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Exceptionnelle commode formant présentoir d'objets précieux. Attribué à Mattyjs Horrix (Looberich, 1735 - La Haye, 1809), Hollande, vers 1765-1770. Photo Kohn

Bâti de chêne, bois de rose, amarante, acajou et bois teinté vert, bronzes dorés et cuir. H. 87 cm, L. 130 cm, P. 66 cm - Estimation : 130 000 / 150 000 €

Cette commode de forme galbée ouvre en façade à deux tiroirs à traverses de soutien dissimulées.
Au centre, dans un cartouche, se détache un superbe décor marqueté d'une scène animée de personnages élégants en train de converser au milieu d'un paysage verdoyant et de papillons.

Le fond de ce tableau est composé de losanges ponctués de cubes.
Des motifs de coeur sont présents aux quatre angles.
Sur les panneaux latéraux apparaît une nature morte dans un médaillon émergeant d'une marqueterie de cubes.

Ce décor est complété par une élégante ornementation de bronzes ciselés et dorés de style rocaille telles entrées de serrure et poignées de tirage.

Une large feuille d'acanthe ajourée

PROtège l'arête des montants et se prolonge sur les sabots garnissant les quatre pieds du meuble.

Le plateau est orné d'un trophée de musique marqueté posé sur un entablement.

Il est encadré de rinceaux feuillagés et se détache sur un fond géométrique similaire à celui de la façade. Ouvert, il démasque un vaste espace de rangement destiné à contenir de la vaisselle et autres objets précieux que le propriétaire pouvait exposer aux yeux de ses convives grâce aux deux étagères rétractables situées sur l'intérieur du panneau.
Deux tirettes latérales tendues de cuir forment écritoire.

Cette commode à transformation peut ainsi prendre l'apparence d'une véritable crédence au milieu d'un vaste salon.

La qualité et l'originalité de ce meuble, tant dans sa forme que par son décor permet de l'attribuer à l'un des plus éminents ébénistes hollandais du XVIIIe siècle, Mattyjs Horrix.
Devenu membre de la Guilde des ébénistes de la Haye et citoyen de cette même ville, Horrix y développa un superbe atelier dont la production sut séduire une riche clientèle.
Son art était très apprécié en particulier auprès de la Cour du Stadhouder William V duquel il reçut de nombreuses commandes.
Son atelier, appelé « A la commode de Paris » traduit toutes les influences françaises et notamment du style Louis XV, visibles dans ce meuble et dans une grande partie de son OEuvre. Plusieurs de ses réalisations sont conservées dans les collections de la Reine Beatrix des Pays-Bas et au Ryjksmuseum d'Amsterdam.

Une très grande majorité de l'OEuvre de Mattyjs Horrix n'est pas estampillée et seules des attributions à ce maître demeurent possibles par comparaison. Dans une commode exécutée par l'entourage de cet ébéniste, certainement réalisée d'après un modèle de ce dernier, aujourd'hui conservée au Rijksmuseum d'Amsterdam, et datée vers 1765-1770, on retrouve de grandes similitudes avec le meuble que nous présentons.

On observe ce même fond marqueté de losanges aux contours soulignés de bois clair ponctué de fleurettes.

Le galbe général de la commode est également très accentué, tant en façade que sur les côtés.

Un large cartouche central se développe sur les deux tiroirs pour encadrer le motif principal.

La découpe du tablier, très prononcée, est aussi équivalente tout comme l'emploi raisonnable de bronzes ciselés et dorés traités en ajours, inspirés du style rocaille qui complètent l'ornementation du meuble.

Les meubles exécutés par Horrix se démarquèrent de ceux de ses contemporains car il fut le premier à introduire en Hollande le grand style Louis XV français en matière d'ébénisterie.

Kohn. Mardi 5 mars 2013. Hôtel Le Bristol - Salon Castellane - 112, rue du Faubourg Saint Honoré – 75008 Paris - www.kohn.fr