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Commode en vernis dit Martin et laque du Japon, de forme légèrement trapézoïdale. Estampille de MACRET, Epoque Louis XVI. Photo Thierry De Maigret

Elle ouvre par deux vantaux découvrant deux tiroirs sans traverse en vernis, dit Martin rouge à décor or et argent de fleurs et feuillages. Les montants facettés et cannelés se terminent par des pieds balustres. Ornementation de bronze ciselé et doré, tels que cadres, bagues, sabots. (Panneaux légèrement chancis, piqûres, petites reprises aux décors) Dessus de marbre de Carrare blanc veiné gris dans le biais. H: 86 - L: 122 - P: 53 cm. Estimation : 30 000 - 50 000 €

Pierre Macret fit preuve d'une grande diversité dans ses réalisations. Cet artisan en meubles nous a laissé aussi bien des meubles élégants en bois de placage ou en marqueterie, que des oeuvres beaucoup plus rares et spectaculaires. Ainsi, il est notamment l'auteur d'un ensemble de meubles, commodes et encoignures, revêtu de panneaux de tôle laquée à l'imitation de l'Orient (voir une commode illustrée dans P. Kjellberg, Le mobilier français du XVIIIème siècle, Paris, 2002, p.587); d'une commode monumentale à panneaux de laque de la Chine qui figura au XIXème siècle dans la collection du baron Ludovic-Napoléon Lepic (illustrée dans Selected Works, Catalogue de la Galerie Röbbig, Munich, 2011, p.262); et du meuble proposé à la composition fortement architecturée qui rappelle certaines créations de Pierre Garnier et de Joseph Stockel; voir notamment un bas d'armoire en acajou de Stockel réalisé dans le même esprit et reproduit dans J. Nicolay, L'art et la manière des maîtres ébénistes français du XVIIIème siècle, Paris, 1982, p.449. Mais surtout signalons qu'un bas d'armoire en laque de Macret de même gabarit et de composition quasi identique est conservé dans une collection privée (illustré dans G. Janneau, Le meuble léger en France, Paul Hartmann éditeur, Paris, 1952, planche 197).

Pierre Macret occupe une place particulière dans l'ébénisterie parisienne du XVIIIème siècle. En effet, pourvu dès décembre 1756 d'un brevet d'ébéniste du Roi suivant la Cour, il fut exempt d'être reçu à la maîtrise. Ce rare privilège lui permit de réaliser et d'estampiller des meubles dans son atelier de la rue Saint- Nicolas et de fournir à partir de 1764 les Menus-Plaisirs de Louis XV. Parallèlement, il menait une activité de marchand mercier et dirigeait un magasin de meubles et de nouveautés dans la rue Saint-Honoré. Sa renommée lui attira des commandes des principaux amateurs du temps et des plus importants marchands merciers, notamment Lazare Duvaux, qui avait une créance de 1169 livres envers Macret en 1758, Darnault, l'un des fournisseurs du Garde-Meuble de la Couronne, ou bien encore Simon-Philippe Poirier, qui possédait le monopole des commandes de plaques à la manufacture de porcelaine de Sèvres. Au faîte de sa gloire, Macret stoppa son activité vers le milieu des années 1770 et semble mourir à Paris en 1806.

Thierry De Maigret. Mercredi 05 juin à 13h45. Hôtel Drouot - Salles 5 & 6. EMail : contact@thierrydemaigret.com - Tél. : 01 44 83 95 20