blue-and-white-porcelain-vase-with-shou-characters-qing-1383053355625233
blue-and-white-porcelain-vase-with-shou-characters-qing-1383053355971311
blue-and-white-porcelain-vase-with-shou-characters-qing-1383053356398060
blue-and-white-porcelain-vase-with-shou-characters-qing-1383053356902395

Rare et importante encoignure formant secrétaire. Attribuée à Jacques Dubois (1694-1763), reçu maître le 5 septembre 1742. Époque Louis XV, circa 1750. Photo courtesy Europ Auction

Elle est plaquée de panneaux de laque de Chine complètes et vernis Martin, avec un décor, peint a l’or exécuté sur un fond noir, évoquant un jardin ou s’élèvent diverses constructions, tantôt sur pilotis, tantôt sur quelques îlots rocheux sur lesquels se dressent des arbres aux formes noueuses.
Elle ouvre par deux vantaux dont le revers est en vernis européen a décor de branches fleuries dans un encadrement d’entrelacs et de fleurettes. Ils découvrent un abattant a décor en vernis européen de fleurs et d’oiseaux, gaine d’un cuir rouge a vignettes dorées et deux vantaux, également, en vernis européen dont l’un découvre un encrier, et cinq tiroirs plaques de panneaux en laque de Chine a décor d’oiseaux branches et de paysages.
Le revers de l’abattant est plaque d’un panneau en laque de Chine qui présente un décor de pagodes dans un paysage.
L’abattant s’appuie sur une tirette rétractable, garnie de velours de soie «vieux bleu» Les montants a coins pinces se prolongent par des pieds cambres et réunis par une traverse basse bombée et découpée. Riche ornementation de bronzes ciselés et dores rocailles, dans leur dorure d’origine. Dessus de marbre breche d’Alep moulure en bec de corbin. H 116, L 102, P72 cm. Pas d'estimation

Jacques Dubois est l’un des plus grands ébénistes parisiens du règne de Louis XV.
Il a laisse quantite de chefs d’oeuvre conserves aujourd’hui dans les plus grands musees (Musée du Louvre et Les Arts-Décos (Paris), Wallace Collection et Waddesdon Manor (Londres), Grande-Bretagne, Rijksmuseum (Amsterdam) ou le John-Paul Getty Museum (Malibu).
Ne le 7 avril 1694, Jacques Dubois est le demi-frère de Noel Gérard, ce qui semble avoir oriente la carrière du jeune homme. Avant d’être reçu maître ébéniste en septembre 1742, Jacques Dubois œuvre en tant qu’ouvrier libre dans l’enclos privilégié du faubourg Saint-Antoine d’où l’existence de meubles non signes qui peuvent lui etre attribues par comparaison avec ceux a son estampille.
Nous pouvons penser qu’a cette date, Jacques Dubois beneficie sans doute des commandes et des relations de Noel Gerard.
L’inventaire après décès de Jacques Dubois reste très discret sur sa clientèle.
Il fournissait une clientèle aristocratique de la Cour, parmi laquelle le duc d’Orléans, ou de la Ville (dont Mme de Graffigny, auteur des «Lettres d’une Péruvienne»).
Il réalisa un nombre important de meubles, toujours de grande qualité, faisant preuve de rigueur dans la selection de ses bois de placage et dans le choix des bronziers avec lesquels il collaborait.
De nombreux ouvrages de premier ordre et de véritables chefs d’oeuvre révèlent une manière de faire, des habitudes qui constituent ce que l’on peut appeler le «style Dubois».
Ce style se confond avec le style rocaille dont le celebre ebeniste reste un des maitres les plus remarquables.
La rocaille est essentiellement presente dans le dessin des bronzes que Dubois utilise en abondance pour orner ses meubles. Si elle est portee a son paroxysme dans l’exceptionnelle encoignure conservee au John-Paul Getty Museum de Malibu, elle apparait partout ailleurs plus mesuree, plus sage mais toujours lyrique, harmonieuse et pleine d’invention.
Ses bronzes sont d’une execution irreprochable, d’un rythme syncope, tres mouvemente, fait de courbes et de contre-courbes assez courtes, qui se repondent, se heurtent et
se chevauchent comme des vagues.
Nous retrouvons le meme modele de chutes de bronze sur quelques meubles estampilles ou attribues a Jacques Dubois tels qu’un secretaire en dos d’ane en marqueterie reproduit dans «Les ebenistes du XVIII° siecle francais» (Paris, 1963, p 102), une commode a deux tiroirs reproduite dans l’ouvrage de Jean Nicolay «Les maitres ebenistes francais du XVIII° siecle» (Paris, 1976, p 157), une commode a deux tiroirs reproduite dans l’ouvrage de Pierre Kjellberg «Le mobilier francais du XVIII° siecle» (Paris, 2008, p 318) et deux secretaires en dos d’ane et une commode en laque reproduits dans l’ouvrage de Thibault Wolvesperges, «Le meuble francais en laque au XVIII° siecle», (Paris, 2000, p 289-300)
L’importance donnee aux bronzes dans l’oeuvre de Dubois ne doit pas faire oublier les supports sur lesquels ils s’inscrivent, ceux-ci sont varies, mais les plus rares sont les laques.
Jacques Dubois, a l’image de ses confreres, employa des panneaux de laque ou de vernis. Pour ses pieces les plus riches, il utilisait directement des panneaux de laque de Chine ou du Japon, ce qui augmentait considerablement le cout des meubles : on ne les rencontre que sur ceux destines a la clientele des marchands-merciers.
Ces derniers se chargeaient d’ailleurs souvent de fournir a l’ebeniste, les precieux panneaux decoupes de quelque cabinet ou paravent.
La repetition de certains modeles, assez frequente dans l’oeuvre de l’ebeniste pourrait confirmer la collaboration avec les marchands-merciers.
Dans son ouvrage sur «le meuble français en laque au XVIII° siecle», Thibault Wolvesperges analyse les relations entretenues par Jacques Dubois et les marchands-merciers a travers sa production de meubles en laque.
Il semble que l’ebeniste ait travaille pour Leger-Bertin, Francois Machart, Deyle-Francois Labrunne mais egalement pour la societe Poirier-Heceguere, celle-ci devant a «Dubois le jeune», le 20 decembre 1752, 150 livres et le 20 janvier 1754, 148 livres.
Il ne peut s’agir de Rene Dubois, le fils de Jacques Dubois, ce dernier etant age de seize ans, a cette date, et n’ayant accede a la maitrise que le 25 juin 1755.
L’inventaire apres deces dresse au mois de fevrier 1764 revele un atelier en grande activite, ne comptant pas moins de douze etablis, ainsi qu’un magasin et une boutique ou les experts Landrin et Coulon recenserent plus de cent vingt pieces de mobilier. Parmi les meubles inventories, nous retrouvons un nombre limite de commodes et d’encoignures, Jacques Dubois marquant sa preference pour les meubles a ecrire, les secretaires en pente et les petites tables.
L’ensemble des meubles en laque est relativement limite, compose de deux secretaires, l’un de petite taille «de verny du Japon, prise 200 livres», le second, «de verny de la Chine garni de ses bronzes», prise avec un «bureau en batie presque finy avec ses bronzes a cartel en noir et plaque de verny», 400 livres.
Les experts mentionnent, egalement, un bureau en vernis de la Chine, deux serre-papiers, une commode en vernis et «deux grandes encoignures aussy de vernis de la Chine, garnies a cartels».
En revanche, les deux experts nommes pour cet inventaire ne mentionnent aucun panneau, ni debris de laque, ce qui sous-entend le lien de dependance de notre ebeniste vis-a-vis des marchands capables de l’en approvisionner ou de clients lui fournissant eux memes les panneaux.
Jacques Dubois a donc laisse quelques tres beaux meubles, parmi lesquels, un nombre limite realises en laque, ce qui ajoute encore a la rarete de cette encoignure d’une execution parfaite.

Europ Auction.Mercredi 13 novembre 2013. Drouot Richelieu - Salle 1 - 9, rue Drouot - 75009 Paris