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Atelier de Giovanni Francesco Susini (1585-1653), Vénus retenant Adonis, XVIIe siècle. Photo Europ Action

Important groupe en marbre blanc de Carrare. H 180 cm (Restaurations). Estimation : 220 000 - 250 000 €

Provenance: Château de Chiffrevast, Manche

Ovide raconte dans les Métamorphoses (livre 10) l'aventure d'Adonis. Ce beau jeune homme était aimé de la déesse Vénus. Malgré ses suppliques il la quitta pour aller à la chasse où un terrible sanglier le tua. De son sang naquirent les anémones et de celui de Vénus, piquée par des épines, les roses rouges.

Allégorie de la jeunesse qui préfère encore les jeux aux ébats amoureux, le thème est très prisé aux XVI° et XVII° siècles: opposition entre force virile et lascivité féminine, dans un monde où la guerre est omniprésente, ou exercice de style pour exposer d'élégantes nudités?

Giovanni Francesco est le neveu d'Antonio Susini, élève de Giambologna connu pour ses bronzes réalisés d'après les oeuvres de son maître, dans l'atelier duquel il travailla avec son oncle. Ses oeuvres de petit format, se retrouvent dans les plus grandes collections ("Enlèvement d'Hélène"à Dresde et au Getty,"Vénus et l'Amour"au Louvre,"David et la tête de Goliath"à Vaduz...), et une réduction de notre groupe est conservée à la National Gallery de Washington. Il sculpta cependant aussi quelques grands marbres: le Bacchus (Louvre) et le Saint Jean-Baptiste (Washington, autrefois attribué à Michel-Ange) font partie des ces rares témoignages. Le groupe que nous proposons s'inscrit clairement dans la tradition de la sculpture florentine maniériste, issue de Michel-Ange et influencée par Giambologna et Benvenuto Cellini. Comme dans les oeuvres de ces deux derniers artistes, il n'y a pas un point de vue unique, et l'équilibre de leur composition doit permettre de les apprécier quelque soit l'angle.

Objets raffinés et précieux, ils sont destinés à une clientèle aristocratique exigeante, formée à l'école de la Renaissance florentine, et à son humanisme empreint de culture latine. Derrière chaque objet, et derrière la légende qu'il traduit, se posent des interrogations intellectuelles, esthétiques et philosophiques.

Construit en 1618, agrémenté de superbes jardins, le château de Chiffrevast fut sous l'Empire la propriété de Lebrun, Consul avec Bonaparte et Cambacérès. Ce troisième personnage de l'Etat laissa la propriété à son gendre, Napoléon Daru, fils du comte Daru, Intendant Général de la Maison de l'Empereur, l'ami et le protecteur de Stendhal. Il avait accompagné Napoléon en Italie, et participé avec Vivant-Denon, au choix des oeuvres d'Art rapportées en France après la campagne. L'absence de traces dans les archives ne permet d'attester qu'il s'agisse d'un cadeau de l'Empereur... En effet, en 1900, Eugène Bretel amateur d'art aussi éclairé que fortuné compléta l'aménagement du château. Il avait l'habitude d'aller faire annuellement ses achats dans le Midi et en Italie d'où il revenait, dit-on, avec un wagon spécial rempli de ses acquisitions: ce groupe de Vénus et Adonis est-il un des souvenirs de ce"Grand Tour"?

EUROP AUCTION. MERCREDI 26 SEPTEMBRE À 14H00. Drouot - Richelieu - Salles 5-6 - info@europauction.fr