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Exceptionnelle commode d'apparat à ressaut en bois de placage de sycomore, de bois de rose et d'amarante. Estampille : JME et R.V.L.C.  Époque Transition Louis XV-Louis XVI.  Photo courtesy Rouillac

ornée des cinq panneaux marquetés à motif de quatre feuilles dans des jeux de croisillons teintés et quadrillages. Elle ouvre par trois tiroirs en ceinture en quinconce et deux tiroirs en façade sans traverse apparente, décorés, comme n'en faisant qu'un, de trois panneaux de marqueterie alignés sous chacun des tiroirs de la ceinture. Les montants arrondis se prolongent par des pieds cambrés terminés par des griffes de lion qui remontent le long du pied sous forme de feuilles d'acanthe. Riche ornementation de bronzes ciselés et redorés tels qu'entrées de serrure, boutons de tirage, frises d'entrelacs à rosaces, frises de feuilles en encadrement, rosaces, chutes d'angles, tablier figurant un masque de Mercure au caducée et sabots. Dessus de marbre brèche mouluré d'un cavet restauré. Haut. 88, Long. 126 , Larg. 57 cm. Estimation 70 000 € - 80 000 €

Roger Vandercruse Lacroix (1728-1799), reçu maître le 6 février 1755. 

Provenance : propriété de Sologne.

Notre commode est à rapprocher de deux commodes de RVLC livrées par Joubert pour la Comtesse de Provence en 1771, et Mlle du Barry à Versailles en 1772. Architecture, composition, panneaux et bronzes semblables. in Pierre Kjellberg, le mobilier français du XVIIIe siècle, les éditions de l'amateur, 1989. p.754-755.

Roger Vandercruse fait partie des plus célèbres ébénistes parisiens du XVIII° siècle. D'origine flamande, Roger Vandercruse naît à Paris d'un père ébéniste au Faubourg Saint-Antoine. Il fut très lié à de nombreux et illustres artisans par le jeu des alliances familiales ou par les collaborations professionnelles: sa soeur ainée épouse Jean-François Oeben puis Jean-Henri Riesener, une autre soeur épouse Simon Oeben. Il est aussi lié d'amitié avec Pierre IV Migeon et Martin Carlin. En 1750, il épouse Marie-Jeanne Progain, fille d'ébéniste. A la mort de son père en 1755, il reprend l'atelier familial et acquiert très vite une grande notoriété que justifie la haute qualité de ses oeuvres et qu'atteste l'abondance de sa production. Utilisant la transcription française de son nom, il choisit deux estampilles différentes, "R. Lacroix" et "R.V.L.C.", mais il n'est pas impossible de rencontrer les deux estampilles juxtaposées sur un même meuble. Fournisseur par l'intermédiaire de son confrère Gilles Joubert (1689-1775), il reçoit plusieurs commandes pour les demeures royales, entre 1769 et 1774. Il fournit ainsi des commodes très raffinées et différents meubles pour Madame Adélaïde et Madame Victoire, filles de Louis XV, pour la Comtesse de Provence, ainsi que pour Madame du Barry, la favorite de Louis XV, il répond parallèlement à de nombreuses commandes privées et collabore avec les marchands-merciers Daguerre et Poirier. L'oeuvre de Roger Vandercruse se compose de commodes, secrétaires, petites tables et bonheurs-du-jour, exécutés dans le goût Louis XV, Transition et Louis XVI. Son répertoire ornemental est varié: marqueterie, vernis Martin et plaques de porcelaine. Ses meubles surprennent par leur originalité, par la perfection de leur exécution et par la grande délicatesse de leurs marqueteries.

Les chefs d'oeuvres de RVLC sont bien représentés dans les collections publiques telles que le musée du Louvre, le musée des Arts et Décoratifs, le musée Carnavalet, le musée Nissim de Camondo à Paris, le Victoria and Albert Museum à Londres, la Frick Collection à New York et au John-Paul Getty Museum à Malibu.

Maître Philippe ROUILLAC et ROUILLAC. Lundi 16 juin à 14h00. Château de Cheverny, 1, rue Albert Einstein, 41700 Cheverny. Contact : Tél. : 02 54 80 24 24 - Fax : 02 54 77 61 10 -rouillac@rouillac.com

RVLC, la royale estampille

Que signifie l’acronyme R.V.L.C. ? Tous les amateurs des arts décoratifs du XVIIIe siècle pourront vous le dire. En effet, derrière ces quatre lettres se cache l’un des plus grands ébénistes de cette époque : Roger Vandercruse (1728-1799). D’origine flamande, l’artisan préfère utiliser la transcription française de son nom « Lacroix » et choisit donc deux estampilles différentes « R. Lacroix » et « R.V.L.C. ». Appréciés du roi et de son entourage, ses petites tables, secrétaires et autres bonheurs-du-jour trouvent parfaitement leur place dans les demeures royales. Entre 1769 et 1774, il fournit ainsi des meubles très raffinés pour Madame Adélaïde et Madame Victoire, les filles de Louis XV, ainsi que pour sa favorite Madame du Barry. Cette commode d’apparat estampillée R.V.L.C, et mise aux enchères lundi 16 juin 2014 au château de Cheverny par Maîtres Aymeric et Philippe Rouillac, a d’ailleurs été réalisée d’après un modèle livré pour la comtesse du Barry et qui se trouve aujourd’hui à Versailles, comme beaucoup d’autres réalisations du maître ébéniste.

Composée des essences les plus précieuses – sycomore, bois de rose et d’amarante –, le meuble est richement orné de bronzes ciselés et redorés en forme de frises d’entrelacs, de feuilles, de rosaces, et d’un masque de Mercure. « Ce décor délirant en bronze, matériau extrêmement cher à l’époque, montre que notre commode était destinée à une riche clientèle », précise Aymeric Rouillac. Avec ses pieds galbés encore caractéristiques de l’époque Louis XV et son décor beaucoup plus moderne d’inspiration antique, le meuble est parfaitement représentatif du style Transition, dont Roger Vandercruse fut l’un des grands représentants.

Provenant d’une grande propriété solognote, cette commode de RVLC est estimée de 70 000 à 80 000 euros. Un meuble estampillé de quatre lettres magiques qui fera dire à tous ceux qui l’admireront dans sa prochaine résidence : « Mais c’est Versailles » !  (source: http://www.interencheres.com/actualites/)