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Salon de l’hôtel Le Bas de Montargis. Paris, 1705, 1707 Versement des Domaines, 1898. Paris, musée du Louvre ©2014 Musee du Louvre, dist. RMN-GP/Olivier-Oudah.

PARISAu premier étage de l’aile nord et dans une partie de l’aile ouest de la cour Carrée, un chantier d’exception s’achève : celui de la rénovation complète des salles consacrées aux objets d’art du règne de Louis XIV et du XVIIIe siècle. Il constitue la dernière étape des travaux du département des Objets d’art entrepris dans le cadre du projet du Grand Louvre. 

Le musée du Louvre abrite l’un des ensembles les plus riches et les plus complets jamais réunis dans une collection ublique, témoignage éclatant du savoir-faire français du XVIIIe siècle, admiré dans le monde entier. Afin de donner aux visiteurs du musée une lecture plus compréhensible de cette collection, les salles ont connu un changement spectaculaire. 

Une collecton unique
Les collections de l’art du XVIIIe du département des Objets d’art offrent un large panorama de la décoration intérieure, de la production des grandes manufactures, de l'artisanat et du commerce d'art, principalement français, du règne de Louis XIV à la Révolution. Elles sont constituées de boiseries et de décors peints, de tapisseries et de tapis, de meubles d'ébénisterie et de menuiserie, de bronzes d'ameublement, de marbres et pierres dures, d’orfèvrerie et de bijouterie, d’instruments scientifiques, de faïences et porcelaines européennes, de laques et porcelaines d'importation. L'origine principalement royale et princière de ces collections leur confère un caractère particulièrement remarquable, en comparaison de celles des autres musées d’arts décoratifs, en Europe et aux Etats-Unis.

Les arts somptuaires des règnes de Louis XIV, Louis XV et Louis XVI n’ont pourtant acquis droit de cité au musée du Louvre que tardivement, à l’occasion de deux moments-clés. En 1870, lors du sauvetage in extremis de meubles et d’objets historiques retirés du palais des Tuileries et du château de Saint-Cloud avant qu’ils ne soient la proie des flammes. Puis, en 1901, lors d’un versement par le Mobilier national d’un grand nombre de chefs-d’œuvre de l’ébénisterie et de la tapisserie parisienne provenant des demeures royales et impériales.

La générosité de très grands amateurs, tels qu’Isaac de Camondo ou Basile de Schlichting, à l’origine de legs fastueux, respectivement en 1911 et 1914, contribua à enrichir la collection au début du XXe siècle. Les enrichissements se sont poursuivis depuis de manière spectaculaire, permettant au Louvre de rassembler une des premières collections au monde. 

Un nouveau parcours muséographique
Les salles du premier étage de l’aile nord de la cour Carrée, dont l’installation remontait pour l’essentiel au début des années 1960, ont été fermées dès 2005 pour une nécessaire mise aux normes. Celle-ci impliquait, entre autres, l’établissement d’escaliers de part et d’autre du pavillon Marengo. Par ailleurs, la muséographie en place jusqu’en 2004 était encore, avec quelques aménagements plus récents, celle voulue par Pierre Verlet en 1962-1966.

À l’automne 2011 ont débuté les travaux de rénovation. La maîtrise d’œuvre du chantier a été confiée à l’architecte Michel Goutal, suivant un projet muséographique élaboré de concert par Jacques Garcia et les conservateurs du département des Objets d’art, sous la direction de Marc Bascou, et avec l’assistance technique de la direction de la Maîtrise d’Ouvrage du musée du Louvre.

Les visiteurs découvriront ainsi un nouveau parcours muséographique de 2 183 m2, comportant 33 salles et présentant plus de 2 000 objets.
Le circuit est divisé en trois grandes séquences chronologiques et stylistiques :

- 1660-1725 : règne personnel de Louis XIV et la Régence
- 1725-1755 : épanouissement du style rocaille
- 1755-1790 : retour au classicisme et règne de Louis XVI.

Les créations du Grand Siècle seront présentées dans les salles historiques du Conseil d’Etat, tandis que l’aile nord de la cour Carrée accueillera une suite de period rooms, doublées de galeries de vitrines thématiques. Les premières permettront de remettre les oeuvres en contexte, les secondes de présenter les collections de céramique et d’orfèvrerie et de mettre en valeur des grands chefsd’oeuvre de la période.

La présentation essentiellement chronologique des collections a vocation à éclairer aussi bien l'histoire des techniques que celle des styles, à présenter les grandes résidences et les principales personnalités du temps : artisans, artistes ou commanditaires. A travers l'évocation des palais royaux ou princiers disparus (Saint-Cloud, Bellevue, les Tuileries, Montreuil, ...), des hôtels particuliers parisiens (hôtels Le Bas de Montargis, Dangé, de Chevreuse) et des résidences de campagne des élites (châteaux de Voré et d'Abondant), c'est toute la variété des lieux et des milieux à l'origine de la floraison des arts décoratifs des XVIIe et XVIIIe siècles, qui fonde l'arrière-plan historique de la présentation.
On y croise la famille royale (le Roi, le prince de Condé, le comte d'Artois, Mesdames de France, Marie-Antoinette), mais aussi les favorites (Madame de Pompadour, Madame du Barry), des grands seigneurs de la cour (le duc de Chevreuse, le marquis de Sourches) et des financiers parisiens (Claude Le Bas de Montargis, François-Balthazar Dangé). 

La collection rend bien sûr hommages aux grands créateurs des arts décoratifs de cette période, dont on mesure mal aujourd’hui, pour certains, l’immense prestige dans toute l’Europe du temps : les ébénistes André-Charles Boulle, Charles Cressent, Bernard II Van Risenburgh, Jean-François Oeben, Martin Carlin, Jean-Henri Riesener, les orfèvres Thomas et François-Thomas Germain, les Roëttiers, Robert-Joseph Auguste, les peintres et décorateurs Charles Le Brun, Jean-Baptiste Oudry, Charles-Antoine Coypel. Les plus fameux sont logés à la Galerie du Louvre et forment, à l’instar d’André-Charles Boulle ou de Thomas Germain, des dynasties aussi renommées que durables.

Véritables laboratoires d’invention, leurs ateliers travaillent autant  pour le roi et la cour que pour les souverains étrangers, contribuant à cette diffusion de la culture française qui donne le ton à toutes les cours européennes.

Un programme de médiation permettra en outre l’intégration par des panneaux de contextualisation et des équipements multimédia, de références historiques ou sociologiques éclairant aussi bien l’histoire du goût que le monde de la production, celui des intermédiaires et marchands ou l’évolution de la commande et des usages.

La découverte d’un art de vivre à la française : le choix des period rooms
Au sein de chaque séquence, une attention particulière est portée à l’aménagement de period rooms, s’efforçant de rétablir des décors dans leur configuration originale. D’autres salles regrouperont dans des « évocations d’intérieur » des ensembles stylistiquement cohérents de mobilier et d’objets d’art au sein de décors recréés.

Ce principe muséographique des period rooms, adopté dès le XIXe siècle par certains musées historiques ou d’arts décoratifs, permet de répondre aux attentes d’un large public, en rendant perceptible et compréhensible cet art de vivre luxueux, au raffinement inégalé, et en resituant les plus belles inventions des décorateurs et maîtres-artisans dans leur environnement naturel.
Les period rooms ainsi réalisées permettront de restituer des décors documentés, accompagnés de meubles d’époque, comme les salons et bibliothèque de l’hôtel de Villemaré, le grand salon du château d’Abondant et la chambre de parade de l’hôtel de Chevreuse.

En concertation avec les autres départements, seront présentés des peintures, des sculptures antiques ou modernes, des pastels et des estampes dans des installations pérennes ou des accrochages renouvelables. Le célèbre portrait de Louis XIV par Hyacinthe Rigaud sera ainsi exposé dans l’une des salles du Conseil d’Etat, où sera réunie l’une des plus belles collections de meubles Boulle au monde.

La nouvelle muséographie permettra notamment d’installer d’importants décors peints, comme les panneaux d’Oudry du château de Voré ou un plafond provenant du palais Pisani à Venise, attribué à Giovanni Scajario (1726-1792). Le pavillon Marengo accueillera une extraordinaire coupole peinte par Antoine-François Callet (1741-1823) pour l’hôtel de Bourbon Condé.

Un chantier entièrement financé par les ressources propres du musée
Cette rénovation, d’un budget de 26 millions d’euros, est le premier grand projet muséographique entièrement financé grâce au mécénat.
Elle a bénéficié du soutien de nombreux partenaires au premier rang desquels l’entreprise Montres Breguet, mécène principal du projet, et le Cercle Cressent du Louvre, présidé par Maryvonne Pinault, qui réunit amateurs et collectionneurs d’Objets d’art du XVIIIe siècle.
En France et aux Etats-Unis, la Société des Amis du Louvre et les American Friends of the Louvre ont mobilisé de nombreux donateurs autour de ce projet. D’autres grands partenaires français et étrangers se sont engagés aux côtés du Louvre, en particulier MGM China, Eni, Kinoshita Group, la Fondation Stavros Niarchos, la Fondation Gilbert et Rosemary Chagoury et les Fondations Edmond de Rothschild.
Enfin, deux collaborations d’envergure menées avec des musées américains, le High Museum d’Atlanta et les Fine Arts Museums de San Francisco, ont contribué au financement du réaménagement.

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Louis XIV, en 1701, par Hyacinthe Rigaud © 2014 Musée du Louvre, dist. RMN-GP / Angèle Dequier

Ce beau portrait préside les premières salles recomposées qui témoignent de l'influence du Roi Soleil dans son soutien aux arts et aux sciences.

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Un panneau de la tenture des Mois grotesques : Apollon - Paris, 1696-1697 - d'après Noël Coypel © RMN-GP (musée du Louvre)

Les tentures, souvent tissées dans les manufactures royales aux Gobelins ou à Beauvais, composées de six à dix tapisseries faisaient partie du décor et animaient les boiseries.  

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Fauteuil dit « à la reine » © RMN-GP (musée du Louvre) / Daniel Arnaude

Provenant de l'hôtel Crozat, rue de Richelieu, à Paris, résidence du financier Pierre Crozat, trésorier de France, ce meuble a été réalisé vers 1710-1720, en noyer sculpté et doré, maroquain à deux tons, rouge et fauve. Il fait partie d'un ensemble de six fauteuisl et d'un canapé. Parfait exemple de siège de type Régence.

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Décor d’arabesques du grand salon du château de Voré , dans l'Orne © RMN-GP (musée du Louvre) / René-Gabriel Ojéda

Les Divertissements champêtres - ici : La Danse - vers 1720-1723 - , par Jean-Baptiste Oudry , ou comment on imagine la vie loin de la capitale

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Pendule à musique « au rhinocéros » © RMN-GP (musée du Louvre) / Jean-Gilles Berizzi

Fabriquée à Paris, avec une caisse de Jean-Joseph de Saint-Germain et un mouvement de François Viger, cette pendule marque la venue du fameux rhinocéros offert à Lous XV en 1749. Naturalisé en 1793, il trône aujourd'hui dans la Grande galerie du Muséum national d'histoire naturelle, au Jardin des plantes, à Paris.

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Pot-pourri « vaisseau » de Madame de Pompadour par Charles-Nicolas Dodin. Sèvres, 1760. Porcelaine tendre. Musée du Louvre, département des Objets d'art, OA 10965 © 1990 RMN / Daniel Arnaudet

Cet extravagant pot pourri « en vaisseau »  est sorti de la manufacture royale de porcelaine de Sèvres, en 1760-1761. Fabriqué d'après des modèles de Jean-Claude Duplessis et Charles-Nicolas Dodin, il décorait la chambre de la favorite de Louis XV en l’hôtel d’Évreux, l'actuel palais de l'Elysée.

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Moulin à café en or de Madame de Pompadour © RMN-GP (musée du Louvre) / Daniel Arnaude

Décidément rien n'est trop beau pour La Pompadour. Cet objet en or de trois couleurs, ciselé d'un bas relief représentant des branches de caféier, oeuvre de Jean Ducrollay, orfèvre-bijoutier renommé, provient aussi de  l'hôtel d'Evreux. La marquise possédait une vaisselle d'or, presque entièrement disparue.

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Commode de Madame Victoire au château de Bellevue à Meudon © 2012 Musée du Louvre, dist. RMN-GP / Thierry Ollivier

Construit en 1750 pour la marquise de Pompadour, le château de Bellevue , à Meudon, devint une maison royale. Louis XV le racheta à sa favorite et le fit agrandir par Ange-Jacques Gabriel pour y loger ses filles: Mesdames Adelaïde, Victoire et Sophie. Martin Carlin réalise, en 1785,  cette commode à partir de panneaux de laque découpés dans plusieurs cabinets japonais datant de 1660-1680.

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Table à écrire de Marie-Antoinette au château de Saint-Cloud © 2014 Musée du Louvre, dist. RMN-GP / Thierry Ollivie

Comme le mentionne le marchand mercier qui l'a vendue, cette très belle table de laque, avec incrustations de nacre et d'acier poli, dont tous les pieds ont été modelés exprès en bronze ciselé et doré d'or, fut livrée à Marie Antoinette en 1784. Réalisée par Weisweiller, l'ébéniste de la reine, sans doute pour son cabinet doré de Versailles, on la retrouve à Saint Cloud en 1789. Le château et le domaine avaient été achetés par le roi quatre ans plus tôt.

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Maquette en cire du lit de Madame du Barry au château de Fontainebleau © RMN-GP (musée du Louvre) / Franck Rau

Jeanne Bécu, comtesse du Barry, devint en 1769, la dernière maîtresse de Louis XV. Voilà  l'extraordinaire maquette de son lit qui servit de modèle pour Fontainebleau. Elle connut une ascension fulgurante jusqu'à la mort du roi en 1774, et mourut sur l'échafaud en 1793. 

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Vase « oeuf » en porcelaine du Japon © 2011 Musée du Louvre, dist. RMNGP / Thierry Ollivier

Cet objet en porcelaine à décor de style kakiemon, Japon, vers 1670-1690, monté en pot pourri, était l'élément décoratif indispensable à un cabinet. Il est monté de bronze, à la mode française, comme l'étaient les porcelaines japonaises et chinoises.

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Paire de vases "à oreilles" en première grandeur, à fond rose, en première grandeur © 2013 Musée du Louvre, dist. RMNGP / Thierry Ollivier

Ces deux vases en forme de balustre sont munis de deux anses dont la silhouette évoque une oreille renversée. La panse de chaque vase est rehaussée d’un magnifique fond rose, mis en œuvre à Sèvres en 1757. Chacun est orné de deux cartouches bordés d’or contenant des amours figurant les Saisons, peints dans le goût de Boucher. La forme du vase est attribuée à Duplessis. Ces objets font partie des premières pièces à fond rose commercialisées par la manufacture de Sèvres en 1758.

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Tenture de François Boucher, pour la chambre de la duchesse de Bourbon à l’hôtel de Lassay. Paris, vers 1775. (C) RMN-GP (musée du Louvre) / Daniel Arnaudet

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Cabinet de l’hôtel de Villemaré-Dangé, vers 1750. Musée du Louvre, département des Objets d'art © 2014 Musée du Louvre, dist. RMN-GP / Olivier Ouadah

Avec les volets d'intérieur, les portes à miroirs et les trumeaux, les boiseries bleu, blanc, or, agrémentées de scènes peintes de jeux d'enfants, de cet hôtel particulier de la place Vendôme, à Paris, sont au complet. Ces rares lambris de couleur, jusque là dispersés, ont été décapés des vilains repeints tardifs. Ils retrouvent aujourd'hui tout leur brio.

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Une des six pièces de la tenture des Attributs de la Marine tissée pour Jean-Baptiste Colbert, marquis de Seignelay. Paris, 1689-1692. D’après Jean I Berain et Jean Lemoine. Manufacture de Jean-Baptiste Hinard. Tapisserie, laine, soie, fils d’or et d’argent. H. 296 cm ; L. 215,5 cm. Don de M. et Mme Gilbert et Rose Marie Chagoury, 2000. Paris, musée du Louvre © RMN-GP (musée du Louvre) / Jean-Gilles Berizzi

Une des six pièces de la tenture des A􀆩ributs de la Marine 􀆟ssée pour Jean‐Bap􀆟ste Colbert, marquis de Seignelay
Cette somptueuse tenture […] fut commandée par Jean-Baptiste Colbert de Seignelay, fils aîné du grand Colbert, qui succéda à son père dans la charge de secrétaire d’État de la Marine à la mort de celui-ci en 1683. Grand amateur de luxe, il s’était adressé à Jean-Baptiste Hinard, qui exerçait dans un atelier indépendant à Paris et venait de tisser une tenture à or pour le roi de Suède. Les modèles avaient été demandés à Jean I Berain, dessinateur de la Chambre et du Cabinet du roi. Celui-ci, très apprécié de Colbert de Seignelay, avait déjà travaillé pour ce dernier en organisant la fête qu’il avait donnée pour le roi en 1685 dans son château de Sceaux. […]
Emmanuel Coquery a proposé d’attribuer les cartons réalisés pour cette tenture au peintre Jean Lemoine dit « de Paris », qui collaborait alors avec Berain depuis plusieurs années. Les motifs ornementaux très colorés se détachaient initialement sur un fond d’or, formé de fils d’argent doré. Ces derniers se sont malheureusement oxydés avec le temps, ce qui a dénaturé l’effet d’origine. […] Colbert de Seignelay ne profita pas de sa tenture. Il mourut en 1690, avant qu’elle fût achevée en 1692. Elle revint à sa veuve, Catherine-Thérèse de Matignon-Thorigny, qui se remaria six ans plus tard avec Charles-Léopold de Lorraine, comte de Marsan. Ce dernier fit remplacer les armoiries d’origine par les siennes et celles de sa femme […] Les tapisseries, parfait témoin du « grand goût » de ce règne, furent acquises en 1737 par Gaspard-François de Lalive. AuXIXe siècle, six pièces entrèrent dans les collections du baron Gustave de Roths child. avant d’être offertes au Louvre par M. et Mme Chagoury.

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Armoire provenant du Garde-Meuble de la Couronne. Paris, vers 1700-1720. André-Charles Boulle. Bâti de chêne et de bois résineux, placage d’ébène, marqueterie en première et seconde partie d’écaille, de laiton, d’étain et de corne teintée, garniture de bronze doré. H. 226 cm ; L. 136 cm ; P. 54,8 cm. Versement du Mobilier national, 1870. Paris, musée du Louvre © Musée du Louvre, dist. RMNGP / Martine Beck-Coppola

Armoire provenant du Garde‐Meuble de la Couronne
Une des particularités de la production d’André-Charles Boulle est de s’ordonner presque entièrement autour de quelques grands types de meubles déclinés en un nombre limité de versions, toutes conçues à partir de l’emploi récurrent de motifs qui lui appartiennent en propre. Ce jeu permanent de reprises et d’adaptations donne au corpus des meubles qui lui sont attribués un caractère à la fois très homogène et d’une richesse exceptionnelle. Cette armoire peut être interprétée comme une variation sur le thème des armoires qui précèdent. Le dessin général en est identique : mêmes proportions, même absence de division horizontale, même montant central surmonté d’une épaisse volute, même corniche formant fronton, même motif à becs-de-corbin servant de base à la composition des vantaux, répétés de la même façon avec les mêmes figures d’angelots dans la partie supérieure. Mais les figures en bas relief ont disparu, laissant la place à une splendide composition de marqueterie, qui associe première et seconde partie, dont le dessin évoque une fleur de lys et dont on ne connaît pas d’autre exemple.
Rarement Boulle a poussé plus loin la profusion et la richesse. On comprend, devant une telle oeuvre, comment l’association de la virtuosité technique, de l’originalité de conception et de l’exubérance ornementale gagnèrent à Boulle dès son vivant une réputation immense, qu’aucun ébéniste ne devait jamais par la suite réussir à lui contester. […]

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Coffre d’or exécuté pour Louis XIV. Paris, 1676. Jacob Blanck, orfèvre ; Jean Pitan, marchand. Âme de bois recouverte de satin de soie bleu, or fondu, ciselé et filigrané, bronze doré. H. 25,2 cm ; L. 47,5 cm ; P. 36,2 cm. Ancienne collection royale. Paris, musée du Louvre © RMN-GP (musée du Louvre) / Stéphane Maréchalle

Coffre d’or exécuté pour Louis XIV
Entièrement revêtu d’une dentelle d’or dessinant de grands rinceaux d’acanthe et de délicats bouquets de roses, de tulipes, d’oeillets, de lis et de zinnias dont les tiges s’enroulent en d’infinis lacis, cet objet unique émerveille par la richesse de sa matière, la complexité de sa composition et la virtuosité de son exécution. L’or a été fondu et ciselé, puis amati ou poli afin de rendre perceptibles la rugosité des feuilles d’acanthe ou la douceur des pétales de fleurs, tandis que d’infimes filigranes traduisent parfaitement la légèreté et la sinuosité des rameaux et des vrilles. Posé sur un satin de soie bleu sombre, cet habillage somptueux signale une oeuvre d’exception.
Sa provenance est bien connue grâce aux inventaires du musée des Souverains et au numéro « 298 » gravé sous l’un des pieds, preuve de sa présence dans le Garde-Meuble de la Couronne au moment de la réorganisation opérée par l’intendant Moïse-Augustin de Fontanieu, en 1716. Là s’arrêtent les traces administratives. […]
[…] Comme vient de le révéler une récente découverte dans les archives diplomatiques, le coffre fut commandé par Louis XIV à l’orfèvre Jean Pitan au printemps 1676 « pour enfermer toutes les parures », c’est-à-dire les pierreries montées en colliers, bracelets, bagues et boutons à coudre dont les costumes de cour étaient constellés. C’était donc là que Louis XIV entreposait ses propres parures et celles qu’il prêtait souvent aux femmes de la famille royale. Judicieusement placé dans le parcours réservé aux visiteurs de marque, le coffre constituait une étape propice à l’émerveillement des hôtes, à la munificence royale et à la gratitude de l’obligé.

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Commode de la chambre bleue de Madame de Mailly au château de Choisy. Paris, 1742. Mathieu Criaerd. Bâti de chêne, placage de bois fruitier, laque occidentale dite « vernis Martin », garniture de bronze argenté, dessus de marbre bleu turquin. H. 85 cm ; L. 132 cm ; P. 63,5 cm. Dation en paiement de droits de mutation, 1990. Paris, musée du Louvre © Musée du Louvre, dist. RMNG/ Thierry Ollivier

Commode de la chambre bleue de Madame de Mailly au château de Choisy
Cette commode, estampillée par l’ébéniste Mathieu Criaerd, fut livrée le 30 octobre 1742, par le marchand mercier Thomas-Joachim Hébert, lorsqu’elle entra sous le numéro 1290 au Garde-Meuble de la Couronne. […] Conçue comme une commode à cartel sans traverse, dont la composition tripartite de la façade est inspirée par celle, en laque du Japon, qui fut réalisée par Bernard II van Risen Burgh et livrée par le même Hébert en 1737 pour la reine Marie Leczinska, elle se remarque surtout par son prodigieux décor en camaïeu bleusur fond blanc peint à l’huile, verni et poli, parfaite illustration de la virtuosité technique que les peintres parisiens avaient atteinte dans l’imitation des vernis extrême-orientaux. Rappelant en réalité plutôt les tissus dits « indiennes » qu’un décor chinois, les panneaux à grands motifs végétaux animés de paons et d’oiseaux en vol évoquent l’ambiance exotique d’un Extrême-Orient de fantaisie mis au goût du jour par les peintres Alexis Peyrotte, Christophe Huet, ou bien François Boucher, qui donna vers 1742 les dix esquisses de la Tenture chinoise pour la manufacture de Beauvais. Ils furent réalisés par un peintre qui demeure inconnu et vernis probablement par Guillaume Martin, qui avait livré sporadiquement le Garde-Meuble et qui travailla également pour le marchand Hébert. Par ailleurs, c’est à ce dernier qu’on doit attribuer la conception générale de la commode et surtout celle de son extraordinaire garniture de bronzes argentés, en parfaite consonance avec les couleurs du meuble. La commode avait été conçue pour s’intégrer harmonieusement dans l’ensemble d’une « chambre bleue », faisant partie de l’appartement que Louis XV fit aménager en 1742 pour sa favorite d’alors, Louise- Julie de Mailly-Nesle, au château de Choisy, acquis en 1739. [….]

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Chocolatière de la reine Marie Leczinska. Paris,1729-1730. Henri-Nicolas Cousinet. Appartenant au nécessaire offert par Louis XV à la reine à l’occasion de la naissance du Dauphin. Argent doré, ébène, bois noirci. Don de la Société des Amis du Louvre avec le concours de Stavros Niarchos, 1955. Paris, musée du Louvre © RMN-GP (musée du Louvre) / Jean-Gilles Berizzi

Chocolaière de la reine Marie Leczinska
Somptueux témoin de l’orfèvrerie rocaille, le nécessaire de Marie Leczinska est l’un des rares vestiges subsistant des commandes royales françaises du XVIIIe siècle. L’ensemble des pièces est présenté dans un coffre marqueté d’un frisage en palissandre.
On y trouve tout ce qui est nécessaire, d’où l’appellation de l’ensemble, à une collation, permettant de déguster du thé ou du chocolat, ces boissons exotiques si prisées en Occident depuis la fin du XVIIe siècle. […] Le motif des dauphins, le poinçon de maison commune, 1729-1730, les armes effacées mais partiellement lisibles de la reine étayent l’hypothèse qu’il s’agit bien d’un cadeau du roi Louis XV à son épouse pour la naissance tant désirée du Dauphin, son quatrième enfant et premier fils, le 4 septembre 1729. […] Les ornements rocaille, d’une extrême virtuosité, coquillages, coraux, fleurs, palmes et coquilles, sont caractéristiques de l’orfèvrerie française des années 1730. Les guirlandes de fleurs qui ornent le pourtour du réchaud ne sont pas sans rappeler ces mêmes motifs floraux, empreints de naturalisme, visibles sur les projets de Thomas Germain pour le miroir de la toilette de Marie Leczinska, disparu, qui datait de 1726. L’auteur, Henri-Nicolas Cousinet, appartient à une illustre dynastie d’orfèvres parisiens connue depuis le XVIIe siècle. […] Outre la place de choix que le nécessaire occupe dans la production de l’orfèvrerie royale française, il est également un parfait exemple des créations exécutées sous l’égide des marchands merciers parisiens. « Marchands de tout et faiseurs de rien », lanceurs de mode, ils aimaient associer des matériaux divers, souvent exotiques, et furent dans de nombreux cas à l’origine des créations les plus raffinées du XVIIIe siècle.

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Secrétaire à cylindre du cabinet intérieur de l’appartement de nuit de la reine Marie-Antoinette au château des Tuileries. Paris, 1784. Jean-Henri Riesener. Bâti de chêne et de sapin, placage de sycomore, d’amarante, de bois de rose et autres bois polychromes, garniture de bronze doré. H. 103,6 cm ; L. 113,4 cm ; P. 64,2 cm. Versement du Mobilier national, 1901. Paris, musée du Louvre © RMN-GP (musée du Louvre) / Martine Beck-Coppola

Secrétaire à cylindre du cabinet intérieur de l’appartement de nuit de la reine Marie‐Antoine􀆩e au château des Tuileries
En 1784, Marie-Antoinette se fit aménager au palais des Tuileries un petit appartement, à la dernière mode. On ne sait pas aujourd’hui où il était précisément situé dans le château, mais il était distinct du grand appartement, et permettait à la reine de passer la nuit à Paris lorsqu’elle s’y rendait pour assister à un spectacle. […] On appelle « secrétaire » tout meuble sur lequel on peut écrire et dans lequel on peut ranger des papiers. Le secrétaire à cylindre en constitue une variété. Celui-ci, d’une extrême élégance, fut exécuté avec une délicatesse digne de la reine. Il se compose d’un corps de bureau, à trois tiroirs, orné de quatre bas-reliefs en bronze doré représentant des allégories (la Musique à deux reprises, la Peinture puis la Sculpture), et d’un corps supérieur à cylindre, à dessus plein bordé d’une frise de rinceaux. Tous les panneaux du bureau sont marquetés d’un quadrillage à losanges polychromes. Au milieu du cylindre, une guirlande de fleurs, de branches de laurier et de rubans encadre un trophée en marqueterie représentant les attributs de la Poésie : plume, lyre, livres, encrier. Ce meuble fut créé pour être un meuble de milieu, comme l’atteste la présence du second bas-relief de la Musique au revers. Par ailleurs, la présence de trous situés aux extrémités basses des pieds permettait autrefois la fixation de roulettes. [...]

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Vase « Bachelier à serpens ». Sèvres, manufacture royale de porcelaine, vers 1766. D’après un modèle de Jean-Jacques Bachelier, peintre. Porcelaine tendre, bronze doré. H. 67 cm ; L. 35 cm. Achat, 1999. Paris, musée du Louvre © RMN-GP (muséedu Louvre) / Martine-Beck-Coppola

Vase « Bachelier à serpens »
La forme à l’antique de ce vase, mise en valeur par son petit pied, la vigoureuse frise de postes de la panse et la pomme de pin qui le couronne, est étroitement associée au nom de son créateur : Jean-Jacques Bachelier. Ce dernier avait été engagé en 1751 comme peintre à la manufacture de Vincennes, avant de s’imposer, après le déménagement en 1756 à Sèvres, comme l’un de ses plus talentueux directeurs artistiques. Le caractère exceptionnel du décor et des dimensions de ce vase lui valut d’être exposé en décembre 1766 avec un second vase lors des ventes de fin d’année organisées depuis 1758 dans l’appartement intérieur du roi au château de Versailles. La presse de l’époque – à l’image de L’Avant-Coureur – s’émerveilla et révéla à ses lecteurs que « parmi les vafes d’ornement, on en remarquoit deux, de près de deux pieds de hauteur, à fond bleu, parfemé d’or, dont chaque anfe étoit formée par deux ferpents entrelacés, peints dans leur couleurs naturelles » ; le succès fut immédiat puisque, aussitôt présentés et malgré leur prix très élevé de 2 880 livres, ces deux « grands vazes a serpens » conquirent, en la personne du duc de Choiseul, un amateur des plus raffinés de son temps. […] Au lendemain de sa disgrâce royale en décembre 1770, Choiseul se retira au château de Chanteloup et se sépara d’une partie de ses collections. Les vases ne réapparurent que bien plus tard lors de la vente en 1783 du cabinet du sieur Le Boeuf où ils furent adjugés 1 200 livres à un certain Hamont, qui pourrait être celui qui offrit de nouveau la paire aux enchères dès 1784. C’est ensuite que la paire fut irrémédiablement séparée.

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Room from L'Hotel Le Bas de Montargis. ©2014 Musee du Louvre, dist. RMN-GP/Olivier-Oudah.

PARIS.- The Louvre has announced the June 6, 2014 reopening of its newly restored and reinstalled 18th-Century Decorative Arts Galleries. One of the most comprehensive collections of 18th-century French decorative arts in world, this is the first time since 2005 that the collection is on view to the public. The 35 galleries—which span 23,000 square feet—display over 2,000 pieces in object-focused galleries and period-room settings. The new installation traces the evolution of French taste and the decorative arts, emphasize the major artisans and artists of the period, and highlight the renowned collectors and patrons of the era.  

The exhibition design was conceived collaboratively by interior designer and French decorative-arts connoisseur Jacques Garcia and the curators in the Department of Decorative Arts under the direction of Marc Bascou. The architectural project management for the new galleries was entrusted to Michel Goutal, the Louvre’s senior historical monument architect, with technical assistance provided by the Louvre’s Department of Project Planning and Management. 

American Friends of the Louvre (AFL) has played a vital role in the renovation by raising $4 million in support of the project and one of its key period rooms—the restoration of l’Hôtel Dangé-Villemaré drawing room which has not been exhibited in its entirety since its 19th-century acquisition by the Louvre. In addition, AFL also raised funds for the restoration and first ever public presentation of a magnificent cupola painted by Antoine François Callet which will be installed in the galleries and for the English-language edition of the book of the Louvre’s decorative arts collection whose publication will celebrate the opening. 

L’Hôtel Dangé-Villemaré’s drawing room, built in 1709 and redecorated in 1750, is one of the most important surviving examples of an interior by a Louis XV-era Parisian workshop. The room’s decorative paneling, for which it is noteworthy, has undergone extensive conservation to reveal its original color and various tones of gilding. The alternating wide and narrow panels are also notable for their elegant motifs, which include symbols of the arts, sciences, and commerce. Medallions at the tops and the bases of the panels feature delightfully painted images of children at play. The drawing room will also feature Versailles parquet floors, sumptuous furniture pieces, and bronze furnishings. 

The 18th-Century Decorative Arts Galleries have always been a particular favorite of American visitors, who appreciate the opulence and craftsmanship of this work,” said Executive Director of AFL Sue Devine. “AFL’s support of the renovation of l’Hôtel Dangé-Villemaré’s drawing room seemed like a natural progression in the United States’ long tradition of support for and appreciation of French art and culture. We are proud to be a part of this major moment in the Louvre’s history.” 

When the Louvre closed the decorative arts galleries on the first floor of the Cour Carrée’s north wing, to bring them in compliance with current safety regulations, the museum seized the opportunity to revisit the installation of the galleries, which had not been appreciably updated since 1966. 

Under the direction of Marc Bascou and Jannic Durand, former and current Directors of the Department of Decorative Arts respectively, and in collaboration with the curators in the Department of Decorative Arts, the Louvre has reinterpreted its collections and reinstalled them as a series of period rooms and themed galleries, which allows closer examination of the museum’s collection. The galleries are grouped into three main chronological and stylistic moments: 

• 1660-1725: the reign of Louis XIV and the Regency

• 1725-1755: the height of the Rococo style

• 1755-1790: return to classicism and the reign of Louis XVI 

We wanted to achieve a happy medium between period rooms and exhibition galleries,” said Jannic Durand, Director of the Department of Decorative Arts. “Each object benefits from being in relationship with other objects. In some cases, this means creating a period room so our visitors can understand how people lived with these objects or so they can appreciate holistically the elegance and refinement of the 18th century. In other instances, it means curating display cases devoted entirely to porcelain, silverware, and even some pieces of furniture to underscore the history of techniques and styles.” 

When possible, the Louvre has reconstructed documented decorative groupings, accompanied by period furniture, such as the drawing room and library of l’Hôtel Dangé-Villemaré, the Grand Salon of the Château d’Abondant, and the ceremonial bedchamber at the Hôtel de Chevreuse. Other rooms bring together “recollections of interiors,” in Jacques Garcia’s words, which are stylistically coherent groupings of furniture and objects within a recreated decorative setting. 

The Louvre’s new decorative arts galleries will embody the constant evolution of taste, flowing in a coherent movement from the ascension of a new style during Louis XIV’s reign to the time of Marie- Antoinette at the end of the Ancien Régime,” said Jacques Garcia. “The galleries will display a multitude of atmospheres, but will always remain true to the sense of the innovation and beauty that characterizes the Grand Siècle of decorative arts which, in France, was the 18th century.”

Using objects and furnishings, the reinstallation also introduces visitors to members of the royal family, including: Louis XIV, Louis XV and Louis XVI, the Prince de Condé, the Comte d’Artois, Mesdames de France (the king’s daughters), and Marie-Antoinette, as well as Louis XV’s mistresses Madame de Pompadour and Madame du Barry, nobles of the royal court such as the duc de Chevreuse and the marquis de Sourches, and wealthy financiers such as the keeper of the royal treasure Claude Le Bas de Montargis, and the tax collector François-Balthazar Dangé. 

Particular emphasis has been given to artisans with royal patronage—the most celebrated of whom were granted free lodgings in the Galerie du Louvre alongside their workshops. Such examples include André- Charles Boulle and Thomas Germain, whose workshops served not only French kings and courtiers, but also Europe’s elite, contributing to the dissemination of French culture and setting fashions throughout the continent. The installation also highlights the period’s master craftsmen, including: cabinet-makers André-Charles Boulle, Charles Cressent, Bernard II van Risemburgh, Jean-François Oeben, Martin Carlin, and Jean-Henri Riesener; the silver- and goldsmiths Thomas and François-Thomas Germain, Nicolas Besnier, Jacques Roëttiers and son, and Robert-Joseph Auguste; and the painters and decorators Charles Le Brun, Jean-Baptiste Oudry, and Charles-Antoine Coypel. 

The visitor experience in the galleries is further enriched through multimedia aids and new interpretative materials that contextualize the works on view and give insight into the evolution of taste, methods of production, the patronage system, and how the objects were used.