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Très grande Commode tombeau en arbalète. Attribuée à Gaudreaus, France, début du XVIIIe siècle. Photo Europ Auction

Elle ouvre a quatre tiroirs sur trois rangs, les montants latéraux a panneaux en ressaut, les coins de la façade légèrement pincés recouverts de bustes de femmes “à l’espagnolette” en bronze dore et prolonges jusqu’aux sabots.
Les lignes sont soulignées de canaux de laiton, et le tablier orne d’une tète rayonnante et de feuilles déchiquetées, comme les entrées de serrure en écusson, et les poignées mobiles.
La marqueterie est composée d’un fond de placage bordant sur les tiroirs et les cotes un frisage en lattis.
Plateau de marbre Campan rouge. H 88, L 150, P 63 cm. Estimation : 50 000 / 60 000 €

Les commodes naissent au début du XVIII° siècle, dues au génie d'André- Charles Boulle, qui en fixe le canon. Avec la Régence, les lignes se contournent et apparaissent les premières “ tombeau ” : imposantes, façade légèrement cintrée, divisée en trois parties égales, avec une zone intermédiaire renflée, et renforcée par des baguettes en canaux... “ quelques unes peu nombreuses et plus originales dessinent une ligne en arbalète ” (P. Kjellberg).

Notre commode présente un type de marqueterie, caractéristique des années 1730-1740, qui évoque l’oeuvre d’Antoine-Robert Gaudreaus (1682-1746). Établi au centre de Paris, a l’enseigne du “Cabinet d’Italie”, il devient fournisseur du Garde-Meuble de la Couronne des 1726.
Il livre en 1738 le fameux médailler pour le cabinet intérieur du Roi à Versailles, et année suivante la COMMODE de sa chambre.
Il travaille principalement des placages en bois de violette, avec des effets géométriques, en croisillons et pointes de diamants (comme sur notre commode, et les deux meubles royaux précités) ou à ailes de papillon.
Si les meubles royaux possèdent des bronzes très “gras”, Gaudreaus les dispose d’une façon plus sobre sur les autres, se limitant à des poignées et des entrées de serrure, et, pour les plus beaux, a des “ encoignures ” (chutes d’angles).
Les commode constituent sans doute l’essentiel de sa production (près de la moitie), et c’est indubitablement celle ou il excelle.
Parmi elles, seules une centaine sont en marqueterie, et destinées a une clientele plus que fortunée, recrutée dans l’aristocratie de cour. outre la famille royale, on y rencontre évidemment le duc d’Antin (Surintendant des bâtiments, et véritable ministre de la Culture avant la lettre), mais aussi le duc de Saint-Simon et son gendre, duc de Valentinois (Grimaldi), etc.

Europ Auction. Vendredi 31 mai 2013. Drouot Richelieu - Salle 1 - 9, rue Drouot - 75009 Paris