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Importante commode en vernis parisien. Attribuée à Adrien Delorme. Époque Louis XV, vers 1755. Photo Piasa

fond jaune de forme mouvementée, la façade ouvrantà deux tiroirs ; à décor d’arbuste, feuillages, fleurs et oiseaux dans le goût de l’Extrême-Orient ;belle ornementation de bronzes dorés : entrée de serrures, chutes et sabots ; dessus de marbre rouge du Languedoc à double mouluration ; estampillée FG et JME. Hauteur : 87 cm - Largeur : 129 cm, Profondeur : 64 cm. Estimation : 200 000 / 250 000 €

Bibliographie : T. Wolvesperges, Le meuble français en laque au XVIIIe siècle, Éditions de l'Amateur, Paris, 2000, p. 29.

Exposition : Biennale des Antiquaires 1992, galerie Didier Aaron.

Si l’on connaît un certain nombre de commodes en vernis parisien, plus communément désigné sous le terme de vernis Martin, présentant un fond de couleur blanche, du type de la commode livrée en 1742 pour madame de Mailly (musée du Louvre)
les meubles à fond jaune, dit jonquille,sont assez rare dans l’histoire du mobilier français du XVIIIe siècle.
Une petite série de meubles estampillés de François Rubestuck mérite cependant d’être citée.
Il s’agit d’une commode et d'un secrétaire à abattant d’époque Louis XV, ainsi que d’un autre secrétaire à abattant cette fois d’époque Louis XVI. Contrairement à ces trois meubles, la commode présentn e reprend pas les motifs traditionnede pagodes et paysages des laques orientales, comme le fait remarquer Thibaut Wolvesperges dans son ouvrage (op. cit. p.28) : (…) une splendide commode à fond jonquille de l’ébénistegnant FG, présente un décor inspiré de l’Arbrede vie, directement calqué, comme le remarquait Bill Pallot, sur es motifs d’étoffes de la Chine ou des Indes, importés en grand nombre par les compagnies des Indes .L’estampille FG n’est pas encore attribuée à ce jour à un ébéniste ; un certain nombre d’hypothèses ont été avancées dans le passé allant de François Gaudreaus (fils d’Antoine Robert) à François Garnier, père de Pierre Garnier.
Il semble cependant que ce dernier signait F. Garnier, ce qui n’exclut pas nécessairement qu’il ait pu utiliser également l’estampille abréviative FG.
Cette pratique caractérisait notamment l’ébéniste intervenant au titre de la sous-traitance pour des marchands-ébénistes ou des marchands-merciers.
Il est en l’occurrence très probable que FG soit intervenu ici à la demande de l’un de ses confrères et l’on pense alors immédiatement à Adrien Delorme.Delorme s’était en effet fait une spécialité des meubles en laque et en vernis parisien.
On connaît de plus un secrétaire de pente en marqueterie de paille et vernis Martin portant la double estampille de FG et Delorme. (vente Piasa, le 23 juin 2004, lot 74 bis).
Ceci nous permet de formuler la possibilité selon laquelle la conception de cette commode puisse plus certainement être attribuée à Adrien Delorme.
Cette commode peut également être rapprochée de la commode livrée par Joubert pour madame Adélaïde (illustration)
troisième fille de Louis XV, pour son appartement du château de Versailles qui occupait l’emplacement de l’ancienne petite galerie. Bien qu’ouvrant à vantaux, le gabarit et le dessin autant que le décor évoquent directement notre meuble, leurs dates de création devant également converger autour de 1755.

Piasa. Mercredi 19 juin 2013. Drouot Richelieu - Salles 1 et 7 - 9, rue Drouot - 75009 Paris