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Camée : Christ bénissant. Art byzantin, XIIIe siècle pour le camée. Italie, XVIIe siècle pour la monturePhoto Kohn

Jaspe sanguin, émail et or. H. 5 cm, L. 3,4 cm. Estimation : 40 000 / 50 000 €

Ce grand camée de forme ovale en jaspe sanguin représentant Jésus-Christ en buste est un très beau témoignage de l'art de la glyptique dans l'Empire byzantin sous le règne des Paléologues.

La figure du Christ emplit l'ensemble de la pierre.
Sa tête ovale finement incisée est entourée d'un nimbe crucifère rayonnant. Revêtu d'un long manteau aux plis serrés caractéristiques de l'OEuvre de Byzance, il esquisse un geste de bénédiction et tient le Livre. De part et d'autre de son visage sont insculpées ses initiales en lettres grecques.

Les traits stylistiques adoptés par le Christ ainsi que l'utilisation du jaspe sanguin, permettent de le dater du XIIIe siècle.

On peut le comparer à deux camées réalisés dans ce même matériau conservés au Cabinet des Médailles de la Bibliothèque Nationale notamment au regard de la forme de l'objet et des traits des visages.
Une grande partie de cet art byzantin de la glyptique, digne héritière des artistes grecs et romains, utilisa le jaspe sanguin pour leurs camées du fait de son aspect vert tacheté de rouge.
Ce matériau, appelé aussi héliotrope, devint ainsi le symbole de la pierre des martyrs, la couleur rouge renvoyant au sang versé par ses derniers.

La monture en or présente à l'avers un décor émaillé de pastilles rondes et oblongues en émail de différentes couleurs.

Le revers s'agrémente d'un superbe décor ajouré d'une gerbe de fleurs émergeant d'un vase antique en émaux aux tonalités virulentes.
Ce type de représentation renvoie aux décors de marqueterie de pierres dures dont l'Italie s'était fait une spécialité à partir du XVIe siècle.

La forme du vase, ainsi que cette explosion florale aux couleurs intenses s'inspirent des grands plateaux de tables ou de cabinets mêlant le lapis-lazuli et autres pierres de couleur.

Le Kunsthistorisches Museum possède deux camées dont la monture, d'une extraordinaire finesse d'exécution, adoptent des motifs similaires.

On y observe ce même type de vase au milieu d'un foisonnement végétal. Sur l'avers, on remarque ce même décor discret de petites pastilles rondes et oblongues.

Ces montures sont attribuées à un atelier vénitien de la seconde moitié du XVIe siècle.
A la lumière de cette comparaison et au regard du style, la monture de notre oeuvre peut être attribuée à un atelier italien du XVIIe siècle. Au-delà de cette attribution possible, ce travail précieux de l'émail montre surtout l'importance qu'attachait à ce camée son riche propriétaire en l'ornant de cette manière.

Kohn. Samedi 15 septembre 2012. Hôtel Le Bristol, Salon Castellane - 112, rue du Faubourg Saint Honoré - 75008 Paris. http://www.kohn.fr