Satyre aux cymbales, Florence, deuxième moitié du XVIIe siècle

Satyre aux cymbales, Florence, deuxième moitié du XVIIe siècle détail

Satyre aux cymbales, Florence, deuxième moitié du XVIIe siècleEstimation 40 000 € / 60 000 €. Photo Kohn

Bronze patiné - H. 34 cm

Ce « petit bronze », terme utilisé pour définir les réductions d’oeuvres célèbres antiques et contemporaines réalisées par les ateliers italiens dès le XVe siècle, se réfère au Satyre dansant, marbre d’époque grecque qui aurait été réalisé par Praxitèle et aujourd’hui conservé dans la Tribune du Musée des Offices de Florence.

Provenant des collections des Médicis, cette sculpture est un chef-d’œuvre de mouvement, tant le satyre apporte vie et passion à sa danse. Le pied droit est appuyé sur un scabillum, instrument en forme de soufflet, produisant des sons perçants, les deux mains tenant des cymbales. À noter que la tête, les bras et les cymbales furent refaits par Michel-Ange au XVIe siècle.  

Un autre antique abordant ce sujet fut découvert à Rome en 1630. 

Appartenant à un groupe à l’origine probablement en bronze disparu au IIe siècle avant Jésus-Christ dans lequel une nymphe devait répondre à l’invitation à la danse du satyre, cette œuvre fut reproduite en marbre au Ier ou au IIe siècle ap. JC. Acquise par Louis XIV auprès du cardinal de Mazarin en 1665, ce Satyre dansant en marbre blanc a décoré le Jardin des Tuileries puis le bosquet de la Girandole au château de Versailles, avant de rejoindre les collections du Musée du Louvre. 

Le rayonnement de cette sculpture fut fondamental, apparaissant comme l’une des sources majeures d’inspiration pour les artistes de la Renaissance. Ainsi, rivalisant avec le modèle antique, un bronze représentant un faune aux cymbales attribué à Adriaen de Vries (vers 1556 - 1626) est désormais conservé au J. Paul Getty Museum de Malibu.  

Ces œuvres admirables, tant par leur sujet et la chaleur de leur patine que par leur petite taille séduisirent toutes les élites européennes, véhiculant avec eux une Antiquité idéale, non pas archéologique, mais réinventée par le génie des artistes contemporains. Tout amateur se devait alors de collectionner des bronzes, « regardés comme une curiosité noble et propre à l’ornement des grands appartements ou des cabinets » (Gersaint, cat. Fontpertuis, 1747). Le bronze présenté, dans un état de conservation exceptionnel, avec sa laque d’origine lui donnant un aspect brillant, est à rapprocher de ces modèles antiques fameux. Faisant écho aux collections des Médicis et de Louis XIV, ce satyre dansant est une œuvre rare, reflétant l’immense fascination qu’exerçaient les petits bronzes.

KOHN. Art de la Renaissance, le 31 Mars 2015 à 18h. HÔTEL LE BRISTOL – SALON CASTELLANE, 112 RUE DU FAUBOURG SAINT HONORÉ – 75008 PARIS