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Pendule  rocaille « au chinois ». Paris, époque Louis XV. Photo Kohn

Bronzes attribués à Robert Osmond (1713-1789) Reçu Maître Fondeur en 1746 et Jean-Baptiste Osmond (1742-après 1790) Reçu Maître Fondeur en 1764. Mouvement par Edme-Jean Causard (vers 1720-1780) Horloger Privilégié suivant la Cour vers 1753. 

Bronzes dorés, émail, métal et verre Signé CAUSARD / A PARIS, visible sur le cadran Porte des marques au « C » couronné. H. 87,5 cm, L. 44,5 cm, P. 24 cm - Estimation : 180 000 / 300 000 €

Quintessence de l'art rocaille et de l'attrait pour la chinoiserie et l'exotisme à l'époque de Louis XV, la pendule, de dimensions imposantes, présente une luxuriante boîte ajourée de forme violonée à volutes festonnées en bronze ciselé et doré.
Elle enferme dans sa partie supérieure un cadran circulaire émaillé blanc, signé CAUSARD A PARIS, à chiffres romains indiquant les heures, et arabes pour les minutes.

Le cadran, orné d'aiguilles en bronze gravé et repercé est protégé par une lunette en verre à encadrement mouluré de bronze.
Il est ceint d'une large bordure festonnée, enrichie de canaux, partiellement ajourée et à contours déchiquetés.
On observe deux volutes sur lesquels reposent un dragon à gauche et un singe chapeauté et habillé à droite, tous deux fixant un imposant personnage chinois couronnant l'ensemble.

Ce dernier, également coiffé d'un chapeau, tient une ombrelle de sa main droite.
Il est assis de côté, jambes croisées, accoudé sur un piédestal rocaille asymétrique orné en façade d'une palmette festonnée à canaux.

La partie inférieure de la pendule est composée d'une base formée de trois volutes festonnées à enroulements en forme de « C », les deux volutes latérales surmontées d'une indienne à gauche et d'une chinoise à droite, toutes deux assises et tenant un éventail.

La partie centrale sous le cadre est ornée d'un bouquet d'acanthes d'où émerge une branche feuillagée et asymétrique rehaussée de graines.
Deux cartouches asymétriques et ajourés à grilles ornent les petits côtés de la pendule, flanqués de luxuriantes bordures rocaille, festonnées et également feuillagées d'acanthes et de graines.
Une pendule rocaille en bronze doré, attribuée avec certitude aux fondeurs Robert et Jean-Baptiste Osmond et présentant exactement le même singulier personnage chinois couronnant son faîtage, ornée d'un cadran signé GUDIN A PARIS, est reproduite dans l'ouvrage de Hans Ottomeyer et de Peter Pröschel, Die Bronzearbeiten des Spätbarock und Klassizismus, publié à Munich en 1986.
Un exemplaire de ce modèle, signé OSMOND - plutôt rare dans le domaine du bronze au XVIIIe siècle - fut vendu à Paris en 1968.

Cet engouement pour l'exotisme et les « chinoiseries » s'exprima dans de nombreux domaines artistiques. Peinture, sculpture, arts décoratifs puisèrent de nouveaux thèmes dans le répertoire iconographique oriental.
En horlogerie, de nouveaux modèles apparaissent. Eléphants, lions, dromadaires ou personnages chinois peuplent les pendules d'une grande finesse d'exécution. Né à Audeloncourt dans la Haute-Marne vers 1720, Edme-Jean Causard compta parmi les grands horlogers actifs à Paris sous Louis XV. Ouvrier libre avant 1750, il fut nommé Horloger privilégié suivant la Cour dont le nombre était à cette époque fixé à quatre.
Il utilisa de nombreuses caisses de pendules que lui fournirent l'ébéniste Nicolas-Jean Marchand, mais aussi les ébénistes Antoine Foullet, Nicolas Petit, François Goyer, Jean-Pierre Latz, Adrien Jollain, Louis Moreau, ou encore Fortin, ainsi que les fondeurs Nicolas Bonnet, Jean-Joseph de Saint-Germain, René-François Morlay, Edme Roy, sans oublier les Osmond. Causard collabora également avec l'horloger Jacques de La Feuille, et se fournissait en ressorts chez Richard.

Il travailla avec de nombreux marchands, dont le miroitier Giraud, rue du Grand Hurleur, Stuart, marchand rue Saint-Honoré, Mitte, tapissier, Charles-Antoine Ravary, également tapissier, rue de Bourbon, ainsi qu'avec plusieurs de ses confrères dont Leclerc, horloger rue de Seine, Pierre Henin Le Chainquet et Debeu.
En 1770, il était établi rue Saint-Honoré à l'enseigne de l'Hôtel d'Angleterre.
Ses pendules figurèrent chez l'impératrice Elisabeth de Russie, le maréchal de Duras, les marquises de Langeac et de Massiac, ainsi que chez le fameux collectionneur Augustin Blondel de Gagny, intendant et contrôleur général de l'Argenterie, des Menus plaisirs et des Affaires de la Chambre. Edme-Jean Causard s'éteignit à Paris le 14 août 1780.
Son neveu, Jean-Baptiste Royer, lui succéda le 23 août de la même année.
Son frère, Georges (Maître en 1750, mort après 1789), horloger comme lui, exerçait dans l'enclos des Quinze Vingts en 1770.
Des pendules signées Causard sont aujourd'hui conservées au château de Versailles, dans les collections royales suédoises, au château de Nymphenburg, ainsi que dans les collections du Würtembergisches Landesmuseum, à Stuttgart, au musée des Beaux-arts de Rouen, et au Israël Museum, à Jérusalem.

RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES: Louise Philippe, Edme Causard horloger privilégié suivant la Cour, L'Estampille - L'Objet d'Art, n° 235, avril 1990, p. 52-57
Hans Ottomeyer et Peter Pröschel, Vergoldete Bronzen, Die Bronzearbeiten des Spätbarock und Klassizismus, voL I, Munich, 1986, p. 129, fig. 2.8.18

Kohn. Vendredi 16 novembre 2012. Drouot Richelieu - Salle 1 - 9, rue Drouot - 75009 Paris