"Jeanne Lanvin" au Palais Galliera. Affiche.
PARIS - Le Palais Galliera, en étroite collaboration avec Alber Elbaz, directeur artistique de Lanvin, célèbre la plus ancienne maison de couture française encore en activité. Consacrée à Jeanne Lanvin (1867-1946), cette première exposition parisienne réunit, en une centaine de modèles, les fonds exceptionnels du Palais Galliera et du Patrimoine Lanvin.
Mademoiselle Jeanne débute comme modiste en 1885. Dès 1889, elle ouvre une boutique « Lanvin (Melle Jeanne) Modes » au 16 rue Boissy d’Anglas, avant d’obtenir son pas de porte en 1893 au 22 rue du Faubourg Saint-Honoré. En 1897 sa fille unique, Marguerite, naît et devient sa première source d’inspiration, sa muse... La modiste entrevoit soudain un nouvel horizon en 1908 : le vêtement d’enfant. Elle crée, l’année suivante, un département jeune fille et femme. Jeanne Lanvin adhère alors au Syndicat de la couture et entre dans le monde très fermé des « Maisons de couture ». Suivent les départements mariée, lingerie, fourrure et dès le début des années 1920, ouvrent les départements décoration et sport... En 1926, la femme d’affaires part à l’assaut de la mode masculine. Elle ouvre aussi des succursales à Deauville, Biarritz, Barcelone, Buenos-Aires, Cannes, Le Touquet… Le bleu Quattrocento ravi à Fra Angelico devient sa couleur fétiche... Pour célébrer les trente ans de sa fille, elle compose Arpège en 1927, le plus grand des parfums Lanvin. Le logo de la maison dessiné par Paul Iribe, représentant la couturière et Marguerite, est apposé sur le flacon boule réalisé par Armand Albert Rateau. C’est ce même logo qui continue d’accompagner les créations Lanvin aujourd’hui.
Carnets de voyages, échantillons de tissus ethniques, bibliothèque d’art, Jeanne Lanvin n’aura de cesse de cultiver sa curiosité pour créer ses tissus, motifs et couleurs exclusifs. Jeanne Lanvin, c’est l’art de la matière et de la transparence, des broderies, surpiqûres, entrecroisés, spirales, découpes : la virtuosité du savoir-faire. C’est un parfait classicisme à la française avec des robes de style très XVIIIe – buste affiné, taille basse, jupe gonflée – dialoguant avec la ligne « tube » de l’Art déco, ses géométries en noir et blanc, ses profusions de rubans, cristaux, perles, fils de soie...
Travail, intuition, compréhension du monde moderne, le succès de cette femme discrète au destin exceptionnel est au rendez-vous. Alber Elbaz et le Palais Galliera vous invitent à rencontrer cette grande dame de la couture : Jeanne Lanvin.
Jeanne Lanvin et sa fille Marguerite, 1907 © Patrimoine Lanvin
Poupées La Femme et L'Enfant créées par Jeanne Lanvin, 1925 © Patrimoine Lanvin
Parfum « Arpège », flacon boule noire, 1927 © Patrimoine Lanvin
Manteau « Lohengrin », 1931. Satin de soie lamé or surpiqué de fils de soie. Collection Palais Galliera © Philippe Ladet / Galliera / Roger-Viollet
Le matelassage est observé dans une multitude de vêtements d’origine traditionnelle. Chez Jeanne Lanvin, les surpiqûres traversant les tissus rustiques des vêtements traditionnels et folkloriques couvrent des surfaces soyeuses et délicates. Dès les années 1920, Jeanne Lanvin apprécie cette technique qui donne aux volumes un caractère rigide et souligne les formes simples.
Robe du soir « Walkyrie » aussi nommée « Brunehilde », 1935. Lamé or, soie bleu marine surpiquée. Collection Palais Galliera. © Stéphane Piera / Galliera / Roger-Viollet
Inspirée par l’obi japonais, une large ceinture surpiquée s’achevant en traîne confère au modèle toute son originalité. Cette robe a appartenu à Alice Alleaume, élégante parisienne, liée au milieu de la mode et fidèle cliente de la maison dans les années 1930.
Robe « Neptune », hiver 1926-1927. Satin de soie noire, franges en biais de satin noir. Collection Palais Galliera © Katerina Jebb, 2014
Robe « Neptune », hiver 1926-1927. Satin de soie noire, franges en biais de satin noir. Collection Palais Galliera © P. Joffre et C. Pignol / Galliera / Roger-Viollet
Un savant jeu de longs rubans repliés, disposés en spirale, tempère la simplicité de la coupe et atteste le goût marqué de Jeanne Lanvin
pour les franges, souvent placées de manière dissymétrique. Ce modèle connut un grand succès tant à Paris qu’à Biarritz, Deauville, Le Touquet Paris-Plage ainsi qu’en Espagne.
Manteau d’après-midi « Rarahu », été 1928. Toile de soie sauvage crème, lacet noir ciré. Collection Palais Galliera © Katerina Jebb, 2014
Savante juxtaposition de lacets noirs qui, à travers des interstices, laissent entrevoir la blancheur de la toile de soie, ce manteau raconte le goût de la couturière pour la géométrie soulignant la sobriété de la coupe.
Manteau, vers 1936. Satin de soie noir, applications de drap de laine noir, boutons en coroso noir et métal doré, brides en passementerie noire, fourrure. Collection Palais Galliera © Katerina Jebb, 2014
Chef-d’oeuvre du fonds Lanvin conservé par le Palais Galliera, ce manteau provient de la garderobe de la comtesse Greffulhe. La disposition en quinconce de rectangles qui se détachent ton sur ton sur un fond en satin n’est pas sans évoquer la géométrie d’un mur de briques, aux accents surréalistes.
Robe « My Fair Lady », 1939. Ruban biais en organdi blanc, fond en tulle noir, grand noeud en taffetas noir. Patrimoine Lanvin © Katerina Jebb, 2014
Robe « My Fair Lady », 1939. Détail. Patrimoine Lanvin. Photo Alain R. Truong
« M y Fair Lady » s’impose par le blanc qui vibre à distance. Jeanne Lanvin a choisi d’assembler finement un long ruban qu’elle a fixé sur un fond de tulle. Véritable défi, le ruban cousu donne une impression de robe à claire-voie d’une grande légèreté.
Robe "Saturne", Hiver 1925. Taffetas oir, tulle noir et chair., broderies de perles de verre grises et bleue et de cristaux Swarovski.Non griffée. Patrimoine Lanvin. Photo Alain R. Truong
Cahier de broderies. Patrimoine Lanvin. Photo Alain R. Truong
Manteau d'après-midi, 1928. Collection Musée Galliera. Toile de soie sauvage crème, pose à l'aiguille de lacet noir ciré. Collection Palais Galliera © L. Degrâces et P. Ladet / Galliera / Roger-Viollet
Robe du soir, 1937. Robe en natté noir recouvert de tulle noir, tarlatane noire. Fond en crêpe de soie noir. Décor d'étoiles sur la robe. Collection Musée Galliera. Don fait au nom des consorts de Gramont, succession Greffulhe. © P. Joffre et C. Pignol / Galliera / Roger-Viollet
Jeanne Lanvin, robe du soir Concerto, hiver 1934-1935. Collection Musée Galliera. Crêpe de soie crème, col à cabochons en matière synthétique noire. Collection Palais Galliera © DR / Mairie de Paris
L’éclat des cabochons, très modernes, tempère la sobriété de la coupe. Le contraste avec la matité du crêpe, l’opposition du noir et blanc sont frappants. Cette robe témoigne de la simplicité monastique qui influence Jeanne Lanvin.
Robe, 1911. Crêpe de soie imprimé noir et bleu à rayures, soutaches, tulle de soie bleu. Collection Palais Galliera © P. Joffre et C. Pignol / Galliera / Roger-Viollet
Cette robe droite, à taille haute, est caractéristique du début des années 1910. On notera l’association du noir et du bleu nuit, déjà en vogue sous le Second Empire, la virtuosité des volants bordés de passepoils faits de la même soie rayée que la robe. Sur le col et les volants, le tulle fait jouer la transparence.
Robe du soir « La Diva », hiver 1935-1936. Velours de soie bleu nuit, broderies de paillettes métalliques argentées superposées. Collection Palais Galliera © Katerina Jebb, 2014 / Dessin « La Diva » © Patrimoine Lanvin
Jeanne Lanvin, robe du soir (détail), 1935-1936. Collection Palais Galliera. Photo : © R. Briant et L. Degrâces / Galliera / Roger-Viollet
Cette longue tunique, très sobre dont les reflets du velours de soie tirent vers le bleu roi, évoque les anges de Fra Angelico. Telles un bijou, les superpositions de paillettes argentées de tailles dégradées, qui sont la signature des ateliers de broderie Lanvin, contrastent avec la simplicité du velours et jouent sur la lumière.
Robe de style « Marjolaine », été 1921. Taffetas de soie changeant bronze, reps jaune, dentelle mécanique argentée. Collection Palais Galliera © Stéphane Piera / Galliera / Roger-Viollet
Robe de style Marjolaine, détail. Collection Palais Galliera © Stéphane Piera / Galliera / Roger-Viollet
Les cocottes, dentelures savamment repliées à l’encolure, aux emmanchures, au bas de la robe sont très en vogue chez Lanvin dans les années 1920. Par le raffinement des détails et sa cocarde aux longs rubans, « M arjolaine » est une pièce emblématique déclinée pour femme et jeune fille à Paris, Cannes et Biarritz.
Robe de style « Colombine », hiver 1924-1925. Taffetas de soie ivoire, applications de velours de soie noir, broderies de grosses perles fines et de fils or, noeud en velours de soie rouge. Collection Palais Galliera © Katerina Jebb, 2014
Robe de style « Colombine », hiver 1924-1925. Détails. Photos Alain R. Truong
La teinte du taffetas est nacrée comme de la porcelaine. La ceinture et les applications de la jupe, les rouges orangés et les noirs intenses rappellent les laques de l’Extrême-Orient. Bordés de perles, les motifs circulaires surdimensionnés, que Jeanne Lanvin affectionne, évoquent un Japon stylisé jusqu’à l’abstraction.
« Les petites filles modèles », robe pour enfant, 1925 Organdi brodé de rosettes en organdi et dentelle. Patrimoine Lanvin © Katerina Jebb, 2014 / Dessin Maison Lanvin 1925 © Patrimoine Lanvin
Robe pour enfants « Les petites filles modèles », organdi brodé de rosettes en organdi et dentelle, 1925. Patrimoine Lanvin © Katerina Jebb, 2014
Dessin Maison Lanvin, robe « Lesbos » et cape « Clair de Lune », 1925 Gouache sur papier © Patrimoine Lanvin
Robe « Lesbos », 1925. Satin de soie vert absinthe, broderies de perles de verre et de tubes argentés. Patrimoine Lanvin © Katerina Jebb, 2014
Robe « Lesbos », 1925. Patrimoine Lanvin. Photos Alain R. Truong
Ce modèle parmi les « Mille et une nuit », « La Duse », « Prélude », « La Cavallini » exposées au Pavillon de l’Élégance en 1925, est la quintessence du style Lanvin. Ici une robe-bijou dont deux galons de broderie libres forment un sautoir à deux rangs.
Robe « Mille et une nuit », 1925. Crêpe de soie, vert absinthe, lamé brodé à l'aiguille de boules blanches nacrées, de strass ronds facettés sertis et de longs tubes transparents. Pan en lamé, brodé, à l'aiguille de boules blanches nacrées, de strass ronds facettés sertis et de longs tubes transparents. Collection Palais Galliera. © Lyliane Degrâces / Galliera / Roger-Viollet
Robe « Mille et une nuit », 1925. Détails. Photos Alain R. Truong
Robe « La Duse », 1925. Satin de soie et tulle vert absinthe, broderies de perles, de cristaux Swarovski et de tubes argentés © Patrimoine Lanvin
Robe « La Duse », 1925. Satin de soie et tulle vert absinthe, broderies de perles et de cristau Swrovski et de tubes argentées. Détails. Patrimoine Lanvin. Photos Alain R. Truong
Modèle présenté au Pavillon de l’Élégance, à l’Exposition internationale des Arts décoratifs et industriels modernes de 1925.
Robe « Maharanée », 1925. Crêpe et satin de soie rose, broderies de perles fines en verre, de demitubes blancs et de fils métalliques or, applications de lamé or. Patrimoine Lanvin © Katerina Jebb, 2014
Robe « Maharanée », 1925. Détails. Patrimoine Lanvin. Photos Alain R. Truong
Modèle présenté au Pavillon de l’Élégance, à l’Exposition internationale des Arts décoratifs et industriels modernes de 1925.
Robe « Salambo », 1925. Crêpe vert et gris, broderies de perles en verre turquoise et de perles noires. Patrimoine Lanvin © Katerina Jebb, 2014
Modèle présenté au Pavillon de l’Élégance, à l’Exposition internationale des Arts décoratifs et industriels modernes de 1925.
Robe de mariée "Béatrice", Eté 1926. Crêpe de Chine beige, broderies de fils or, de perles et de cristaux Swarovski. Patrimoine Lanvin. Détails. Photos Alain R. Truong
Robe habillée, 1909. Mousseline de soie noire, applications de soutaches or à décor vermiculé, galon en lamé or soutaché. Collection Palais Galliera © Galliera / Roger-Viollet
Robe habillée, Jeanne Lanvin, détail de la manche © Galliera / Roger-Viollet
Le style Lanvin à ses débuts trouve ici sa plus parfaite expression à travers la ligne droite et la taille haute d’esprit Directoire, le raffinement des détails, les effets de transparence. Le décor vermiculé est une signature. Conservée au Palais Galliera, cette pièce issue
de la prestigieuse garde-robe riche de près de 230 tenues et accessoires des années 1910 et 1920, a appartenu à Madame Combe Saint-Macary, cliente de la maison Jeanne Lanvin.
Ensemble du soir « Alcmène », 1929. Crêpe de soie rose, broderies de cristaux Swarovski et de tubes argentés. Collection Palais Galliera © Katerina Jebb, 2014
Cette copie du modèle porté par Valentine Tessier dans le rôle d’Alcmène dans la pièce de Giraudoux en 1929 est réalisée pour une cliente de la maison. Affirmant son goût pour le classicisme à l’orée des années 1930, Jeanne Lanvin rallonge ses robes. « Ce fut Amphitryon 38, dit Jeanne Lanvin, qui décida du succès des robes longues ».
Robe « Tirelire », 1920. Velours de coton noir, broderies de fils or et bleus. Patrimoine Lanvin © Katerina Jebb, 2014
La riche bibliothèque de livres d’art de Jeanne Lanvin comptait une large proportion d’ouvrages consacrés aux arts et civilisation d’Extrême-Orient. Les broderies qui ornent ce modèle semblent inspirées du décor des bronzes de la Chine ancienne. Jeanne Lanvin les utilise en motifs placés – plastron et ponctuations sur les manches et le bas de la robe. Surdimensionnés, ces éléments sont traités dans des tonalités or et bleu qui, cette fois, évoquent les textiles chinois des XVIIIe et XIXe siècles.
Robe « Donatienne », hiver 1920-1921. Crêpe de soie bleu et corail, velours de coton noir, broderies de corail, perles et fils de soie corail. Collection Palais Galliera. © Patrick Pierrain / Galliera / Roger-Viollet
Robe « Donatienne », hiver 1920-1921. Collection Palais Galliera. Détails. Photos Alain R. Truong
« Donatienne » illustre l’influence russe qui prévaut au début des années 1920 et s’inspire des traditions de la paysannerie. La simplicité de la coupe contraste avec la préciosité du corail. Le rouge orangé associé au bleu cher à Jeanne Lanvin témoigne de son goût pour les subtilités chromatiques.
Manteau dalmatique du soir « Sigurd », aussi nommé « Lohengrin », été 1927. Taffetas de soie noir, broderies de paillettes et de fils métalliques or et cuivre. Collection Palais Galliera. © Ph. Ladet et Cl. Pignol / Galliera / Roger-Viollet
Manteau dalmatique du soir « Sigurd », aussi nommé « Lohengrin », été 1927. Détails. Photos Alain R. Truong
Modèle au nom wagnérien, richement brodé de motifs orientaux, ce manteau dalmatique sans manches est en vogue à la fin des années 20. Celui-ci provient de la garde-robe de Natalie Clifford Barney.
Manteau du soir « Jupiter », 1920. Velours brodé de fils de métal or. Patrimoine Lanvin. Photos Alain R. Truong
La simplicité de la coupe ample s’oppose à la richesse du décor qui couvre le haut du dos et se prolonge à l’avant sur les parements du col châle, les poches et le bas des manches : des motifs géométriques au fil d’or influencés par les décors égyptiens, byzantins annonçant l’Art déco. À l’arrière, un effet de trompel’oeil donne l’illusion d’un grand capuchon évoquant les tenues de certains officiants orthodoxes. La couleur violette inscrit ce manteau dans l’inspiration liturgique si chère à Jeanne Lanvin.
Robe « Fausta » aussi nommée « Petit dîner », 1928-1929. Mousseline bleu marine, broderies de baguettes métalliques argentées et de cristaux Swarovski. Collection Palais Galliera © Katerina Jebb, 2014
L’éclat des douze bracelets argentés, brodés en trompe-l’oeil, vient relever la sobriété de la coupe. Avec le bleu marine on retrouve les déclinaisons de sa couleur fétiche et avec la croix la citation de l’univers liturgique cher à Jeanne Lanvin. Dans l’application de ce motif sur un fond de mousseline s’exerce tout le talent des ateliers Lanvin.
Manteau, vers 1913. Soie violette brochée bleu et violet, applications de ganse et de passementerie violine (soutaches) à décor vermiculé. Griffé. Palais Galliéra.© Philippe Ladet / Galliera / Roger-Viollet
Les soutaches vermiculées sont très répandues chez Jeanne Lanvin, vers 1910. Les cocardes évoquent des brangdebourgs et les larges revers participent ici d'une influence militaire. Le décor héraldique (médaillons à aigles affrontés et blasons) atteste une inspiration médiévale. Les motifs de la manche droite sont inversés.
Robe "Gitane", 1922. Velours noir, crêpe vert, chenille ivoire, piqûres jaunes, or, vertes et noires. Patrimoine Lanvin. Photos Alain R. Truong
Robe « Boulogne », été 1920. Crêpe beige, crêpe rouge, piqûres rouges, applications de velours bleu marine, broderies de perles blanches. Patrimoine Lanvin. Photos Alain R. Truong
Cette robe, proche du modèle « Guilhem » de la même collection, témoigne du travail de stylisation radical de Jeanne Lanvin. La gamme colorée et les motifs géométriques répétitifs évoquent un certain japonisme.
Ensemble « Guilhem » ou « Ali Baba », hiver 1920-1921. Crêpe georgette beige clair, applications noires, surpiqûres rouges, perles blanches: fond en crêpe et pongé noir; plastron brodé de corail et d'or et de perles blanches. Patrimoine Lanvin. Photos Alain R. Truong
Robe. Photos Alain R. Truong
Robe de mariée « Mélisande », été 1929. Mousseline de soie ivoire, applications de broderies de perles blanches, de perles fines et de fils métalliques or. Collection Palais Galliera. Photos Alain R. Truong
Cette robe de mariée associe à la simplicité de la coupe la richesse de l’ornement qui en souligne la structure. Les motifs décoratifs sont très proches de ceux utilisés par Armand-Albert Rateau dans les décors réalisés pour Lanvin Décoration.
Robe du soir «Bel oiseau », 1928. Dessin Maison Lanvin © Patrimoine Lanvin
Robe du soir «Bel oiseau », 1928. Taffetas noir, broderies de demitubes, cristaux Swarovski et fils métalliques argent. Collection Palais Galliera © Marie-Camille Raynaud
Robe du soir «Bel oiseau », 1928, détail. Collection Palais Galliera © Marie-Camille Raynaud
Brodé sur fond uni, le motif se déploie en un impressionnant décor naturaliste figurant un oiseau selon une asymétrie chère à Jeanne Lanvin.
Robe du soir « Scintillante », été 1939. Tulle noir et blanc, crêpe noir, broderies de paillettes, crêpe rose. Collection Palais Galliera © Katerina Jebb, 2014 / Dessin Maison Lanvin 1939 © Patrimoine Lanvin
« La grande robe du soir, c’est moi ! » s’exclame Le Jardin des Modes à propos de cette robe dont le nom exprime la luxuriance. Un motif d’entrelacs de paillettes argentées composant le boléro vient en rappel souligner la taille. Le boléro dessiné en trompe-l’oeil fait partie intégrante de cette robe du soir.
« Vogue », maillot, été 1924. Velours de soie, broderies de tubes, miroirs ronds et cristaux Swarovski. Collection Palais Galliera © Claire Pignol / Galliera / Roger-Viollet
Ce maillot n'est pas destiné à la baignade. Il a été conçu et porté pour une soirée au bord de la piscine chez Marie-Laure de Noailles.
Manteau du soir « Sérénade » aussi nommé « Barcarolle », hiver 1945-1946. Taffetas de soie bleu marine. Collection Palais Galliera. Photos Alain R. Truong
Manteau du soir tout en taffetas aux volumineuses manches, « Sérénade » s’impose par son élégante sobriété. Résumant le savoir-faire des ateliers, rayonnant de la couleur bleue symbole de la maison, il reste une des ultimes créations de Jeanne Lanvin.
Manteau, 1937. Taffetas noir, broderies de paillettes dorées superposées. Patrimoine Lanvin © Katerina Jebb, 2014
Manteau, 1937. Détail. Photos Alain R. Truong
Ce modèle spectaculaire est brodé de paillettes superposées, de taille décroissante, une technique qui permet de démultiplier les jeux de lumière tout en attestant l’excellence du travail des brodeuses, si spécifique aux ateliers Jeanne Lanvin.
Dessin Maison Lanvin, cape « Rita » et robe « La Cavallini », 1925. Gouache sur papier © Patrimoine Lanvin
Robe « La Cavallini », 1925. Taffetas noir, nœud brodé de fils argent, de perles, de cristaux Swarovski et de perles fines. Patrimoine Lanvin © Katerina Jebb, 2014
Robe « La Cavallini », 1925. Détails. Photo Alain R. Truong
Symbole du lien indéfectible unissant Jeanne Lanvin à sa fille, le noeud s’apparente à une signature. Ici surdimensionné, il envahit la robe de style « Cavallini, modèle présenté au Pavillon de l’Élégance, à l’Exposition internationale des Arts décoratifs et industriels modernes de 1925.
Robe "Fusée", 1938. Détail. The Metropolitan Museum of Art. © 2000−2014 The Metropolitan Museum of Art
Exposition "Jeanne Lanvin". Du 8 mars au 23 août 2015. Au Palais Galliera, Musée de la mode de la ville de Paris, 10 avenue Pierre 1er de Serbie 75116 Paris. www.palaisgalliera.paris.fr
Photos Alain R. Truong
PARIS - Lanvin is the oldest French fashion house still in operation, and its story is one of hats to riches. Founded in 1885, Lanvin (Melle Jeanne) Modes was a millinery shop that Jeanne Lanvin opened in Paris to kickstart her fashion career. In 1908, she expanded to include not haute couture, but children’s clothes — and soon, Lanvin was making dresses for both girls and their mothers. Lanvin marked her formal status as a couturier upon joining the Syndicat de la Couture in 1909, and soon expanded to home décor, menswear, furs and lingerie in the 1920s. Notably, she launched her signature fragrance, Arpège, three years after opening Lanvin Parfums SA in 1924.
In a nod to the sumptuous history of Lanvin, the Palais Galliera, in close collaboration with Alber Elbaz, who has been the house’s artistic director since 2001, is mounting the first-ever retrospective devoted to the French designer, who founded what is now the oldest French fashion house still in operation today. Focusing on her career between 1909 and 1946, the expo features more than 100 exhibits from the joint collections of the museum and Lanvin Heritage, the house's archive. “What is unique about Lanvin’s style is very refined details and certain specificities, such as the use of topstitches, embroidery… [cut-outs, twists, and spirals]. She also had an acute sense of color and ran her own textile dyeing plant,” said Olivier Saillard, general curator of the exhibition and director of the Palais Galliera. “She proposed a more accessible style of haute couture that predated ready-to-wear luxury, with this idea of an easy way to live. She also invented a form of lifestyle by designing for infants, girls, women, and men, as well as lingerie and furs, thus creating a whole Lanvin universe.” Opening this month and running through August 23, the expo aims to present how the designer found inspiration not only in her daughter, but also through her various travels, during which she loved to collect swatches of ethnic fabrics and a variety of art books.
Many pieces exhibit her signature design touches, from the 18th century classical French dresses (replete with slender busts and ample skirts) to the geometrical black-and-white patterns of the Art Deco period, with their profusion of beads, crystals, ribbons, and silk tassels — as well her favorite color, a forget-me-not shade of blue that she fell in love with while gazing upon a Fra Angelico fresco in Florence. Among the curator’s personal favorites are the “La Cavallini” dress, made of taffeta with a large pearl bow, circa 1925, as “the bow [is] a symbol of the unbreakable bond between Lanvin and her daughter [and] is a signature of hers,” Saillard says. “The dress’ exaggerated proportions recall the iconic ‘Cavallini’ style dress that Jeanne Lanvin chose to display in the center of her creations in the Pavilion of Elegance Fair in 1925.” Another highlight is the “La Diva” evening dress, made of royal blue silk velvet and metallic silver embroidery. Saillard explains: “This long tunic… evokes the angels of Fra Angelico. Overlays of silver sequins in various sizes are a signature of Lanvin’s embroidery workshops. Like a jewel, the pattern contrasts with the simplicity of the velvet and plays with light.” Most of the pieces have come from Palais Galliera’s permanent collection of Jeanne Lanvin pieces, while the maison has contributed a few of its iconic designs too. The exhibition includes more than 100 gowns, 17 accessories (comprising mainly hats), 30 sketches of collections and short movies from the archives.
A visitor looks at clothes displayed as part of the exhibition devoted to Jeanne Lanvin (1867-1946), at the the Palais Galiera, which hosts the City of Paris Fashion Museum, on March 6, 2015 in Paris. AFP PHOTO JOEL SAGET.
A visitor takes a picture of clothes displayed as part of the exhibition devoted to Jeanne Lanvin (1867-1946), at the the Palais Galiera, which hosts the City of Paris Fashion Museum, on March 6, 2015 in Paris. AFP PHOTO JOEL SAGET.




































































































































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