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Vénus confisquant les armes de l'Amour et Pâris et son chien. Deux groupes en bronze très finement ciselé et patiné. Epoque Louis XIV. Photo Thierry De Maigret

(légères usures ou griffures à la patine) H: 43 et 45 cm. Estimation : 100 000 - 120 000 €

Cette rarissime paire de statuettes en bronze patiné, dont le thème est lié à la déesse Vénus, témoigne une nouvelle fois de l'exceptionnelle inventivité dont firent preuve certains grands sculpteurs français de la fin du XVIIème siècle ou du début du siècle suivant. L'iconographie du jeune berger Pâris fait référence au choix qu'il dût faire, symbolisé par la pomme, et qui conduira à la guerre de Troyes et à la chute de cette cité d'Asie Mineure; thème rarement traité en sculpture à cette époque. Vénus désarmant l'Amour en lui confisquant son carquois fut lui maintes fois décliné, particulièrement en bronze, par certains artistes du temps; voir notamment un groupe, attribué à Corneille Van Clève (1645-1732), exposé à New York il y a quelques décennies (The French Bronze 1500 to 1800, M. Knoedler & Co, New York, 1968, catalogue n°43b), mais d'une composition différente de celle de l'exemplaire proposé. L'auteur des groupes originaux, peut-être en marbre, est resté anonyme, le traitement stylistique des figures peut toutefois nous faire penser à un sculpteur tel Robert Le Lorrain (1666-1743) qui affectionnait tout particulièrement ces sujets puisant directement dans la mythologie classique; mais signalons qu'un groupe figurant le printemps, attribué à l'atelier des Gobelins, reprend un dessin quasiment identique à celui de Vénus et l'Amour (illustré dans A. Gibbon, Bronzes français du Grand Siècle, 1985, p.64, fig.84).

A notre connaissance seuls un exemplaire isolé figurant Vénus et l'Amour et une paire de compositions identiques sont connus: le premier, figurant uniquement Vénus désarmant l'Amour, repose sur une basse néoclassique en bronze ciselé et doré; il a été vendu à Paris, Me Etienne Ader, Palais Galliera, le 4 décembre 1963, lot 21, puis fut représenté lors de la dispersion de la collection Georges Heine (vente à Paris, Me Ader, Palais Galliera, le 23 mars 1971, lot 73); enfin, le second qui comprend les deux groupes se trouvait anciennement dans la collection de la marquise de Ganay, née Ridgway; la lance du berger Pâris était manquante et chaque statuette reposait sur un socle en marqueterie Boulle rehaussé de motifs en bronze ciselé et doré (vente à Paris, Me Lair- Dubreuil, les 8-10 mai 1922, lots 114 et 115).

Thierry De Maigret. Mercredi 05 juin à 13h45. Hôtel Drouot - Salles 5 & 6. EMail : contact@thierrydemaigret.com - Tél. : 01 44 83 95 20