François Desportes (Champigneulle 1661 - 1743 Paris), Bonne, Nonne et Ponne, chiennes de la meute de Louis XIV

François Desportes (Champigneulle 1661 - 1743 Paris), Bonne, Nonne et Ponne, chiennes de la meute de Louis XIVEstimation  250,000 — 300,000 EUR. Photo Sotheby's

Huile sur papier marouflé sur panneau parqueté; 34 x 40 cm

ProvenanceAcquis chez Hazlitt, Gooden & Fox, Biennale des Antiquaires, Paris, 1994

BibliographieP. Jacky, François Desportes (1661-1743), Thèse de Doctorat, Université
de Paris IV-Sorbonne, 1999, t. III, p. 562 ;
G. de Lastic et P. Jacky, Desportes, catalogue raisonné, Saint-Rémy-en-l’Eau, 2010, p.101, n° P413

NotesCommande royale pour l’antichambre de l’appartement du roi Louis XIV à Marly en 1702, le triple portrait des chiennes Bonne, Nonne et Ponne (fig. 1) constitue sans aucun doute l’un des chefs-d’œuvre de Desportes. Louis XIV concevait Marly comme une résidence privée, loin des fastes et des contraintes de la cour, seuls ses proches et les membres de sa famille y étaient conviés. La passion sans limite que le roi vouait à la chasse et à ses chiens l’amena à commander à Desportes quatre grandes compositions qui intégraient ses chiennes favorites quasiment en taille réelle dans des paysages inspirés de ceux de l’Ile-de-France. Pour cette maison que le roi voulait simple et pratique où l’étiquette n’imposerait pas ses contraintes, le programme iconographique choisi était celui des saisons pour le Grand Salon et hormis quelques batailles peintes par Van der Meulen, les choix s’orientèrent vers la nature : peintures de fleurs, natures mortes et enfin portraits des chiens royaux.

Bonne, Nonne et Ponne

François Desportes, Bonne, Nonne et Ponne. Paris, musée de la Chasse et de la Nature. Nicolas Math?s.

Esquisse préparatoire particulièrement aboutie pour le tableau conservé au musée de la Chasse et de la Nature à Paris, cette petite huile sur papier nous séduit par sa matière généreuse, son efficacité et sa palette harmonieuse. Concentré de plusieurs études réalisées à l’huile sur papier sur le motif au gré de ses promenades en plein air, notre esquisse nous enchante à la fois par sa spontanéité et la rapidité de sa touche. Le soin accordé au paysage et notamment à la ville en arrière-plan est important si l’on observe que cette dernière est représentée un peu perdue dans une légère brume en arrière-plan du tableau définitif. Le musée des Beaux-Arts de Lille conserve une esquisse à l’huile sur papier qui fut utilisée pour notre composition[1]. Le soin du détail dans le traitement du paysage y est merveilleux et l’harmonie subtile de couleurs nous rappellent que l’Ile-de-France précédant la révolution industrielle du XIXe siècle fut un véritable Eden.
Notre esquisse présente quelques variantes avec la version définitive, comme par exemple l’absence du bouillon-blanc au premier plan à droite ou encore la présence des deux faisans en vol, mais les trois chiennes, d’une race proche de celle du Setter définitivement fixée au XIXe siècle, sont déjà en place dans notre esquisse.

Louis XIV adorait ses chiennes et ne négligeait aucune dépense pour leur soin. Il lui arrivait parfois de quitter son conseil pour aller les visiter et il leur donnait souvent personnellement à diner. A Marly, la pièce qui reçu les quatre dessus de portes peint par Desportes était par ailleurs communément appelée « antichambre où on met les chiens du roi » [2].

[1]. inv. S 29
[2]. Arch. Nat., O1 1474, 25 juin 1699, fol. 22 v°, cité par P. Jacky, op. cit., vol. I, p. 88

FRANÇOIS DESPORTES ; BONNE, NONNE AND PONNE, DOGS OF KING LOUIS XIV ; OIL ON PAPER LAID ON CRADLED PANEL; 13 3/8  by 15 3/4  in

The triple portrait of the canines, Bonne, Nonne and Ponne (fig. 1) was a 1702 royal commission from King Louis XIV for his suite’s antechamber at his Marly residence, and is without a doubt one of Desportes’s masterpieces. Louis XIV conceived Marly as a private home, away from the pomp and constraints of the court, and only close friends and family members were invited. The boundless passion that the King vowed for hunting and his dogs led him to order from Desportes four large compositions that integrated his favorite canines in almost actual size in landscapes inspired by those of Ile de France. The king wanted this property to be simple and practical where etiquette would not impose constraints. Therefore, selected iconography for the grand parlor was seasons, apart from a few battles painted by Van der Meulen, and the remaining choices were directed towards nature such as flower paintings, still lifes and finally portraits of the royal dogs.

This particularly achieved preparatory sketch was for a painting that is in the collections of the Musée de la Chasse et de la Nature in Paris. This small oil on paper seduces us with its generous matter, efficiency and harmonious palette. By concentrating on several oil on paper studies done directly from life during outdoor promenades, our sketch enchants us with both spontaneity and a rapid brushstroke. The care given to the landscape and especially to the city in the background was extensive for one may observe that the latter is depicted as slightly lost in a light fog against the distant scenery on the final version. The Fine Arts Museum of Lille has an oil sketch on paper that was used for our composition [1]. The attention to detail in the rendering of the landscape is wonderful, and the subtle harmony of colors leads one to think that Ile de France was a true Eden before the Industrial Revolution during the 19th century.

Our sketch presents a few variants from the final version such as removing the mullein flowers in the right foreground and adding the two pheasants in flight. However, the three canines, being a breed similar to that of the Setter which was definitively developed in the 19th century, remain in our sketch.

Louis XIV adored his dogs and never neglected their care. Sometimes he left his council to visit them and he often fed them dinner personally. At Marly, the room that held the four overdoor pictures painted by Desportes was also commonly known as "the King’s antechamber where the dogs are kept" [2].

[1]. inv. S 29
[2]. Nat’l Archives, O1 1474, June 25, 1699, fol. 22 v °, quoted by Jacky P., op. cit., vol. I, p. 88

Sotheby's. Collection Louis Grandchamp des Raux : Le choix de l’élégance En association avec Artcurial Paris, 26 mars 2015, 06:00