54958057924093517_p2TcX1Wa_c

54958057924093522_CX4a6slu_c

54958057924093531_56cKVlOQ_c

Paire de fauteuils à dossiers plats sinueux, en hêtre mouluré, sculpté et doré. Epoque Empire.

Les accotoirs se raccordent au dossier par un motif en lotus stylisé, les montants avant balustres ornés d'égyptiennes ailées et se terminant par des pattes de félin. Les traverses agrémentées de pastilles. Un estampillé Jacob D. rue Meslée. Petits accidents et usures à la dorure. Renforts sur un des sièges. Garniture de soie cerise à motif de lyre et vase. Hauteur : 93cm ; largeur : 60cm ; profondeur : 64cm. Légères différences. Estimation : 10 000 / 15 000 €

Provenance : Collection du maréchal Davout. Probablement inventoriés en 1817 dans l'un des appartements du premier étage de l'hôtel de la rue Saint-Dominique à Paris, dit hôtel de Monaco. Probablement collection de Sir Charles Stuart (selon un ex-libris).

Cette paire de fauteuils a été menuisée dans les célèbres ateliers de Jacob-Desmalter situés rue Meslée à PARIS.
Toutefois, leur dessin est encore fortement marqué par les créations de l'atelier Jacob du temps de l'association des deux frères, entre 1796 et 1803, ce qui permet de les dater des tous premiers temps de la société Jacob-Desmalter, probablement vers 1803-1805.

Ainsi logiquement plusieurs sièges ou ensembles de sièges de modèles similaires, estampillés ou attribués Jacob Frères, sont connus ; citons notamment :
un fauteuil estampillé conservé au château d'Azay-le-Ferron (illustré dans D. Ledoux-Lebard, le mobilier français du XIXe siècle, dictionnaire des ébénistes et menuisiers, Paris, 2000, p.316 ; ainsi qu'une paire de causeuses provenant du deuxième salon de Madame Bonaparte au château de Saint-Cloud et conservée au château de Malmaison (voir J-P. Samoyault, Mobilier français Consulat et Empire, Paris, 2009, p.59, fig.84).

Enfin, pour un modèle de fauteuils quasi-identique, mais cette fois estampillé Jacob-Desmalter, voir l'exemplaire qui se trouvait anciennement dans la collection de Daniel Brunet de l'Institut (vente à Paris, Palais d'Orsay, Mes Couturier-Nicolay, le 15 février 1978, lot 79).

Ces sièges portent également des anciennes étiquettes permettant probablement de retracer une partie de leur provenance, notamment leur commanditaire.
C'est ainsi qu'une étiquette porte une mention incomplète indiquant : Mal Davou(t) 1er Etag(e)app(artement) du (?).

Cela semble indiquer qu'ils firent partie des collections du maréchal Davout et qu'il devait figurer dans l'un des appartements du 1er étage de son hôtel parisien situé rue Saint-Dominique, ancien hôtel de Monaco.
L'inventaire après décès du maréchal en 1823 qui aurait pu permettre d'avoir une description des différentes pièces de l'hôtel n'a malheureusement pas été conservé.
Cependant, un document daté de 1817 permet certainement de localiser les fauteuils présentés.
En effet, en 1817,
le maréchal et sa femme louèrent leur hôtel à Son Altesse Paul prince de Wurtemberg à hauteur de 100.000 francs pour trois années.

Annexé à ce bail, chose exceptionnelle, un inventaire fut dressé de l'ensemble du mobilier de la résidence, puisque la location comprenait également les meubles, sièges, pendules, lustres...

Une partie de l'inventaire est particulièrement bien réalisé décrivant avec une grande précision l'ensemble des pièces ; tandis qu'une seconde partie, qui correspond au 1er étage de l'hôtel, demeure beaucoup plus succincte ; c'est certainement dans ces brèves descriptions qu'il faut rechercher nos sièges.
Seules deux mentions pourraient correspondre :
six sièges garnis en même étoffe que les rideaux et les divans… sont mentionnés dans la chambre éclairée sur la cour et destinée à la Dame d'honneur, puis …six fauteuils… sont brièvement cités dans la chambre à gauche de l'escalier destinée au chevalier d'honneur.

Par la suite, selon une seconde étiquette figurant sur une traverse, ils firent partie des collections de Sir Charles Stuart, très certainement le 1er baron Stuart de Rothesay (1779-1845), brillant diplomate anglais qui fut nommé par deux fois ambassadeur d'Angleterre en France, entre 1815 et 1824, puis entre 1828 et 1831.

Louis-Nicolas d'Avout, dit Davout, duc d'Auerstaedt, prince d'Eckmülh (1770-1823)est un maréchal d'Empire, le seul à être resté invaincu en 1815, et l'un des plus grands chefs militaires de l'histoire de France.
Il fit ses études dans les écoles militaires d'Auxerre et de Paris, puis entra comme sous-lieutenant au régiment du Royal-Champagne en 1788.
Pendant les troubles révolutionnaires il se distingua par son audace et sa bravoure qui lui permirent d'obtenir des commandements importants.
Il participa à la campagne d'Egypte, puis fut nommé général de division en juillet 1800.

Il épousa Aimée Leclerc, belle-sœur de Pauline Bonaparte, et entra dans le cercle familial du Premier Consul.

Nommé maréchal en 1804, il participa à la plupart des grandes campagnes militaires et fut l'un des principaux soutiens de Napoléon.
Après la chute de l'Empire, Davout se soumit au gouvernement royal et remit le commandement de l'armée au maréchal Macdonald.
Il quitta Paris et se retira sur ses terres de Savigny.

Tout au long de sa carrière Davout reçut de nombreuses décorations honorifiques parmi lesquelles : Grand officier et Grand aigle de la Légion d'honneur, chevalier de Saint-Louis, chevalier de l'Ordre de la Couronne de fer, chevalier de l'Ordre du Christ…Il mourut le 1e juin 1823 et est enterré au cimetière du Père-Lachaise à PARIS.

Jacob-Desmalter : François-Honoré-Georges Jacob, dit Jacob-Desmalter (1770-1841), fils de Georges Jacob, menuisier de Louis XVI et de Marie-Antoinette.
Il se maria en 1798 avec la fille de Martin-Eloi Lignereux, célèbre bronzier, ébéniste et marchand parisien.
En 1803, après le décès de son frère aîné, Georges Jacob fils, la raison sociale Jacob Frères prit fin.
Georges Jacob père (1739-1814)revint aux affaires en s'associant avec son second fils.
Entre 1803 et 1813, c'est sous la raison sociale Jacob-Desmalter, qu'ils continuèrent à être les plus importants pourvoyeurs de pièces d'ébénisterie et de sièges en participant à l'ameublement des résidences impériales.

Parallèlement à ces prestigieuses commandes émanant du Garde-Meuble, ils entretenaient des liens privilégiés avec une riche clientèle française et européenne pour laquelle ils réalisèrent, dans leur atelier de la rue Meslée, quelques-unes des plus belles réalisations de l'époque.

Expert: Cabinet Dillee. Pousse Cornet - Valoir. Dimanche 14 octobre 2012. Hôtel des Ventes - 32, avenue Maunoury - 41000 Blois. Tel. (+33) 2.54.78.45.58 - pousse.cornet@wanadoo.fr