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Secrétaire à abattant par Etienne Avril (1748-1791), reçu Maître le 23 novembre 1774. Paris, époque Louis XVI, vers 1780

Bâti de chêne, acajou et placage d'acajou moucheté et satiné, bronzes dorés, laiton, marbre blanc et cuir. Estampillé E. AVRIL et marque JME. H. 153 cm, L. 134 cm, P. 50 cm. Estimation : 80 000 / 100 000 €

Ce large secrétaire de forme rectiligne en acajou et placage d'acajou ouvre par un tiroir de longueur surmontant un abattant découvrant un plateau tendu de maroquin vert à liseré doré au petit fer, douze tiroirs munis d'un bouton de préhension en bronze doré et de six casiers de différentes largeurs. En partie inférieure, deux vantaux ouvrent sur des étagères. Les montants sont ornés de colonnettes engagées à cannelures de laiton et chapiteaux feuillagés aux angles antérieurs. Des pilastres, selon le même schéma, scandent les angles postérieurs. Les panneaux de façade et latéraux reçoivent une ornementation sobre d'encadrements en bronze ciselé et doré aux motifs d'oves feuillagés et de perles et le tiroir supérieur une riche frise de cannelures alternant avec des épis. Un astragale en bronze doré d'oves souligne le plateau de marbre blanc.Le meuble est soutenu par quatre pieds toupies rythmés de bagues en bronze doré. Estampillé « E. Avril », ce meuble est caractéristique des réalisations néoclassiques des années 1780. Formes rectilignes, massives et sobres, emploi de l'acajou sur l'intégralité du meuble et ornementation de bronzes dorés réduite à son strict minimum, dominèrent la production de cet ébéniste, Etienne Avril fut surnommé de son vivant « Avril l'Aîné » et exerça rue de Charenton jusqu'en 1788 lorsqu'il céda son atelier à son frère cadet, Pierre Avril. Partisan du puritanisme des formes, il revêtait ses meubles principalement d'acajou, plus rarement de citronnier ou de bois de rose soulignés de bronzes rares réduits aux entrées de serrure et baguettes d'encadrement. Sa production fut importante si l'on se réfère aux ventes aux enchères après décès qui furent organisées sur plusieurs jours en juin 1792.

Il fournit essentiellement une clientèle privée et reçut quelques commandes officielles, notamment par Marie-Antoinette pour son appartement au château de Saint-Cloud.
Le château de Fontainebleau conserve une commode à deux vantaux ornés de plaques de biscuit sur fond d'acajou aux schémas proches de notre secrétaire : formes rectilignes, sobres baguettes d'encadrement des vantaux.

Kohn. Samedi 15 septembre 2012. Hôtel Le Bristol, Salon Castellane - 112, rue du Faubourg Saint Honoré - 75008 Paris www.kohn.com