"Van Cleef & Arpels. L’art de la haute joaillerie" @ musée des Arts Décoratifs
Clip Chrysanthème, Paris, 1937. Or, platine, Serti Mystérieux rubis, diamants tailles brillant et baguette Collection Van Cleef & Arpels © Patrick Gries / Van Cleef & Arpels
Toute l’audace de la création d’une grande maison de joaillerie sera mise en lumière dans la nef des Arts Décoratifs à travers plus de 400 bijoux, qui font la renommée de Van Cleef & Arpels depuis 1906. Ces pièces prestigieuses seront exposées au regard de nombreux documents d’archives et dessins, dans une scénographie de l’agence Jouin-Manku. l’histoire de Van Cleef & Arpels est jalonnée d’inventions techniques transmises de génération en génération par les mains d’or des ateliers. Ces savoir-faire, tenus secrets, alliés à une imagination et des sources d’inspiration très libres sont à l’origine de ce formidable foisonnement de formes et de modèles. A l’occasion de l’exposition, toutes les pièces ont fait l’objet d’une recherche sur leur datation permettant pour la première fois de retracer une chronologie précise de ces créations.
Bracelet Décor égyptien, Paris, 1924. Monture ajourée en platine, émeraudes, rubis, saphirs et onyx taille suiffée, diamants taille brillant Collection Van Cleef & Arpels © Patrick Gries / Van Cleef & Arpels
En 1906 Alfred van Cleef (fils de lapidaires), s’associe à son beau- frère Salomon dit Charles puis à son frère Julien Arpels, pour se lancer dans la joaillerie et ouvrir une première boutique au 22 place Vendôme. Leur réussite est immédiate. les ouvertures des succursales se succèdent, Dinard, Nice, Deauville, vichy… touchant une clientèle huppée, sensible au talent du joaillier. Après l’accalmie imposée par la première guerre mondiale, les salons de la place vendôme sont agrandis et deux autres magasins ouverts, à Lyon et à Cannes.
Parmi les pièces les plus prestigieuses créées alors, la parure de 1925 composée notamment d’un bracelet et d’une broche, présentée à l’Exposition internationale des arts décoratifs et industriels modernes de Paris, est particulièrement remarquée et récompensée d’un grand prix. Ces bijoux ornés d’un motif de roses épanouies en diamants et rubis et aux feuilles d’émeraude sont l’incarnation du thème de la fleur que la maison déclinera sous toutes ses formes. A cette époque les sujets varient autour de la flore et la faune mais aussi du goût pour l’Egypte ancienne, la Chine, le Japon ainsi que la civilisation persane qui deviennent à leur tour prétexte pour initier de nouvelles combinaisons de couleurs : lapis-lazuli, turquoise, onyx, jade, corail, émail et laque sont associés aux pierres précieuses. Parallèlement, la joaillerie blanche utilisant le diamant et le platine – dont les formes abstraites et géométriques dessinent de légers reliefs – inscrit la maison dans le courant de l’Art Déco.
Bracelet Roses, Paris, 1924. Platine, diamants taille brillant, émeraudes et rubis taille suiffée, onyx Collection particulière © Van Cleef & Arpels
Broche, Paris, 1924. Platine, monture serti perlé, diamants taille brillant, rubis, saphirs et émeraudes taille suiffée, émail Collection Van Cleef & Arpels © Patrick Gries / Van Cleef & Arpels
Les années 1926 à 1939 sont marquées par une fructueuse collaboration entre Renée Puissant (fille d’Esther Arpels dite Estelle et Alfred van Cleef) qui prend en charge la direction artistique e t René Sim lacaze , dessina teur. Durant cette période, sont élaborées des techniques qui contribuent à asseoir définitivement la notoriété et le style de van Cleef & Arpels. De leur parfaite entente naît le nécessaire du soir minaudière. initié par Charles Arpels il remplace le sac du soir : cette boite oblongue et plate, conçue en or ou styptor, (alliage non précieux) ou laque est pourvue d’un dispositif aux combinaisons multiples qui permet à la femme moderne de ranger ses accessoires de beauté.
Minaudière, Paris, 1935. Or, laque, diamants taille brillant, platine Collection Van Cleef & Arpels © Patrick Gries / Van Cleef & Arpels
Autre innovation, la fameuse technique du Serti mystérieux, brevetée en 1933 est une véritable révolution : les pierres sont montées bord à bord sans griffes ni chatons, la monture disparaît à l’œil, donnant lieu à toute une série de bijoux. Bague boule, clip pivoine, plumes et chrysanthèmes sont élaborés ainsi.
En 1934, les premiers bracelets Ludo, dont le ruban est constitué d’un tissu d’or souple d’abord à motif de briquettes puis hexagonaux, font leur apparition.
Bracelet Ludo briquettes, Paris, 1934. Ancienne collection de Sacha Guitry. Or, diamants taille brillant, saphir taille cabochon, émail Collection Van Cleef & Arpels © Van Cleef & Arpels





























































































