54958057923906339_3kG0UeQF_c

54958057923906340_s1Mj8IuU_c

54958057923906342_LRZIzfa9_c

Table à gradin « Aux ustensiles à la chinoise » Par Charles Topino(vers 1742 - 1803) Reçu Maître le 17 novembre 1773. Paris. Epoque Louis XVI, vers 1775. Photo Kohn

Bâti de chêne, placage de bois de rose, acajou, sycomore, de buis, d'amarante, bois teinté et bronzes dorés. Estampillé C. TOPINO (deux fois) et marque JME. H. 90,2 cm, L. 60 cm, P. 40 cm. Petits manques au placage - Estimation : 50 000 / 60 000 €: 

Provenance: Succession M. et Mme X.

Cette élégante table à gradin à toutes faces constitue l'une des créations les plus raffinées de Charles Topino où l'on retrouve sa parfaite maîtrise de la marqueterie et son goût pour les objets du quotidien. De forme ellipsoïdale, elle ouvre en façade à un tiroir démasquant une table à écrire orné d'un décor marqueté se prolongeant sur toute la ceinture du meuble fait de petits « ustensiles de cuisine » tels coupes, vases ou autres récipients.
Le plateau supérieur reçoit également le même type de motifs se détachant sur un fond d'acajou dans un encadrement de bois de rose, à l'aspect très naturel.
Cette table supporte un gradin cintré ouvrant à deux petits vantaux latéraux sur les côtés. Au centre, un mince tiroir surmonte un guichet doté d'un mécanisme permettant l'ouverture des vantaux. Là encore, des vases fleuris et autres contenants viennent égayer l'ensemble de la façade du gradin. Au dessus de ce gradin se détache également ce décor si privilégié par Topino. On retrouve une partition de musique, des brule-parfums et une verseuse. Une galerie en bronze repercée d'oves ceint cette grande oeuvre de marqueterie.
Le plateau d'entrejambe échancré poursuit cet inventaire des objets familiers où vases et bouteilles d'inspiration chinoise côtoient une très belle aiguière et son bassin. Ce plateau réunit quatre élégants pieds cambrés agrémentés d'une chute de bronzes dorés néoclassiques, terminés par quatre petits sabots feuillagés.

Tant du point de vue de la qualité de la marqueterie, des sujets représentés et de la finesse de la forme, cette table à gradin traduit l'imagination très fertile de Topino qui est l'auteur de ce modèle de meuble si singulier. Pourtant, il n'accéda que tardivement à la maîtrise (1773) et fit rapidement faillite (1789). Dans ce cours laps de temps, ce génie de la marqueterie se fit une spécialité de ces meubles rivalisant de raffinement et de féminité en fournissant une clientèle riche et internationale faite de particuliers, de marchands-merciers et de confrères ébénistes. Ces marqueteries d'ustensiles si reconnaissables s'inspirent probablement de ce que l'on pouvait trouver sur certains paravents en laque de Coromandel agrémentés de vases, brule parfums ou tabourets. C'est ce type de marqueterie qui fit toute sa renommée de son vivant et jusqu'à maintenant au regard des exemplaires tout à fait similaires au notre et conservés dans de prestigieuses collections.
Le Musée des Arts Décoratifs de Paris possède une table à gradin d'une facture quasiment identique à la notre, tant du point de vue de la forme, des proportions et de la qualité du décor.

Références bibliographiques: Sylvain Barbier Sainte Marie, Charles Topino, éd. de l'Amateur, Paris, 2005
Sylvain Barbier Sainte Marie, Charles Topino, maître ébéniste et entrepreneur fécond, L'Estampille -L'objet d'Art, n° 340, Octobre 1999.

Kohn. Samedi 15 septembre 2012. Hôtel Le Bristol, Salon Castellane - 112, rue du Faubourg Saint Honoré - 75008 Paris www.kohn.com