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Vase à têtes de boucs. France, troisième quart du XVIIIe siècle. Photo Kohn

Porcelaine tendre polychrome et dorée. H. 22 cm. Accident restauré à la base - Estimation : 25 000 / 35 000 €

Ce vase en porcelaine tendre de forme balustre présente un riche décor polychrome en relief polychrome.
La panse émergeant d'acanthes au naturel et blanches est couverte d'un fond de treillage en camaïeu rose enchâssant un cartouche polylobé en réserve souligné d'un filet or et orné d'une scène de marine. Une frise de vaguelettes alternant de coquilles surfond piqueté agrémente sa partie supérieure qui s'orne de deux têtes de bélier formant anse avec leurs cornes du plus grand réalisme.
Le col est souligné d'une couronne de feuilles de laurier en relief peintes au naturel.

Il repose sur un piédouche sinueux souligné d'un liseré bleu s'achevant en une frise à treillage identique à celle de la panse. Des filets d'or, malgré l'interdiction faite au profit de la Manufacture de porcelaine de Vincennes-Sèvres, soulignent les contours de la pièce.

Témoignage des balbutiements de la production de porcelaine, et des dif_ cultés techniques rencontrées, des coups de feu sont visibles et la pâte a craquelé à l'intérieur du col. Ces craquelures ont habilement été dissimulées par des feuillages peints.

La Manufacture de porcelaine de Sceaux n'utilisait l'or, privilège de Vincennes-Sèvres, que de façon exceptionnelle, pour des raisons évidentes de discrétion. Pour les formes et pour le décor, elle s'inspira beaucoup de la faïence de Sceaux, de la porcelaine de Mennecy et de Sèvres.

Installée à Bourg-la-Reine, la production était exclusivement consacrée à des objets de petites dimensions.

Ne portant aucune marque, il demeure difficile d'attribuer avec certitude ce vase de belles dimensions à l'une des manufactures de porcelaine tendre de la seconde moitié du XVIIIe siècle, Sceaux, Mennecy ou Bourg-la-Reine qui subirent en premier lieu l'influence de la Manufacture royale de Sèvres et qui se copièrent également, rendant difficile l'attribution de pièces non signées.
Le décor aux béliers apparut dès 1762 à Sèvres qui fabriqua les premiers vases néoclassiques à têtes de boucs, d'après les modèles du sculpteur Boizot. En 1771, un modèle est mentionné sous la dénomination de vases boucs «du Barry».
Le Musée National de la Céramique de Sèvres conserve un vase pot-pourri en porcelaine à décor polychrome et anses à têtes de boucs daté vers 1780 qui présente des similitudes avec notre vase quoique plus petit et plus tardif. Ce même décor apparaît sur un vase attribué classiquement à la Manufacture de porcelaine de Sceaux, de petites dimensions et plus tardif figure dans une collection particulière.

Références bibliographiques: Collectif, Sceaux-Bourg la Reine, 150 ans de céramique des collections privées aux collections publiques, Avril-Juin 1986, Orangerie du château de Sceaux
Antoinette Fay-Halle, Christine Lahaussois, Porcelaine française du XVIIIe siècle, Histoire, Motifs et Marques, Les Essentiels du patrimoine, Massin

Kohn. Samedi 15 septembre 2012. Hôtel Le Bristol, Salon Castellane - 112, rue du Faubourg Saint Honoré - 75008 Paris www.kohn.com