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Paire de chaises en hêtre sculpté et doré d'époque Louis XVI, attribuée à Georges Jacob et provenant du château de Fontainebleau - Photo Sotheby's

le dossier cintré et la ceinture à ressaut sculptés d'une frise de perles et de rais-de-coeur, reposant sur des pieds à cannelures rudentées et perlées, couronnés d'un panache de feuilles d'eau ; recouvertes de soie brochée à fond cramoisi. Quantité: 2. Haut. 91 cm, larg. 54 cm. Estimation: 30,000 - 50,000 EUR. Lot. Vendu 31,950 EUR

PROVENANCE: Commandée en 1786 pour le cabinet à la Poudre de Louis XVI au château de Fontainebleau

NOTE DE CATALOGUE
Les chaises du cabinet à la Poudre
Cette paire de chaises, bien que ne portant pas de marques de Fontainebleau, est d’un modèle identique à celles connues provenant du cabinet de Louis XVI dans ce même château. Le mobilier se composait de treize chaises dont « six à carreaux toutes couvertes de damas cramoisi à grands dessins ornées d’un galon d’or […] avec clous dorés et bois sculpté aussi doré, un écran à coulisse » (inventaire de 1792). Les sièges avaient été commandés en 1786 et décrits dans l’inventaire du château comme « les bois à la reine, cintre surbaissé, sculptés d’un rang de perles et moulurés de feuilles de persil, et dorés ». Par l’ordre n° 203 du 3 août 1786, Hauré avait reçu la commande « pour le cabinet à la poudre, pour la sculpture de douze chaises et une haute pour le Roy, les dites ornées de feuilles d’eau et perles, à raison de 16 livres par une ». Ce fut d’ailleurs Georges Jacob qui les fabriqua comme sous-traitant du menuisier J.B.C. Sené. Cette sous-traitance est confirmée par la présence de l’estampille de Jacob sur d’autres sièges des appartements de Louis XVI à Fontainebleau. Le doreur Julliac, quant à lui, factura son travail 819 livres. Sur ces treize chaises, hormis celles que nous présentons, quatre autres sont connues, estampillées de Jacob et portant la marque de Fontainebleau : elles figuraient dans l’ancienne collection de Madame Pierre Lebaudy (vente Ader-Delorme au Palais Galliera, le 15 juin 1962, lot 39, fig.1).

Le mobilier resta à Fontainebleau au début de la Révolution. Considéré comme précieux, il fut réservé, puis transporté à Paris. Les galons d’or qui le recouvrait furent décousus, puis brûlés pour en récupérer le métal précieux. Il semblerait que huit d’entre elles, recouvertes d’un lampas fond bleu dessin arabesque à cyclopes, ornèrent les appartements du Directeur Barras au Luxembourg. L’ensemble fut ensuite probablement dissocié, puis vendu.

 

Le cabinet à la Poudre de Louis XVI à Fontainebleau
Le cabinet fut bâti par Pierre Rousseau en 1785-1786 lorsque le roi désira avoir ses appartements intérieurs au premier étage du château, donnant sur le jardin de Diane (fig. 2). La galerie François Ier fut alors doublée, ce qui permit de créer cinq pièces principales, dont un cabinet à la Poudre, un cabinet de retraite, une bibliothèque, puis une salle de bains, ainsi qu’une chambre de repos après le bain. Situé à côté du cabinet du Conseil, le cabinet à la Poudre devint sous l’Empire la chambre de Napoléon. Le peintre anversois Piat-Joseph Sauvage peignit les dessus de portes, le sculpteur bellifontain Pierre-Joseph Laplace et son collègue Philippe-Laurent Roland participèrent sous la direction de Pierre Rousseau aux travaux de décoration.

 

Le mobilier du cabinet à la Poudre
Quant au mobilier, deux commodes de Joubert provenant du salon des Nobles de Marie-Antoinette à Versailles, ainsi qu’une paire de consoles livrées en 1786 par Benneman et assorties aux deux précédentes commodes, constituaient l’ameublement du cabinet (ill. dans Le château de Versailles raconte le Mobilier national, cat. expo., Paris, 2011, p. 111). 

Trois paires d’appliques à trois branches, à décor de vases, guirlandes et feuilles, une paire de chenets à feuilles de vigne, un fauteuil à poudrer et une pendule fastueuse complétaient la décoration de cette pièce.

Sotheby's. Important Mobilier, Sculptures et Objets d'Art. Paris | 09 nov. 2012 www.sothebys.com