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Magnifique masque de cérémonie cultuel. Tumaco, Ile de la Tolita, province d'Esmeralda, Equateur, 200 avant - 300 après JC. Photo courtesy Alain Castor - Laurent Hara

Il représente le portrait aux traits réalistes, d'un shaman ou d'un chef magicien dans la force de l'âge, le personnifiant dans les premières années de son règne.
Sa bouche est fermée, les lèvres dessinées avec soin et sensualité.
Ses joues sont légèrement gonflées pour symboliser le souffle vital nécessaire à la vie.
Son nez puissant a les narines épatées sous l'effet d'un hallucinogène.

Les yeux sont amovibles, formant une double lecture et un regard exprimant le don de clairvoyance du shaman ainsi que la dualité entre la vie et la mort, le jour et la nuit, le monde des vivants et l'univers des esprits.
Ce double regard nous indique que ce masque était porté à la fois au cours des grandes cérémonies et également à sa mort, comme il est d'usage pour la plupart des masques de cette culture.
Les yeux furent réalisés en accentuant les pupilles par une cavité circulaire creusée pour conférer un regard intemporel et immortel à l'œuvre.
Ses oreilles sont amovibles, elles sont maintenus par des agrafes de fil d'or nouées au revers. Toutes les formes tendent à exprimer un concept de noblesse et de pouvoir accentué par la belle expression hiératique et universelle.

Les Tumaco, comme la plupart des peuples de l'Amérique Précolombienne croyait à un monde de l'au-delà après la mort, dans la continuité de la vie terrestre.
Ils pensaient que celle-ci n'était pas une fin en soi mais simplement un passage à un autre état de conscience.
Cette croyance était omniprésente dans leurs cérémonies et rituels mais également dans l'esthétique des objets qu'ils réalisaient.
Ce concept atteint son paroxysme sur les masques comme celui-ci.
Il était porté sur le visage du roi durant son vivant, puis posé sur la momie pour l'accompagner dans son voyage vers la lumière d'une nouvelle vie.

Or découpé, martelé, assemblé, agrafé et soudé. 23,2x19,5cm. Epaisseur de l'or sur les rebords du masque : entre 1 et 1,5 mm. Estimation : 250 000 € / 350 000 €

Provenance : Ancienne collection européenne constituée en 1968.
Conditions Report et étude scientifique approfondie réalisée par le laboratoire, Conservation and Technical Service Limited, Londres, sous la direction du docteur A.T.N. Bennett.
Certificat de Monsieur Wawick Bray en date du 8 Septembre 1998 seront remis à l'acquéreur.

Bibliographie - Daniel Klein, Yvan Cruz Cevallos, Equateur, l'Art de l'Equauteur Précolombien, éditions cinq continents, Milan, 2007, fig.134 page 141.
- Daniel Klein, Yvan Cruz Cevallos, Equateur, l'Art de l'Equauteur Précolombien, éditions cinq continents, Milan, 2007, fig.133 page 240.
- Equateur.
La Terre et l'Or. Catalogue d'exposition, du 7 Décembre 1989 au 25 février 1990, Maison de l'Amérique Latine, Paris, fig.94, pp.99/137.
- Bergsoe Paul, The Metallurgy and technology of gold and platinium among pre-columbian Indians in ingeniorvidensk skifter, A.44, Koben Havn, 1937, page1-45
- Catalogue de la Vente Gaïa du 4 Décembre 2007, fondation Dosne-Thiers, Paris, page 190 fig.431 pour un masque en or Tumaco provenant de la collection Guyot-Munoz.

Chaque masque présenté dans cette bibliographie est différent, l'intérêt de notre exemplaire est qu'il a été réalisé à l'image du dignitaire qu'il représente, ce qui en fait une œuvre particulièrement exceptionnelle et unique au monde.
A l’époque précolombienne, les hommes de l'Ile de la Tolita fabriquait des objets d'une extrême complexité ou se mêlait diverses techniques : Laminage, martelage, fonte à la cire perdue, amalgame, soudure, filigrane et bien d'autres. D'après Monsieur Paul Berjsoe, ces œuvres n'étaient pas réalisées par des artisans spécialisés mais faisait l'objet d'une production quasi-familiale, laquelle, après un long apprentissage devait être à la portée de chacun.

L’ile de la Tolita constituait une place artistique de premier ordre, un centre cérémoniel des plus importants, ainsi qu'une aire commerciale dynamique. Des objets originaires de cette région ont été retrouvés jusqu'au Pérou démontrant ainsi le rayonnement de cette culture à travers toute l'Amérique du Sud.
Le travail de l'or apparait en divers endroit des Andes au cours du premier millénaire avant Jésus-Christ, et dans la région de Tumaco La Tolita dès la moitié du premier millénaire avant Jésus-Christ.

D'après Monsieur Jean-François Bouchard, il s'agit de la plus ancienne métallurgie des Andes septentrionales.
Les populations de cette région inventèrent pour leurs besoins religieux, cette métallurgie du métal précieux.

Pour cela ils avaient de nombreuses ressources aurifères exploitées dans des gisements alluviaux situés sur les berges des cours d'eau de la plaine.
Le travail de l'or atteint son apogée à la période impériale, date à laquelle cette œuvre a été réalisée.

ALAIN CASTOR - LAURENT HARA. Art de l'Amérique Pré-Colombienne. 16 Juin 2014 à 14h. DROUOT RICHELIEU - SALLE 4 - 9, RUE DROUOT - 75009 PARIS. Tel: 01 48 00 20 06