Jacques Linard (Troyes 1597-1645 Paris), Nature morte à la coupe de prunes

Jacques Linard (Troyes 1597-1645 Paris), Nature morte à la coupe de prunesEstimation 60,000 — 90,000 €. Photo Sotheby's.

Signé en bas à droite I. LINARD. Huile sur panneau préparé; 24 x 32,5 cm 

ProvenanceCollection Curt Benedict, Paris ;
Vente anonyme, Paris, Palais Galliera, Mes Ader, Picard et Tajan, 12 juin 1973, lot n°10 ;
Vente anonyme, Paris, Hôtel Drouot, Mes Beaussant et Lefèvre, 29 juin 2001, lot n°75 ;
Acquis chez Haboldt & Co, Paris, en 2003 

ExpositionÀ la recherche de la peinture ancienne, Natures mortes du XVIIe siècle, Paris, Galerie de l’Élysée, 1950, n°16 ;
Plaisir de France, Paris, Galerie Charpentier, 1951-1952, n°116

BibliographieC. Benedict, « Notes sur Jacques Linard », in Études d’Art du Musée national des Beaux-Arts d’Alger, 1957-1958, p. 42, n°16, fig. 16 ;
J-F. Revel, « Linard », in Connaissance des Arts, 1958, p. 59, n°79 ;
M. Faré, La nature morte en Franceson histoire et son évolution, Genève, 1962, t. II, fig. 19 ;
M. Faré, Le Grand Siècle de la nature morte en FranceLe XVIIe siècle, Fribourg, 1974, p. 24, repr. ;
Ph. Nusbaumer, Jacques Linard 1597-1645Catalogue de l’oeuvre peint, Le Pecq-sur-Seine, 2006, p. 98-99, n°33

NotesLa nature morte française de la première partie du XVIIe siècle est une peinture qui invite à la méditation. Lubin Baugin, Louyse Moillon, Sébastien Stoskopff et bien sûr Jacques Linard sont autant d’artistes redécouverts lors de l’exposition « Les peintres de la réalité » en 1934, et qui ont depuis fait l’objet d’études plus approfondies. Cet art subtil se développa principalement sous l’influence des peintres flamands actifs à Paris et rassemblés pour beaucoup dans l’enclos de l’abbaye Saint-Germain-des-Prés.

Les récentes découvertes publiées en 2006 par Philippe Nusbaumer nous ont permis d’en savoir plus sur la vie de Jacques Linard. Né à Troyes en 1597, il vit et travaille à Paris et reçoit en 1631 le titre de peintre et valet de chambre du roi. L’étude de son œuvre peint nous permet de découvrir un artiste dont la manière est merveilleusement décrite par Jean-François Revel : « Linard pénètre dans la texture des fleurs, dans la pulpe des fruits, non pas avec la seule acuité analytique un peu froide des Flamands du XVe siècle, ni avec l’exubérance de bon vivant des Hollandais du XVIIe, ni non plus avec la seule vision intellectuelle et abstraite de Baugin ou de Zurbaran. Mais selon une formule très personnelle qui unit les trois précédents tout en les modérant, Linard aboutit à un intimisme équilibré, d’une très grande finesse picturale. »[1].

Sobriété et équilibre, douceur et silence se dégagent de cette coupe de prunes, quintessence de l’art raffiné de Jacques Linard.

[1] – Op. cit., 1958, p. 62

JACQUES LINARD ; STILL LIFE WITH BOWL OF PLUMS  ; SIGNED LOWER RIGHT I. LINARD ; OIL ON PANEL; 9 1/2  by 12 3/4  in

The French still life in the early 17th century was a type of painting that invited contemplation. Lubin Baugin, Louyse Moillon, Sebastian Stoskopff and of course Jacques Linard were all rediscovered artists from the exhibition "Painters of Reality" in 1934, and have since been the subject of further research. This subtle art developed mainly under the influence of Flemish painters active in Paris who gathered often in the paddock of the Saint-Germain des-Prés Abbey.

Recent findings published in 2006 by Philippe Nusbaumer provides more information about the life of Jacques Linard. Born in Troyes in 1597, he lived and worked in Paris and received the title of painter and chamber valet to the king in 1631. Studying his painted works allows one to discover an artist whose manner was wonderfully described by Jean-François Revel, "Linard penetrates the texture of the flowers, the fruit pulp, not with only slightly cold and analytical acuity used by the Flemish during the 15th century, nor with the exuberance of the jovial 17th century Dutch, nor with the sole intellectual and abstract vision held by Baugin or Zurbaran. But in a very personal method that unites the three previously mentioned in moderation, Linard’s results are in a stabled intimacy with great pictorial finesse. [1]" .

Restraint and balance, softness and silence emerge from this bowl of plums which is quintessential of Jacques Linard’s refined art.

[1] – Op. cit., 1958, p. 62 

Sotheby's. Collection Louis Grandchamp des Raux : Le choix de l’élégance. En association avec Artcurial Paris, 26 mars 2015, 06:00 PM