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 Grand plat ovale en émail peint en grisaille à rehauts d'or, représentant le Jugement de Pâris. Limoges, attribué à Pierre Reymond (1513-1584), 1557Photo: Christie‘s Images Ltd 2012

Signé P.R et daté 1557; le marli orné d'animaux fantastiques, de personnages grotesques et de volutes feuillagées; le revers à décor de masques grotesques, de gros cuirs et de guirlandes; centré du profil d'une jeune femme et de têtes de puttis ailés; usures légères et restaurations; largeur: 51.5 cm. (20¼ in.). Lot 31. Estimate: €120,000 - 180,000/$170,000 - 240,000.

An Oval Parcel-Gilt Grisaille Enamel Platter Depicting The Judgement Of Paris, Limoges, Attributed To Pierre Reymond (1513-1584), 1557.

REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES: F. Spitzer ed, La collection Spitzer - Antiquités, Moyen Age, Renaissance, Paris, 1890, I, planche XV, n. 503.
S. Baratte, Les Emaux Peints de Limoges, Musée du Louvre, Paris, 2000, p. 248.

NotesL'épisode du Jugement de Parîs est souvent illustré comme à l'origine de la Guerre de Troie.

Il débute avec les noces de Pélée et Thétis, auxquelles toutes les divinités de l'Olympe furent conviées; à l'exception d'Eris, déesse de la Discorde. Aussi par vengeance, elle inscrit le message "A la plus belle" sur une pomme en or, et la lance sur la table où festoient Dieux et Déesses. Ne sachant à qui est destinée la pomme, une querelle apparait entre Junon, Minerve et Vénus, pour savoir qui mérite ce titre de " plus belle ". Jupiter demande alors à Pâris, fils du Roi de Troie, de trancher. Chacune des déesses entreprend de l'amadouer par une promesse; ainsi Vénus lui assure l'amour d'Hélène, femme du Roi de Spartes Ménélas, s'il lui décerne la pomme. Quelques mots de description suffisent à Pâris pour s'éprendre de la mortelle, et la pomme revient donc à Vénus.
Pâris, lui, part rejoindre Spartes pour séduire Hélène qu'il ramène avec lui à Troie. Mais c'est sans compter sur la colère de Ménélas qui, humilié, déclare ouverte la guerre entre les deux Cités.

Outre le fait que Pierre Reymond soit considéré comme le plus grand émailleur de son époque, il est aussi, dès les années 1540, l'un des premiers à développer la technique de la grisaille. Il fut également membre de la corporation et nommé consul de Limoges en 1560 et 1567.
Ses émaux peints en grisaille devinrent rapidement très à la mode, et recherchés des plus grands commanditaires; non seulement français mais aussi allemands. Aussi, son atelier se développant considérablement à partir de 1550, il n'est dès lors pas rare de distinguer jusqu'à trois mains ayant travaillé à la réalisation d'un même objet.
Pierre Reymond s'inspira tout au long de sa carrière des gravures du célèbre artiste Marcantonio Raimondi (vers 1480-1530), dont celle reprise pour le plat présenté ici, datant de 1516 et représentant le Jugement de Pâris.

Le présent plat est d'ailleurs l'un des rares, parmi ceux que Pierre Reymond produisit en grisaille, à aborder ce sujet. On peut toutefois le rapprocher d'un autre plat peint en grisaille représentant le Jugement de Paris, également attribué à Pierre Reymond et aujourd'hui conservé au Musée Paul-Dupuy à Toulouse (inv. 18039). Bien que le recto de ce dernier soit différent du nôtre, ils sont tous deux caractéristiques de l'oeuvre de Pierre Reymond. Ainsi le revers du plat ici offert est similaire - tant au niveau du style pictural que de la technique de peinture - à celui d'un plat conservé au Musée du Louvre et illustré (voir S. Baratte, Les Emaux peints de Limoges, Paris, 2000, p. 248, R.311). Nous pouvons enfin également rapprocher notre plat, aussi bien stylistiquement que par la scène illustrée, d'un plat qui se trouvait dans la collection Frédéric Spitzer. 

Christie‘s. Steinitz : Paris. 20 June 2012. Paris