmi le mobilier garnissant " la salle à manger " de celle de l'Hôtel des Hameaux décrite en 1668 par exemple. Ils étaient suspendus très souvent par des cordons de soie, leur longueur différant en fonction de la taille du miroir. Ils étaient accrochés dans des pièces tendues de tapisserie, de tissu ou de cuir doré, rarement sur des lambris.

Une gravure de Nicolas Habert du XVIIe siècle montre la Princesse de Conti se regardant dans un miroir (ci-dessous). Celui-ci, décoré comme le nôtre de rinceaux aux écoinçons et sur les côtés, est présenté très incliné avec deux cordons en houppe permettant de le régler.

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A l'époque, ils étaient garnis de " glace de Venise " ou de " glace fine ". Dans les années 1660-1670, on rencontre des miroirs aux bordures en noyer comme celui que nous présentons agrémenté de plaques de cuivre ou d'argent. Ainsi, l'inventaire de l'Hôtel de Sully et de Rambouillet mentionnent respectivement : " un miroir de glace de Venise (…) garni de sa bordure de noyer " et " un grand miroir garni de sa bordure de noyer orné de plaques de cuivre doré ".

La richesse de l'ornementation de notre œuvre a sans doute été inspirée par les grands ornemanistes de cette époque comme Jean Lepautre qui publia au XVIIe siècle le Livre de miroirs, tables et guéridons, recueil destiné aux artistes pour assurer la diffusion du grand style Louis XIV.

RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUESNicolas COURTIN, L'art d'habiter à Paris au XVIIe siècle -L'ameublement des hôtels particuliers, éd. Faton, Dijon, 2011

Kohn - Paris. Vendredi 13 avril 2012. Drouot Richelieu - Salle 1. Tel. +33 (0) 1 44 18 73 00.