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Rogier van der Weyden : « Portrait d'Antoine de Bourgogne », ca. 1430 - 1504. Bruxelles, Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique, inv. 1449 — © MRBAB, photo : J. Geleyns / Ro scan

BRUXELLES - Les Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique organisent une exposition dédiée à la peinture produite à Bruxelles entre la  mort de Van der Weyden et l’émergence d’un esprit nouveau  dans l’art de Bernard van Orley. L’exposition vise à dresser un  panorama de ce que fut la production picturale à Bruxelles à la  fin du XVe siècle et au début du XVIe siècle 

A cette époque, Bruxelles était en plein essor, les ducs de Bourgogne  ayant élu le palais du Coudenberg comme résidence favorite. Celle-ci  était entourée des hôtels des hauts dignitaires de la cour et des  familles nobles comme les Nassau ou les Ravenstein. Tous jouaient  pleinement leur rôle de grands protecteurs des arts.

Parmi les peintres alors actifs à Bruxelles, Colyn de Coter est le seul dont des œuvres signées sont encore  conservées aujourd’hui. Grâce à un document d’archives, on sait que Aert van den Bossche a peint un triptyque  commandé par la gilde des cordonniers pour l’église Saint-Nicolas. Ce triptyque, maintenant dispersé entre  trois musées, mériterait d’être mieux connu. Pieter van der Weyden, qui avait hérité du prestigieux atelier de  son père Rogier, est mentionné à plusieurs reprises dans les archives. Cependant, on ne connaît plus aucune  œuvre de sa main. D’autre part, il existe de nombreuses peintures non signées et non documentées qui  témoignent d’une forte influence de Rogier van der Weyden. D’autres panneaux anonymes portent la mention  « te bruesele » - fait à Bruxelles – et sur d’autres enfin, on reconnaît des monuments bruxellois, comme la  cathédrale Sainte-Gudule. Ces œuvres ont été attribuées à des maîtres au nom d’emprunt : le Maître à la vue  de Sainte-Gudule, le Maître des portraits princiers, le Maître de la vie de Joseph (aussi appelé Maître  d’Affligem), le Maître d’Orsoy, le Maître de la légende de sainte Barbe, le Maître de la légende de sainte  Catherine, le Maître de la Rédemption du Prado (le présumé Vrancke van der Stockt) et le Maître au feuillage  brodé. Ces maîtres n’ont pas reçu l’estime de la critique et, comme leurs contemporains de Bruges, ont été  qualifiés de « petits maîtres ».

Recherche

L’exposition s’appuie sur un projet de recherche de quatre ans mené par Griet Steyaert, docteur en histoire de  l’art, spécialiste des suiveurs de Rogier van der Weyden, et auteur d’une thèse consacrée au Maître de la  légende de sainte Catherine. Egalement restauratrice, elle est particulièrement qualifiée pour l’étude  technique des peintures. Elle vient d’achever la restauration du Triptyque des sept sacrements de Rogier van  der Weyden.

Outre le Maître de la légende de sainte Catherine, deux autres peintres ont bénéficié ces dernières années  d’une étude approfondie: Colyn de Coter et le Maître au feuillage brodé. Les autres personnalités artistiques restent moins connues, bien que certaines de leurs œuvres aient fait l’objet de recherches plus ciblées. Alors que la peinture flamande a retenu l’intérêt des chercheurs et a fait l’objet de nombreuses publications ou expositions, l’école de Bruxelles de la fin du XVe siècle n’a plus bénéficié d’une étude d’ensemble depuis l’exposition organisée en 1953 au Musée communal de Bruxelles. En général, les études se sont penchées essentiellement sur la problématique des attributions. Les caractéristiques stylistiques qui ont été mises en évidence pour ces peintres ont toujours été mesurées à l’aulne de Van der Weyden en insistant sur le développement narratif et le goût pour le détail décoratif. En revanche, on a rarement tenté de mettre en valeur les spécificités individuelles de ces « petits maîtres » bruxellois.

La recherche se concentrera sur l’étude de quatre ateliers importants, ceux du Maître de la Rédemption du Prado, du Maître de la Légende de sainte Barbe, du Maître à la Vue de Sainte-Gudule et du Maître de la Vie de Joseph, et envisagera également les œuvres principales des autres artistes alors actifs à Bruxelles.

L'exposition

En s’appuyant sur les résultats de la recherche et les études existantes, l’exposition vise à dresser un panorama de ce que fut la production picturale à Bruxelles à la fin du XVe siècle et au début du XVIe siècle en abordant la question tant du point de vue historique, iconographique, stylistique, technique et économique, que de l’organisation du travail et de la copie exacte. L’exposition tentera de répondre à certaines questions comme:

  • Qu’est devenu le prestigieux atelier de Rogier van der Weyden après sa mort ? 
  • D’autres ateliers peuvent-ils être identifiés et quelle fut leur importance ? 
  • Pour qui et pour quel marché – local ou étranger – ces œuvres étaient-elles produites ? 
  • Existe-t-il des thèmes iconographiques typiquement bruxellois ? 
  • Quel fut l’impact de Hugo van der Goes, qui vécut et travailla les dernières années à l’abbaye du Rouge-Cloître près de Bruxelles ? 
  • Comment faut-il comprendre la production « en série » de certains tableaux ? 
  • Et finalement, peut-on mettre en évidence les solutions originales apportées par les maîtres de Bruxelles et peut-on parler d’une école bruxelloise de peinture à la fin du XVe siècle ? 

Les Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique conservent un important groupe de tableaux et certaines œuvres clés pour cette période. Les prêts de différents musées d’Europe et des Etat Unis ainsi que de collections privées viendront l’enrichir. D’ores et déjà, il faut souligner la générosité du Musée de Melbourne qui enverra le Triptyque des Miracles du Christ, une œuvre majeure pour le XVe siècle bruxellois. L’exposition sera accompagnée d’une publication scientifique qui exposera les résultats de la recherche et bénéficiera d’essais de différents spécialistes.

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Atelier de Rogier van der Weyden : « La Déploration devant le tombeau ouvert ». Firenze, Gallerie degli Uffizi — Istituti museali della Soprintendenza Speciale per il Polo Museale Fiorentino

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Maître de l'Adoration du Prado : « La Présentation au Temple ». Washington, National Gallery of Art — Washington, National Gallery of Art, Samuel H. Kress Collection 1961.9.28

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Maître de l'Adoration du Prado : « Nativité ». Birmingham Museums & Art Gallery. Bequeated by Sir J. Heathcoat-Amory, 1973 — © Birmingham Museums Trust

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Maître des portraits princiers : Bouclier de parade. Londres, The British Museum — © The Trustees of the British Museum. 

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Atelier de Rogier van der Weyden : Triptyque Sforza. Bruxelles, Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique, inv. 2407 — © MRBAB, photo : J. Geleyns / Ro scan 

BRUSSELS.- This autumn of 2013 the Royal Museums of Fine Arts of Belgium is staging an exhibition devoted to painting in Brussels in the period between the death of Rogier van der Weyden (1464) and the activity of Bernard van Orley (1515-1541). 

At that moment Brussels was a thriving town. The Coudenberg Palace being the favourite residence of the dukes of Burgundy. It was surrounded by the palaces of courtiers and noble families like the Nassau or the Ravenstein. They were all important patrons of the arts. 

It is difficult to identify the painters of this period. Among the painters active in Brussels at that moment, Colyn de Coter is the only one of whose signed work has come down to us. 

Through a document we know that Aert van den Bossche painted a triptych for the Saint Nicolas church. Pieter van der Weyden, who inherited the famous workshop of his father Rogier, is mentioned in several documents, but no painting can be attributed with certainty to him. On the other hand, there are unsigned and undocumented paintings that show a strong influence of Rogier van der Weyden, or others with the inscription "te Bruesele" - made in Brussels - and some that prominently depict Brussels monuments, like the Saint Gudula Cathedral. These are attributed to masters with a provisional name: the Master of the View of Saint Gudula, the Master of the Princely Portraits, the Master of the Life of Joseph (also called the Master of Affligem), the Master of Orsoy, the Master of the Saint Barbara Legend, the Master of the Saint Catherine Legend, the Master of the Redemption of the Prado (the presumed Vrancke van der Stockt) and the Master of the Embroidered Foliage. These painters haven't been highly estimated in art history, like their contemporaries in Bruges, they have been designated with the term "minor masters". 

Research program

The exhibition is built on a four year research program carried out by Dr. Griet Steyaert who, as art historian has been focusing on the followers of Rogier van der Weyden. She wrote a PhD thesis on the Master of the Legend of Saint Catherine. She is also trained in technical examination and easel painting restoration. Recently she has restored the Seven Sacraments by Rogier van der Weyden. 

Beside the Master of the Saint Catherine Legend, two other Brussels painters have been studied in detail: Colyn de Coter and the Master of the Embroidered Foliage1. The other artistic personalities remain less known, although some of their works have been the subject of detailed studies. The Brussels school of the end of the 15th century has not benefited from any general study since the exhibition organised in 1953 at the Musée communal de Bruxelles2. Most of the studies undertaken so far focused on problems of attributions. Stylistic the paintings have almost always been measured against the yardstick of Van der Weyden. The narrative aspect and the taste for decorative ornamentation has been stressed with little attempt to define the individual specificities of the Brussels “minor masters”. 

With the three existing detailed studies as starting point, the research project concentrates on four important workshops, those of the Master of the Redemption of the Prado, the Master of the Saint Barbara Legend, the Master of the View of Saint Gudula and the Master of the Joseph Sequence, with reference also to the principal works of the other painters active in Brussels. 

The exhibition

Building on the results of the recent research and the existing studies the exhibition presents an overall picture of painting in Brussels at the late 15th and first years of the 16th centuries, tackling the subject from various viewpoints, historical, iconographic, stylistic, technical, economic and in terms of work organisation and exact copying. The exhibition addresses the following questions: 

• What happened with the famous workshop of Rogier van der Weyden after his death?

• Which other workshops can we distinguish? • Can we estimate how important these workshops were?

• For whom and for which market - local or export - did these painters work?

• Are there typical iconographic themes?

• What was the impact of Hugo van der Goes who lived and worked his last years at the Roo convent near Brussels?

• What is the significance of mass production of certain paintings?

• And finally, what is particular about these "Brussels masters" and can we speak about a "school"?

The Royal Museums possess a core group of paintings and key-works of this period. These are accompanied by loans from museums and some private collections worldwide. The National Gallery of Victoria in Melbourne sent the “Triptych with the miracles of Christ” (1491-1495), one of the most important works of art from Brussels of this period. 

The exhibition has been paralleled by a scientific publication, that contains the results of the research program and several essays by specialists. 

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Visitors look at "Triptych with the miracles of Christ" by early Flemish painter Rogier van der Weyden at the opening of the exhibition entitled "The heritage of Rogier van der Weyden" presenting his works at the Royal Museums of Fine Arts of Belgium in Brussels on October 10, 2013. AFP PHOTO/BELGA/BENOIT DOPPAGNE.

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Visitors look at "Triptych with the miracles of Christ" by early Flemish painter Rogier van der Weyden at the opening of the exhibition entitled "The heritage of Rogier van der Weyden" presenting his works at the Royal Museums of Fine Arts of Belgium in Brussels on October 10, 2013. AFP PHOTO/BELGA/BENOIT DOPPAGNE.