Paire de candélabres à quatre lumières, Paris, premier quart du XVIIIe siècle, vers 1720

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Paire de candélabres à quatre lumières, Paris, premier quart du XVIIIe siècle, vers 1720Estimation 150 000 € / 200 000 €. Photo Kohn

Bronzes dorés - H. 51,5 cm, L. 35,5 cm, P. 32 cm 

D’une remarquable qualité de ciselure, cette paire de candélabres à quatre lumières présente une base triangulaire aux côtés évidés centrés d’une coquille et reposant sur trois pieds en console cannelée. 
Trois sphinges rythment les angles de la base et se terminent en console feuillagée prenant appui sur le fût central. Celui-ci s’orne de trois profils d’empereur à l’antique dans un encadrement en console feuillagée et donne naissance à trois branches en double volute opposée terminée par une tête de bélier. 
Le modèle de ces candélabres, datant du premier quart du XVIIIe siècle, peut être rapproché des réalisations de deux grands représentants des arts à la fin du règne de Louis XIV, André-Charles Boulle (1642- 1732) et Jean I Bérain (1640-1711). 
La forme de ces candélabres rappelle en effet les modèles de candélabres et chandeliers (terme alors employé pour désigner les lustres) dessinés par Boulle et publiés à Paris par Mariette dans le recueil Nouveaux desseins de meubles et ouvrages de bronze et de marqueterie inventés et gravés par André-Charles Boulle, chez Mariette, après 1707. 
Quant à l’ornementation, il existe des similitudes avec les dessins publiés en planches par Jean I Bérain où il multiplie à foison décors arabesques et jeux de bandes peuplés de pagodes et d’animaux fantastiques. Les sphinges terminées en console feuillagées semblent tout droit sortis de ce répertoire animalier fabuleux. 
Plusieurs exemplaires de ce modèle de candélabres sont mentionnés au cours du XVIIIe siècle. Un lors de la prestigieuse vente après décès du marchand-mercier Thomas-Joachim Hébert en 1724 : « une paire de girandoles à sphinx à trois branches et une bobèche au-dessus chacune de bronze doré d’or moulu etc. ».

Une autre paire figurait dans l’inventaire du Duc d’Antin, fils illégitime de Louis XIV et de Madame de Montespan en 1736 : « deux girandoles à quatre bobèches chacune garnie de sphinx sur leur pied en triangle de cuivre doré d’or moulu etc. ». Deux paires sont mentionnées au Château de Garges en 1776, propriété de Blondel de Gagny, l’un des plus grands collectionneurs du XVIIIe siècle. Enfin deux autres paires furent vendues à Paris en 1788 et 1789: la première appartenait au Duc de Richelieu, et la seconde, décrite « dans le genre de Boulle avec quatre lumières et des sphinges » se trouvaient dans la collection d’un certain Monsieur Coclers. 
Une paire de candélabres présentant de fortes similitudes avec notre modèle est aujourd’hui conservée dans la collection de Waddesdon Manor, une autre faisait partie de la prestigieuse collection des Ducs de Hamilton à Hamilton Palace en Ecosse aujourd’hui détruit et enfin une autre est conservée dans la collection Horace Wood Bock qui fut exposée au Musée des Beaux-arts de Boston en 2009. A noter qu’une paire de ce modèle ayant appartenu à la Collection Greenberg fut vendue aux enchères en mai 2004 à New-York pour la somme de 400 000$.

KOHN. Art de la Renaissance, le 31 Mars 2015 à 18h. HÔTEL LE BRISTOL – SALON CASTELLANE, 112 RUE DU FAUBOURG SAINT HONORÉ – 75008 PARIS