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Clavecin par Giovanni Pietro Polizzino. Rome, XVIIe sièclePhoto Kohn

Hêtre, poirier noirci, épicéa, cyprès et ivoire. Signature manuscrite sur la première touche : J. Petrus Polizzinus, Roma fecit 1634 (ou 1639?). Peinture signée Carmino Giarra, 1652. H. 93 cm, L. 201 cm, P. 77 cm - Estimation : 120 000 / 150 000 €

Provenance: Ancienne collection Alain Vian

Il demeure à ce jour le seul instrument de Polizzino qui nous soit parvenu.

Le clavier en hêtre est composé de 27 marches plaquées d'ivoire et de 18 feintes en poirier noirci, montées sur un cadre en épicéa. Do 1 / Mi 1 - Do 5.

Il présente deux jeux de huit pieds.

Les éclisses et la table de résonance sont en cyprès. Selon la tradition, les clavecins italiens, particulièrement légers et fragiles, étaient logés dans des caisses de voyage. Celles-ci, tout en conservant leur usage deviendront peu à peu des éléments de décoration. Ici la caisse extérieure est vernie noir et présente sur la joue et l'éclisse courbe un décor de laque chinois, datant du XIXe siècle.

L'intérieur du couvercle représente des scènes bibliques tirées de l'Exode, dont Moïse et le rocher d'Hereb, le peuple dansant autour du veau d'or et Moïse brisant les Tables de la Loi.

Il porte sur une colonne la signature du peintre, Carmino Giarra MDCLII.

L'instrument repose sur trois pieds de style baroque en bois doré. Giovanni Pietro Polizzino demeure l'un des facteurs les plus importants de l'école romaine.

Il fut, de 1651 à octobre 1652, le fabricant de clavecins attitré de la famille Pamphile, dont Giovanni Pamphili, futur Pape Innocent X.
C'est à Polizzino que Pietro della Valle (1586-1652) humaniste, explorateur et musicien italien, commande son « clavecin enharmonique ». Influencé par les musiques d'Orient où il a vécu, il a notamment retrouvé le site de Babylone, autant que par les rapports mathématiques sur lesquels les grecs appuyaient leur théorie musicale.

Il fait réaliser, pour Joao IV du Portugal, un instrument à trois claviers, sur lequel, entre autre, le Fa # se distingue du Si b. Giovanni Baptista Doni (1593-1647) musicologue, ami de Marin Mersenne, le considère comme un des plus habiles fabricants de son temps, relatant sa collaboration avec Pietro della Valle : «. . . un cembalo. fatto da Gio. Pietro Polizzino peritissimo, et ingegnosissimo artefice di questa sorta d'instrumenti. » (cité par Donald Boalch, p. 149)
Ce clavecin provient de l'ancienne collection Alain Vian. Transformé en piano forte à la fin du XVIIIe siècle.

Il a été restauré par Amerigo Fadini.
Enregistrement : « Domenico Scarlatti l'intemporel » par Aline d'Ambricourt, 2007

Références bibliographiques: Donald H. Boalch, Makers of the harpsichord and clavicord, 1440-1840, Oxford, 1995.

Patrizio Barbieri, Pietro Della Valle, The Esther Oratorio (1639) and other experiments of « stylus metabolicus » with new documents on triharmonic instruments, Recercare n°14, 2007.

Patrizio Barbieri, Harpsichord and spinet in late baroque Rome, Early music, 2012

Kohn. Samedi 15 septembre 2012. Hôtel Le Bristol, Salon Castellane - 112, rue du Faubourg Saint Honoré - 75008 Paris. http://www.kohn.fr