deux_mystiques_enivrant_1353322357997365

Deux Mystiques s'enivrant, signé Mohammad Yûsuf , Isfahan, milieu du XVIIe siècle. Photo Kapandji Morhange

Dessin à l'encre noire et légère polychromie rehaussé d'or sur papier, représentant deux mystiques soufis partageant une coupe de vin dans un paysage.
Le premier ivre porte une large ceinture en étoffe jaune, et le second, coiffé d'un bonnet de fourrure, porte un châle dessiné à l'encre rouge sur ses épaules.
Le sol est fleuri d'iris, et l'arrière-plan est occupé par un rocher et un arbre feuillu sur fond nuageux.
Le dessin est coupé par un unwân rapporté en polychromie et or.
Signé au milieu à gauche Mashq-hu-Mohammad Yûsuf
(Petites tâches, une restauration, et unwân encollé et très altéré rajouté à une date ultérieure.)
Dim. : 22,5 x 10 cm. Estimation : 20 000 / 30 000 €

Héritier du style de Reza Abbasî (m. 1635), Mohammad Yûsuf al-Husaynî (m. 1666) est considéré comme l'un des plus célèbres artistes du XVIIe siècle persan, aux côtés de Mohammad Qâsim et Mu'in Musavvir.
Son parcours reste cependant assez méconnu.
Il commença visiblement sa carrière de peintre dessinateur à Hérat, sous le patronage de Hasan Shamlû, avant de rejoindre Isfahan après le décès de ce premier patron.
À ce jour, seule une vingtaine de dessins et peintures est signée de sa main et a été identifiée, dont un dessin signé et identifié récemment, vendu par Sotheby's, Londres, 25 avril 2012, lot 478.

L'oeuvre de Mohammad Yûsuf se caractérise par la vigueur du trait, la luminosité de sa palette, ainsi que par sa façon de représenter de hautes figures gracieuses, au visage bien proportionné.
Le dessin rehaussé de couleur présenté ici en est une vive illustration.
Il peut notamment être rapproché du Derviche tenant un rosaire conservé au musée de l'Hermitage sous le numéro d'inventaire VP 740/XXV, et publié dans le catalogue de l'exposition Heaven on Earth. Art from Islamic Lands, Londres, 2004 ainsi que du Jeune homme assis contre un saule , conservé au Musée du Louvre sous le numéro d'inventaire MAO 836 et publié dans le Chant du monde, l'art de l'Iran Safavide, 1501-1736, Paris 2007, n° 45, de A. S. Melikian Chirvani.
Les deux mystiques représentés pourraient appartenir à la branche mystique qalandariyya, très répandue en Iran pendant la période safavide.
En effet, le crâne rasé du premier, son écharpe jaune nouée autour de la taille et son état d'ébriété, de même que le bonnet en poils du second sont autant d'attributs des soufis suivant cette tariqa.
Cependant, ils portent moustaches et barbe, et leurs sourcils n'ont pas été rasés, comme l'a pourtant institué l'un des grands cheikh du mouvement, Jamâl al-Dîn al-Sawî, mort pendant la seconde moitié du XIIIe siècle.

Sur l'artiste et l'école d'Isfahan voir M. Farhad, Safavid Single Page Painting, 1629-1666, Cambridge, 1987 ;
S. Makariou (dir.), Les arts de l'Islam au Musée du Louvre, 2012, n° 275 p. 453 ;
et I. Stchoukine, Les peintures des manuscrits de Shah Abbâs Ier à la fin des Safavis, Paris, 1964.
Sur la voie soufie qalandariyya voir l'article de l'Encyclopédie de l'Islam qui lui est consacré, voL.4, p. 472-474
Héritier du style de Reza Abbasî (m.
1635), Mohammad Yûsuf al-Husaynî (m.
1666) est considéré comme l'un des plus célèbres artistes du XVIIe siècle persan, aux côtés de Mohammad Qâsim et Mu'in Musavvir.
Cependant, son parcours reste assez méconnu.
Il commença visiblement sa carrière à Hérat, sous le patronage de Hasan Shamlû, avant de partir pour Isfahan après le décès de celui-ci.
A ce jour, seule une vingtaine de dessins et peintures est signée de sa main, notamment conservés au musée de l'Hermitage.

L'oeuvre de Mohammad Yûsuf se caractérise par la vigueur du trait, la luminosité de sa palette, ainsi que par sa façon de représenter de hautes figures gracieuses, au visage bien proportionné.
Le dessin rehaussé de couleur présenté ici en est une vive illustration.
Ils peuvent notamment être rapprochés du Derviche tenant un rosaire conservé au musée de l'Hermitage sous le numéro d'inventaire VP 740/XXV, et publié dans le catalogue de l'exposition Heaven on Earth. Art from Islamic Lands, Londres, 2004.
Voir également le Jeune homme assis contre un saule , conservé au Musée du Louvre sous le numéro d'inventaire MAO 836 et publié dans (réf splendeurs persanes).
Sur l'artiste et l'école d'Isfahan voir également M. Farhad, Safavid Single Page Painting, 1629-1666, Cambridge, 1987 ;
S. Makariou (dir.), Les arts de l'Islam au Musée du Louvre, 2012, n°275 p. 453 ;
et I. Stchoukine, Les peintures des manuscrits de Shah Abbâs Ier à la fin des Safavis, Paris, 1964.

Kapandji Morhange. Vendredi 30 novembre 2012. Drouot Richelieu - Salle 5 - 9, rue Drouot - 75009 Paris Tel. 01 48 00 20 05