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Très importante garniture de trois vases d' Augustus Rex , circa 1730 en porcelaine de Meissen. Vers 1728-1733. Photo Osenat Fontainebleau

à décor polychrome d' «indianische blumen». Elle comprend un vase couvert de forme ovoïde avec deux oiseaux posés sur une branche de bambou, sur l'autre face une grue posée sur un tertre et au dessus un phénix en vol. Au col, feuillages et fleurs et à la base, trois réserves de pivoines bordées d'un filet vert. Ces réserves se détachent sur un fond de pétales ocres ornées de pivoines violines et rouges. Filets or sur les bords. Prise du couvercle en forme de bouton à fond or. Les deux vases cornets à renflement sont décorés d'un oiseau posé sur une branche de bambou entouré de pivoines et sur l'autre face d'un phénix en vol. Au col, un oiseau branché entouré de pins, de fleurs de prunus, de chrysanthèmes, de papillons et d'un oiseau en vol. A la base, trois réserves avec fleurs de prunus, pins, pivoines et rochers fleuris bordées d'un filet or. Ces réserves se détachent sur un fond de quadrillés rouges et violines, agrémentés de pivoines. Les trois vases sont marqués AR en bleu sous émail. Vers 1728-1733. Hauteur du vase couvert: (A) 55,5 cm. Hauteur des deux vases: (B) 47 cm et (C) 46 cm. Estimation: 100 000 / 150 000 €

Provenance : Probablement commandées pour le palais Japonais de Dresde par Auguste II, roi de Pologne. Collection de la Marquise de Parabère, maîtresse du Régent. Depuis lors, dans sa descendance.

Exposition : Musée National de Céramique à Sèvres « Porcelaines de Saxe » du 4 juillet au 1 septembre 1952 , sous le numéro 64.

Depuis la Renaissance, la beauté de la porcelaine extrême-orientale exerçait sur les cours européennes une telle fascination qu'on lui attribuait même des pouvoirs magiques. Auguste II, dit le Fort, électeur de Saxe et roi de Pologne n'échappait pas à cette passion pour la porcelaine. Lors de son grand tour à travers l'Europe, il fut très certainement influencé par la beauté des cabinets de porcelaine des princes européens, par la cour de Versailles et par les châteaux royaux d'Oranienburg et de Charlotteburg en Prusse. A Amsterdam, le comte Pietro Roberto von Lognasco (1659-1742) fournissait ce dernier par séries et services entiers de porcelaines de Chine et du Japon, qui avaient été acheminés par la Compagnie unie des Indes orientales aux Pays-Bas. Auguste le Fort était probablement un de leurs plus importants clients. Sa passion allait devenir légendaire avec l'échange au printemps 1717 d'un régiment de six cents cavaliers saxons offerts à Frédéric-Guillaume 1er de Prusse, en contrepartie d'une livraison de cent cinquante et une pièces de porcelaine bleue de Chine provenant des riches collections d'Oranienburg et de Charlottenburg. Les dépenses de l'Electeur de Saxe étaient si somptuaires, il lui en coûta 1.000 000 thalers lors des premières années de son règne (1697-1733), que l'on en vint à comparer la porcelaine à un «bol sanglant de la Saxe». En 1726, Auguste le Fort écrivait au comte Flemming; «Ne savez-vous pas qu'il en est des oranges comme des porcelaines, que ceux qui ont une fois la maladie des unes ou des autres ne trouvent jamais qu'ils en aient assez et que plus ils en veulent avoir». Il devint urgent à l'Electeur de Saxe de trouver la bonne formule de cette pâte pour fonder une manufacture qui pouvait se substituer à ces porcelaines extrême-orientales si onéreuses; La recherche de l'or demeurait également une préoccupation essentielle pour ce prince avide de pouvoir et de richesses. Alerté des connaissances en alchimie d'un certain prussien Johann Friedrich Böttger, il décida manu militari, d'emprisonner ce dernier successivement dans un château à Dresde puis à Meissen afin que son protégé puisse y poursuivre dans le plus grand secret ses recherches sur l'or. Aidé du mathématicien et physicien von Tschirnhauss (1651-1708), les aléas de ses expériences le conduiront contre toute attente à la découverte en 1709 de la formule de la porcelaine dure. Cette nouvelle «porcelaine blanche» réunissait les qualités tant recherchées de la porcelaine extrême-orientale; blancheur dans la masse, transparence de la pâte et une couverte très dure qui justifiait son appellation de porcelaine dure. Les monts Métallifères de la Saxe possédaient des gisements de cette argile blanche, le kaolin qui permettait cette nouvelle formule révolutionnaire. Convaincu par les résultats des expériences de Böttger, Auguste le Fort fondait le 23 janvier 1710 la manufacture de porcelaine de Dresde, transférée quelques mois plus tard pour des raisons de sécurité à Meissen. La direction artistique fut confiée à l'orfèvre de la cour de Dresde, Johann Jakob Irminger (1635-1724). On doit au peintre Johann Gregorius Höroldt (1696-1775), venu de Vienne en 1720, l'application des couleurs «petit feu», des fonds colorés, des chinoiseries et des «indianische Blumen» d'inspiration japonaise. A partir de la deuxième moitié des années 1720, la marque bleue des épées entrecroisées apparaîtra en grande majorité sur l'ensemble des objets sortis des fours. En ce qui concerne la marque AR, elle fut appliquée à partir des années 1720 sur les pièces commandées par Auguste le Fort, plus particulièrement sur les vases et cela jusqu'à la mort d'Auguste III en 1756.

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Frédéric-Auguste de Saxe, dit « le Fort ».

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Parallèlement et à l'imitation des Empereurs japonais et chinois, qui selon l'imaginaire de l'époque vivaient dans des palais en porcelaine, Auguste le Fort dans sa volonté de suprématie décide de transformer en 1727 le palais hollandais de Dresde en un gigantesque château des porcelaines, appelé dès lors «Palais Japonais». Ce premier bâtiment dit hollandais fut probablement construit en 1715 par le comte Flemming à la demande du roi et vendu à ce dernier en 1717. Son appellation faisait référence à la porcelaine et aux objets hollandais qui y étaient abondamment présentés. La construction d'un deuxième «palais japonais» sur les fondations du premier est probablement le projet le plus ambitieux d'Auguste le Fort car sa portée devait être non seulement esthétique mais également politique et avait pour vocation d'être ouvert au public. Ce palais comportait 32 pièces, disposées suivant l'étiquette de la cour. La couleur utilisée pour chacune des pièces symbolisait une qualité ou un état: le rouge représentait le pouvoir, le vert l'humilité, le jaune la splendeur, le bleu la divinité et le pourpre l'autorité. La disposition des porcelaines n'obéissait pas qu'aux seuls critères esthétiques mais répondait aussi à des principes scientifiques. La provenance était prise en compte, séparant les porcelaines extrême-orientales du rez-de-chaussée de celles de la manufacture de Meissen disposées à l'étage supérieur; habile manière pour souligner la suprématie de cette dernière sur sa rivale extrême-orientale. Dans cette volonté de souligner l'hégémonie de la Saxe, le programme iconographique du plafond de la galerie de l'Elbe représentait l'allégorie de la Saxe faisant face à celle du Japon, laquelle était couronnée par Minerve pour l'excellence de ses porcelaines tandis qu'une personnification de la jalousie et du dépit contraignait le Japon à renvoyer ses vases en Extrême-Orient. Un grand nombre de pièces, 35 798, avaient été commandées à la manufacture de Meissen et devaient être présentées sur toutes les surfaces disponibles voire même devaient être disposées sur des consoles et des appliques ou enchâssées dans les motifs de plâtre ou de stuc du décor. Malheureusement, avec la mort d'Auguste le Fort le 1er février 1733, ce projet si d'ambitieux et d'un raffinement à l'image de son instigateur resterait inachevé.

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Philippe de France, duc d'Orléans appelé aussi Philippe d'Orléans.

La Marquise de Parabère Marie-Madeleine de Parabère, fille du marquis de la Vieuville, gouverneur du Poitou, et de Marie-Louise de la Chaussée d'Eu, dame d'atours de la duchesse de Berry naquit à Paris le 6 octobre 1693. Elle est la grande favorite du Régent et par sa beauté s'inscrit dans la lignée des femmes de sa famille. Au lendemain de ses huit ans, elle est mariée à César-Alexandre de Baudéan, marquis de Parabère de trente ans son aîné, quelque peu falot. Cette union ne pouvait satisfaire cette femme qui libérée de la surveillance de sa défunte mère put donner libre cours à son désir de liberté. Son charme, sa gaité, son goût pour les plaisirs ne pouvaient que s'accorder au tempérament du Régent et conquérir le coeur de ce dernier. Cette idylle commença en 1715, dura cinq ans et donna naissance à deux ou trois enfants que le Régent ne reconnut pas en raison de la nature volage de sa maîtresse. On prête effectivement à la marquise de Parabère de nombreux amants; lord Bolingbroke, le chevalier de Matignon (après 1715), Nocé, Clermont, Beringhen en 1720, Monsieur de la Mothe-Houdancourt en 1728 et le prestigieux Duc de Richelieu, dont elle fut très sincèrement éprise sans que la réciproque soit vraie. Elle eut dans le coeur du Régent, une place tout à fait privilégiée, que l'on pourrait comparer à celle de Madame de Montespan pour Louis XIV. Belle, enjouée, aimant avant tout le plaisir et ne pensant qu'à se divertir, l'ambition et la cupidité lui étaient étrangères. «Elle se donna mais ne se vendit pas». Aux dires de la mère du Régent, «elle aimait le Régent pour lui, elle recherchait en lui le convive charmant, l'homme aimable». En galant homme, le Régent aimait prévenir le moindre désir de ses maîtresses, auquel il répondait par des prodigues libéralités. Sachant que la Marquise de Parabère avait le goût des porcelaines, il n'eût de cesse de lui en offrir. Il lui en coûta dix-huit cent mille livres. Son «petit corbeau noir» comme aimait l'appeler le Régent eut un large crédit sur l'esprit de ce dernier qui la savait «insouciante et désintéressée». En 1720, lassée des infidélités de ce dernier, elle décide de rompre et s'oriente vers une vie plus assagie. Faute d'argent, sa tentative de mariage avec le duc de Brancas échoua. Après 1739, elle se retira tout à fait du monde et mourut à Paris le 13 août 1755. L'attachement que le Régent éprouvait pour sa maîtresse est notamment illustré dans le tableau de Jean Baptiste Santerre au château de Versailles aux dimensions imposantes (2,57x400) représentant le Régent et la marquise sous l'apparence de Minerve. Le Régent Philippe II, duc d'Orléans, né le 2 août 1674 à Saint-Cloud et mort le 2 décembre 1723 à Versailles, duc de Chartres puis duc d'Orléans en 1701, est le fils de Philippe de France, frère de Louis XIV et de sa seconde épouse, la princesse Palatine Charlotte- Elisabeth de Bavière (1652-1722). De son mariage avec mademoiselle de Blois, bâtarde légitimée de Louis XIV, naquirent huit enfants cependant cette union ne fut pas très heureuse. Malgré ses qualités militaires et la bravoure dont il fait preuve lors de la guerre de Succession d'Espagne, il est écarté des successions. Le roi Louis XIV lui reproche son comportement libertin et des soupçons planent sur lui quant à la mort du Dauphin et de sa famille. A la mort de Louis XIV en 1715, il revient au duc d'Orléans la Régence du royaume, pendant la minorité de Louis XV. Cette période de la Régence se caractérise par de nouvelles orientations politiques et économiques. Le Palais Royal où le Régent réside devient le coeur de la vie politique et artistique, supplantant ainsi Versailles. Il se transforme également en un lieu de débauche avec les soupers que le Régent y organise, recevant à sa table les plus «roués» de Paris, (appellation pour ceux qui méritaient le supplice de la roue). La présence de sa fille aînée, Marie-Louise Elisabeth d'Orléans et son attitude tout aussi scandaleuse, devinrent les sujets de prédilection des chansons satiriques de l'époque qui allèrent jusqu'à faire courir des rumeurs sur les relations particulières du Régent et de sa fille.

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Dernier cadeau diplomatique d'Auguste le Fort, pour la reine Ulrika Eleonora de Suède. Une garniture de cinq vases de tailles différentes commandée en 1733 et livrée après la mort d'Auguste le Fort en 1734, comprenant un vase couvert et quatre vases cornets de tailles différentes, conservés au Nationalmuseum de Stockholm. Inv: NMK 125/1940, NMK 658-9 et NMK 1322-3

In the National Museum of Stockholm: A group of five vases of different sizes ordered by Augustus The Strong in 1733 and delivered after his death in 1734 as a diplomatic gift consisting of one covered vase and four cornet shaped vases. Inv. NMK 125/1940, NMK 658-9 et NMK 1322-3.

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Une paire de vases cornets à décor de fleurs des Indes vers 1733 provenant de la collection Lesley et Emma Sheafer conservée au Métropolitain Museum de New York. (don 1973) Inv: 1974-356.505

In the Metropolitan Museum A pair of cornet shaped vase with Indian flowers decoration around 1733 coming from the Lesly and Emma Sheafer collection (donation 1973). Inv: 1974-356.505.

Bibliographie: - Die Galerie der Meissener Tiere: Die Menagerie Augusts des Starken fur das Japanische Palais in Dresden, Samuel Wittner - Fragile Diplomaty: Meissen porcelain for european courts 1710-1763, Maureen Cassidy-Geiger

A very rare garniture of three meissen augustus rex vases, circa 1730 decorated with polychrome «Indianische blumen». It consists of an oval covered vase decorated with two birds sitting on a bamboo branch on one side, and on the other side with a crane standing on a mound and above it a flying phoenix. Leaves and flowers adorn the neck of the vase and on the base, three reserves with a green thread enhanced with peonies. These reserves contrast with an ochre petalled background with purple and red peonies, and have gold edgings. The knob of the lid has a green background. The two cornet bulged shaped vases are decorated with a bird sitting on a bamboo branch surrounded by peonies, and on the other side a phoenix in flight. On the neck a bird sitting on a branch surrounded by pines, plum blossom, chrysanthemum, and a bird in flight. On the base, three reserves with plum blossom, pine trees, peonies and flowering rocks with gold edging. These reserves stand out on a red and purple cross hatching with peonies. The three vases are marked AR in underglaze-blue. Hight of the covered vase: (A) 55,5 cm. Hight of the two vases: (C) 46 cm. and (B) 47 cm.

Provenance: Probably commissioned for the Japanese Palace, Dresde by Augustus II, King of Poland. Marquess de Parabère collection, the Régent mistress. Thence by descent. Exibited: Musée National de Céramique, Sèvres, “Porcelaines de Saxe” from July the 4th to September the 1st 1952, under number 64.

Osenat Fontainebleau. Collection du prince Victor NAPOLéON et de la Princesse Clémenti. Dimanche 24 mars à 14h30 à Fontainebleau. 5, rue Royale, 77300 Fontainebleau. Tél. : 01 64 22 27 62 - Fax : 01 64 22 38 94 - contact@osenat.com